Pour un vrai train

24 mars 2007

Ecologistes, nous ne pouvons qu’être favorables à un projet de transport en commun ferré. Les élus de La Réunion qui aménagent le territoire pour du “tout voiture » vont offrir à la population, dans une dizaine d’années, un véritable coma circulatoire, une asphyxie générale de l’île. La seule porte de sortie est la construction d’une voie ferrée allant de St Benoît à St Joseph qui permette de transporter rapidement et économiquement des passagers et du fret. Le projet de tram/train, qui est actuellement en enquête publique, ne répond pas aux besoins de l’île. En fait, le type de matériel et le choix du tracé (en centre ville et par le haut) confortent l’idée que ce n’est qu’un simple tram qui ne pourra jamais, sur cette voie, être un vrai Transport Express Régional, seul capable de détourner de la voiture assez de Réunionnais pour garder l’île vivable dans le futur.

Le choix du tracé haut est argumenté par la desserte des zones urbaines de La Montagne, à priori fort pertinent. Mais l’argument est, en réalité, fallacieux car les stations prévues sont situées en dehors des zones urbanisées, au cœur d’espaces naturels sensibles. L’avis réservé ou défavorable de l’“autorité environnementale”, du Conseil Scientifique et des associations de protection de l’environnement en témoigne. Les vrais bénéficiaires de ce tracé seront donc les propriétaires des terrains du plateau de la Montagne qui verront leurs terrains agricoles déclassés et pourront, ainsi, engranger une belle plus-value ! Ce n’est pas la première fois qu’un investissement public payé avec nos impôts dégage de juteuses plus-values dont la collectivité ne bénéficie pas !

Le passage du cyclone Gamède nous a démontré par l’exemple combien l’île est fragile, soumise aux caprices de la nature. Les ouvrages d’art censés classer la Réunion au patrimoine mondial des chefs d’œuvre en béton et en acier, résisteront-ils aux vents cycloniques amplifiés par l’effet venturi (augmentation de la vitesse des vents dans les couloirs) ? En tous cas, ils seront inutilisables alors qu’au niveau du sol, le vent n’empêcherait pas les déplacements.

Le but de cette voie ferrée doit être, aussi, de sécuriser la circulation des marchandises entre le chef-lieu et le port dans toutes les conditions météorologiques. Dans la configuration des lieux, seul un tunnel peut offrir cette garantie. Et ce tunnel, c’est à l’État de le financer au titre de la sécurisation des déplacements que la RN1 et la RD41 sont toutes deux incapables d’assurer !
Nous proposons d’ailleurs de faire trois tunnels consécutifs. Cela permet de faire deux gares intermédiaires (par exemple en semi-souterrain au fond des lits des ravines en laissant l’eau passer par-dessus). Pas de problèmes majeurs d’ouvrages d’art délicats donc ! Ces deux gares peuvent desservir chacune 2 ou 3 funiculaires souterrains rapides desservant autant de destinations sur le plateau au lieu des deux seules 2 gares actuellement prévues.
Le tunnel ainsi construit peut constituer le premier tronçon du réseau TER car on peut poursuivre ensuite avec une voie permettant la “grande vitesse” jusqu’à Saint-Paul et au-delà. Simultanément, des voies réservées au tramway (comme les ont tous les vrais tram-trains !) peuvent desservir le centre de St Denis jusqu’à Gillot à partir d’une gare centrale commune train/tram.
Faire le tunnel "en bas" (en fait à environ 30 à 50m d’altitude) permet de libérer l’emprise haute pour préserver l’environnement et faire de la Montagne un poumon vert du Nord et de l’Ouest et, ainsi, une zone touristique. (...)

Marie-Cécile Seigle-Vatte, élue Les Verts Saint-Denis
Jean-Marc Tagliaferri ALTEREKOLO 974


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