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Contrats aidés : des employeurs craignent une révolte des travailleurs

La ministre des Outre-mer interpellée sur la baisse de la participation de l’État

Manuel Marchal / 5 octobre 2017

Lors d’une conférence de presse hier, plusieurs organisations d’employeurs de personnes en contrats aidés ont annoncé l’organisation d’un rassemblement pour accueillir ce matin Annick Girardin, ministre des Outre-mer, à sa descente d’avion. Une délégation doit être reçue par la ministre à 11 heures. Les employeurs à La Réunion demandent des mesures s’inspirant de ce qui a été acté par l’État avec les structures concernées en Martinique : maintien du nombre de contrats au niveau de 2016 et co-financement de l’État bien supérieur à 50 % du salaire.

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Les responsables d’associations qui interpelleront aujourd’hui la ministre en visite à La Réunion.

La baisse du nombre des emplois aidés a déjà eu des conséquences sur la rentrée scolaire. La quasi-totalité des maires ont dû la reporter de plusieurs jours faute d’un effectif suffisant pour assurer la sécurité des élèves dans les établissements scolaires. Cette fois, c’est au tour des employeurs de monter au créneau. Plusieurs d’entre eux ont organisé hier une conférence de presse pour annoncer un « accueil républicain » à Annick Girardin, ministre des Outre-mer, lors de son arrivée ce matin à La Réunion. Une rencontre est ensuite prébue entre une délégation et la ministre à 11 heures à la préfecture.

Autour de la table, outre la Plate-forme des emplois-verts, la Fédération des acteurs de la solidarité, le GLAIVE, le GCEIP, BAC Réunion notamment. Ils se félicitent de la création d’un « front commun pour la sauvegarde des emplois aidés ».

L’exemple de la Martinique

La baisse du nombre d’emplois aidés fait planer la menace de « catastrophes sociales, touristiques, économiques et sanitaires », précise Brigitte Naze, présidente de la Plate-forme. En 2017, le nombre de contrats est en baisse par rapport à 2016, et pour 2018 l’inquiétude est encore plus grande. À cela s’ajoute la diminution du co-financement de l’État pour ces emplois. Les employeurs craignent qu’avec une part de l’État réduite à 50 % du salaire, les collectivités ou les associations ne puissent plus faire le complément. Aussi, cette question sera à l’ordre du jour de la rencontre avec Annick Girardin. Ils demandent donc que l’année prochaine, le nombre de contrats co-financés par l’État soit le même qu’en 2016, avec une participation de l’État bien supérieure à 50 %. Des milliers d’emplois sont en jeu, indiquent-ils.

À l’appui de leur demande, les employeurs notent qu’en Martinique, un accord a été trouvé entre l’État, les collectivités, les associations et l’Education nationale. Selon un document reproduit le 27 septembre par Martinique Première, l’accord prévoit le maintien des contrats aidés « au niveau prescrit en 2016 jusqu’à la mise en place d’un dispositif plus satisfaisant pour l’emploi durable des personnes concernées ». « Le taux de prise en charge par l’État de ces contrats reste inchangé sauf disposition plus favorable », précise le texte de l’accord.

La question de la durée des contrats est également un point à discuter. Un an est un minimum afin qu’il soit possible de former les travailleurs qui le souhaitent. 6 mois est bien trop court.

L’impasse du « cadre actuel »

Du côté des travailleurs concernés, la colère monte, affirment les employeurs. La crainte d’être mis au chômage à la fin de l’année pousse à la révolte. Jusqu’à présent, elle ne s’est pas manifestée, mais « si le gouvernement ne donne pas satisfaction, alors le gouvernement prendra ses responsabilités ».

Reste à régler l’épineux problème de la pérennisation d’emplois qui répondent à des besoins permanents. Si des pistes peuvent être explorées, la transition ne peut se faire du jour au lendemain dans le domaine de l’environnement notamment. « Cela nécessite de s’inscrire dans un projet global », dit en substance Patrice Payet du GCEIP qui constate que « dans le cadre actuel, on ne peut plus rien faire ».

M.M.