Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Emmanuel Lemagnen, membre du Comité de soutien de l’Alliance des Outre-mer
3 juin 2009

Lundi dernier, Emmanuel Lemagnen a participé à la présentation du Comité de soutien à la liste de l’Alliance des Outre-mer conduite par Élie Hoarau. Il explique les raisons de son choix.
« J’étais récemment aux Antilles dans le cadre d’une mission et j’y ai constaté qu’avec d’autres régions de l’Outre-mer, La Réunion partage des problématiques communes.
D’où l’intérêt pour l’Outre-mer de constituer une liste qui est un acte fondateur. Le soutien à la liste conduite par Élie Hoarau est logique, il est en cohérence avec le programme de la mandature de la Région. Ce programme s’articule autour des infrastructures et des hommes. Ces grands projets et le plan de formation ont en commun d’être co-financés par des fonds structurels européens. Il est donc essentiel de poursuivre cette démarche, c’est la légitimité du dessein de l’Alliance pour La Réunion.
Certains critiquent ce projet, mais que proposent-ils ?
Lors de la présentation du comité de soutien à la presse, j’ai décrit la situation de la Lettonie, un petit pays européen de 3 millions d’habitants, traumatisé et défiguré par la crise : le taux de chômage est passé brutalement de 5 à 20%, les salaires ont baissé de plus de 10%, la récession s’installe. En Europe, des pays vivent des drames, comment faire alors pour que nos problèmes qui peuvent paraître lointains vus d’Europe ne soient pas écartés par les grands partis nationaux ?
L’avenir de l’agriculture d’outre-mer face à la crise
Un autre exemple d’actualité est la crise dans la filière lait. C’est une crise européenne, dont la conséquence principale est que le prix du lait est revenu 23 ans en arrière. Force est de constater l’impuissance du ministre de l’Agriculture à débloquer la situation au niveau de la Commission européenne. Que pèsent économiquement le sucre réunionnais ou la banane antillaise dans un tel contexte, lorsque l’on voit que le gouvernement et les grands partis nationaux sont impuissants face à une crise qui secoue toute l’agriculture européenne ?
Je pense que sur le fond, la force et la capacité de négociation ne se situent pas dans les grands partis d’alternance, mais dans la liste spécifique à l’Outre-mer. Car ce ne sont pas forcément des solutions réunionnisées qui sont mises en œuvre dans les grands partis nationaux.
Elie Hoarau, un candidat d’expérience
Concernant le choix du candidat, le mandat des prochains députés au Parlement européen voit se chevaucher plusieurs dispositifs importants et complexes : l’octroi de mer, les APE, le règlement sucrier, les contrats de plan. Selon moi, cela nécessite des élus disponibles. Je constate qu’Élie Hoarau est très disponible. Cela implique des hommes et des femmes d’expérience, Élie Hoarau a cette expérience. Il faut aussi des gens aguerris aux dossiers et exercés aux négociations. Je pense qu’Élie Hoarau réunis toutes ces qualités, nécessaires à la défense des intérêts des Réunionnais.
J’ai des amis qui soutiennent des listes voisines, mais à un moment, il faut s’engager. J’ai fait un choix stratégique : l’efficacité et le bon sens ».
Courrier des lecteurs
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