Après la protestation, où est le projet pour sortir La Réunion de la pauvreté ?
25 juillet, parCombattre les causes du chômage de masse
Éric Magamootoo, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion
20 avril 2009, par

Jeudi dernier, le Président de la CCI Réunion et le président de l’Association de management de centre-ville, Jean-Luc Calonger, ont signé la charte de développement partenariale de la gestion de centre-ville à La Réunion. Cet événement est l’occasion d’évoquer avec Éric Magamootoo les perspectives de l’urbanisme commercial à La Réunion.
Le développement durable dans l’urbanisme commercial, est-ce la fin de l’extension des grands centres commerciaux à la périphérie des villes ?
- La réponse est oui, encore faut-il que l’ensemble des élus jouent le jeu de la proximité et limitent au maximum les flux de déplacement d’une part, et jouent le jeu d’une répartition équitable sur le territoire. Nous devons absolument arriver à une répartition des centres commerciaux dans les centres-villes.
Dans le futur, la préservation du foncier sera-t-elle une clause décisive ? Va-t-on vers l’obligation de construire des parkings et des zones de stockage en dessous ou au dessus de la surface commerciale ?
- La Réunion compte 800.000 habitants sur 2.500 kilomètres carrés. Sur cette superficie, 1.000 kilomètres carrés sont habitables, cela fait donc une densité de 800 habitants au kilomètre carré. C’est une des plus fortes densités de population au niveau mondial. Préserver le foncier est donc une nécessité absolue.
À mon sens, cette démographie et la rareté du foncier nous obligent d’imposer aux futurs centres commerciaux d’enterrer les parkings, ou de la placer au-dessus du magasin. L’opinion publique n’accepte plus que l’on fasse des parkings dans les champs de cannes.
Pour atteindre cet objectif, il faut une décision du maire, afin d’inscrire dans le Plan local d’urbanisme l’obligation d’enterrer les parkings.
L’utilisation des toitures et des parkings des grandes surfaces pour installer des panneaux photovoltaïques : où en est-on ?
Tous les centres commerciaux ont confié à des opérateurs des études pour couvrir les parkings. Ces nouvelles centrales seront donc opérationnelles dans les années à venir.
En peu de temps, la grande distribution vient de connaître plusieurs changements d’enseignes. Pensez-vous que cela se traduit par des gains de pouvoir d’achat et des créations d’emplois ?
- Gains de pouvoir d’achat oui, car la concurrence conduira à une baisse des prix. Mais cela n’amènera pas d’emploi, voire en détruira.
Cette baisse des prix se fait par une augmentation du volume d’importations. Le métier d’importateur grossiste est amené à disparaître. Il y a aussi des risques pour la production locale.
Tous ensemble, nous devons décider d’un choix. Soit nous sommes un comptoir d’importation, soit nous trouvons le juste équilibre entre importations et productions locales.
Avez-vous d’autres pistes concernant des gains de pouvoir d’achat ?
- Nous pouvons encore gagner en pouvoir d’achat en nous débarrassant de notre obligation d’importer des marchandises en provenance de l’Union européenne.
Par exemple, si nous faisions venir l’acier d’Afrique du Sud, il serait 40% moins cher. Du fait du respect de normes dites européennes, nous ne pouvons pas nous approvisionner là où il est possible de payer moins cher.
Oui à l’Europe, mais utilisons à fond l’article 299-2 du traité européen qui reconnaît nos spécificités.
Propos recueillis par M.M.
Combattre les causes du chômage de masse
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