Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
L’ACCD’OM et la crise sociale
18 février 2009

Dans un communiqué diffusé hier sous la signature de son président Roland Robert, l’ACCD’OM souligne que les revendications du mouvement social sont légitimes, condamne les violences d’où qu’elles viennent et rappelle des « déficits d’investissement et de fonctionnement qui font que plus de 60 ans après les lois de départementalisation, nous ne sommes pas à niveau et loin de l’égalité espérée ».
« L’Association des Communes et Collectivités de l’Outre-Mer (ACCD’OM) n’est pas insensible à la situation prévisible et aux revendications légitimes que connaissent depuis quelques semaines la Guadeloupe et la Martinique de façon plus accrue après La Réunion et la Guyane.
Cette situation était prévisible et annoncée puisque l’ACCD’OM attire l’attention des pouvoirs publics depuis plusieurs années, et ceci à travers les motions qu’elle a votées et à travers les tribunes qu’elle a publiées, sur les difficultés économiques et sociales grandissantes que connaît l’Outre-mer, en appelant notamment à un changement de la relation entre la métropole et l’Outre-mer.
Ces revendications sont légitimes parce que la réalité socio-économique de l’Outre mer, sans commune mesure avec la réalité métropolitaine, est aujourd’hui, entre autres, la suivante :
- un taux de chômage important,
- des prix toujours plus hauts (la structuration des prix étant la même dans tout l’Outre Mer, les marges des quelques importateurs étant de plus en plus importantes),
- des difficultés à se loger,
- une répartition inégale des richesses produites localement.
En bref, des difficultés grandissantes pour une grande partie des familles en Outre-per.
Considérant tout cela, on ne peut que soutenir les revendications tout en condamnant les violences, d’où qu’elles viennent.
L’ACCD’OM constate toutefois que le traitement médiatique de cette crise sans précédent est insuffisant, renvoyant de ce fait une image incomplète de la situation ; l’opinion publique ignore en effet que l’Outre-mer participe à la richesse de l’économie française au même titre que les autres départements. Il est vrai que nos territoires n’ont pas bénéficié du même traitement que la métropole et l’Etat a accumulé chez nous, pendant des décennies, un retard important en termes de financement. C’est bien ces déficits d’investissement et de fonctionnement qui font que plus de 60 ans après les lois de départementalisation, nous ne sommes pas à niveau et loin de l’égalité espérée.
Laisser la situation actuelle perdurer comporte un risque réel de dégradation des économies locales qu’il sera extrêmement difficile de rattraper. L’ACCD’OM en appelle donc au sens des responsabilités de tous les acteurs de cette crise afin qu’une issue soit trouvée le plus rapidement possible.
Accepter une gestion au plus près des réalités locales est une exigence et notre intégration dans nos environnements régionaux respectifs, une priorité, et ce, pour un réel développement durable et solidaire au sein de la République et de l’Europe. »
Courrier des lecteurs
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