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La question des revenus au cœur du débat

Les accords entre des acteurs économiques, la Région et le Département n’ont pas réglé les problèmes

Céline Tabou / 3 mars 2012

Lors d’une conférence de presse, au côté d’Élie Hoarau, Paul Vergès, président de l’Alliance et l’un des fondateurs du PCR a mis en exergue un système arrivant à son terme et la nécessité d’une rupture et d’un changement pour le développement de La Réunion.

Quelques années après la départementalisation de 1946, les fonctionnaires ont pu profiter du statut colonial en matière de revenu. Les employés du publique et parapublique ont depuis droit à des salaires plus élevés de 20 à 53% de plus que les revenus moyens à La Réunion. Cette situation a mis en évidence un système qui apparaît comme un exercice de laboratoire, avec la perspective d’une impasse.

La fin d’un système

Paul Vergès a évoqué le traitement de l’information par les médias nationaux sur les manifestations qui ont éclaté à La Réunion, et la dureté de la justice vis-à-vis des jeunes. « Ce sont des réactions typiques qui montrent que le pouvoir a créé les conditions de la protestation pour ensuite la réprimer » et ainsi entraîner une montée de la violence.
Paul Vergès a ensuite abordé les différentes réactions dans l’outremer. Le président de L’Alliance a communiqué l’émotion suscitée aux Antilles, dont Victorin Lurel (PS) a mis en garde contre la possibilité pour les collectivités locales de faire payer la facture du prix des carburants aux contribuables. De son côté, Élie Domota, du LKP, a fait savoir dans une interview sur les évènements à La Réunion que « nous allons vers les mêmes résultats et au renoncement des débats ». Paul Vergès a demandé « pourquoi le pouvoir s’obstine dans une voie qui mène à l’impasse » ?
Rappelant l’extension créée suite à 1946 dans la fonction publique, Paul Vergès a pointé du doigt les inégalités de revenus qui ont conduit à la récente crise. « Le gouvernement a été le principal responsable de cette grille de revenu de ses employés qui a généré toute cette sur-rémunération dans la fonction publique ».
Paul Vergès a aussi mis en avant les conséquences de l’intégration avec l’apparition de monopoles dans les transports, les énergies fossiles et l’alimentation.

Lancer la réflexion sur les problèmes de fonds

« Toutes les rencontres faites sont là pour aménager et donner des miettes aux Réunionnais, mais les gens ne vont pas se consoler avec ça. D’où la panique de l’État et de la classe politique qui s’est précipitée et a accepté des solutions qui vont accélérer la crise parce que les subventions données aux monopoles pétroliers et alimentaires vont priver de crédit à l’investissement ces mêmes collectivités », a expliqué Paul Vergès.
Les contributions des collectivités vont de fait peser sur les Réunionnais, mais également réduire leurs investissements, créateurs d’activité et d’emploi.
« Le système de la départementalisation a épuisé ses moyens, sauf si les minimas sociaux et les bas revenus sont indexés à 53% ». Le sénateur a dénoncé la « non-réflexion sur les problèmes de l’autonomie énergétique et la sur-rémunération ». Cette carence va détruire le schéma économique mis en place.
Dans les intentions de trouver des solutions à la crise, Paul Vergès a demandé « où en sont les grands discours sur l’autonomie énergétique et alimentaire » ?, et appelé à la relance des grands chantiers, notamment le tram-train qui répond aux défis environnementaux, créé des emplois et permet de supprimer la dépendance au pétrole.
Le président de l’Alliance a expliqué que le nouveau gouvernement devra trouver des solutions pour régler les problèmes de fond, car « bien qu’il s’agisse d’un héritage de leurs prédécesseurs, il existe une urgence et une aggravation de la situation ».
Paul Vergès a également annoncé la venue d’une commission sénatoriale à La Réunion, du 15 au 18 mars, pour faire le point sur la situation à La Réunion.

Céline Tabou


Kanalreunion.com