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Moins d’emplois aidés : catastrophe pour les crèches

L’aide à la personne et le plan d’austérité

Manuel Marchal / 12 août 2017

Pour le secteur de l’aide à la personne, la diminution du nombre d’emplois aidés est une catastrophe. Comment les crèches vont-elles fonctionner ?

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Lors du rassemblement mercredi devant la préfecture, la question du fonctionnement des crèches a été posée.

« On ne pourrait pas fonctionner sans les emplois aidés », c’est le constat partagé par Catherine Cazin, directrice de l’association Coccinelle, et Sébastien Pinet, coordinateur pédagogique de l’association.

L’association Coccinelle est une structure agréée pour accueillir 45 enfants. Elle emploie 20 salariés dont 7 personnes qui ont un contrat aidé en CAE ou en emploi d’avenir.

Pour les jeunes en emplois d’avenir, la fin des contrats arrive. D’ici le mois de mars, trois salariés sortiront de ce dispositif.

Or, la réglementation impose que 60 % des employés soient diplômés, et la présence d’un adulte pour 8 enfants qui marchent, et d’un pour 5 qui n’ont pas encore l’âge de marcher. Se pose donc la question de savoir combien d’enfants pourront être accueillis si le nombre d’emplois aidés diminue. Sur un effectif de 45 enfants, une vingtaine quitte la structure tous les ans pour entrer à l’école, ce qui permet l’accueil tous les ans de 20 enfants. Mais ce n’est pas suffisant pour répondre aux demandes, car 20 enfants sont également inscrits en liste d’attente.

Dans l’association Coccinelle, la situation des emplois aidés est à l’opposé de la description faite par la ministre du Travail pour justifier la diminution du soutien de l’État dans ce secteur. Les personnes embauchées en contrat aidé sont inscrites dans une formation qui leur permet d’obtenir le CAP Petite Enfance en un an. Mais à la fin du contrat, faute de ressources financières, il est nécessaire de recommencer avec une autre personne. Une situation dommageable, car parmi les anciens salariés en emploi aidé, il n’est pas rare qu’ils trouvent un travail dans les 6 mois. D’ailleurs, la plupart des salariés permanents de l’association étaient auparavant en contrat aidé.

Les associations œuvrant dans l’aide à la personne vont donc être lourdement impactées par la diminution du nombre des emplois aidés. Elles jouent pourtant un rôle indispensable dans notre société. Elles montrent que le secteur de l’aide à la personne a un potentiel important pour créer de nombreux emplois durables destinés à répondre à tous les besoins.

M.M.


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