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Huguette Bello et la mission d’information parlementaire
6 juillet 2006

Pour la députée de La Réunion, l’adoption du rapport de la mission d’enquête parlementaire à laquelle elle a participé est une étape vers la création d’une commission d’enquête. Dotée de pouvoirs élargis, cette instance permettra d’approfondir les enseignements à tirer de la crise afin d’éviter une nouvelle flambée de l’épidémie.
La Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale a examiné mardi le rapport de la Mission d’information sur l’épidémie du virus chikungunya à La Réunion et à Mayotte.
Le document a été adopté.
Pendant l’examen du rapport, Huguette Bello, députée de La Réunion membre de la mission, a fait part à ses collègues d’une contribution écrite.
Elle explique que la mission a permis de mettre en évidence "l’enchaînement des facteurs qui ont débouché sur la grave épidémie de chikungunya à La Réunion et à Mayotte, une des plus importantes depuis 60 ans en ce qui concerne La Réunion".
Sous-estimation et crise de confiance
"Une sous-estimation des signaux d’alerte par les autorités sanitaires, un dispositif de surveillance insuffisant et rapidement dépassé, une méconnaissance de la maladie et du vecteur, une crise de confiance qui brouille de plus en plus les messages ont fait que la propagation du virus a fini par échapper à tout contrôle", écrit Huguette Bello qui rappelle un bilan catastrophique qui ne cesse de s’aggraver : "266.000 personnes touchées et 238 décès".
"Ramené à la population de la France, le nombre de personnes contaminées s’élèverait à plus de 18 millions", insiste-t-elle avant de souligner que "les conclusions de la mission sont très attendues" dans un contexte d’épidémie qui se maintient. Huguette Bello relève notamment que "cette maladie est susceptible d’apparaître dans d’autres territoires français, aux Antilles ou en Guyane mais, sans doute aussi même si la probabilité est moins forte, dans le sud de la France où le vecteur est présent".
Avec le chikungunya, La Réunion est en première ligne car "c’est la première fois au 21ème siècle qu’un territoire français est confronté réellement à une épidémie provoquée par une maladie virale émergente".
Cette nouveauté explique pourquoi il est nécessaire "d’approfondir de la façon la plus complète possible la connaissance de cette crise et la manière dont elle a été gérée".
Améliorer la connaissance
Pour la députée de La Réunion, "cette connaissance est indispensable si l’on souhaite tirer les enseignements pour le futur". "Mondialisation des échanges, urbanisation, réchauffement climatique, tout indique en effet que l’émergence et la réapparition de maladies virales à vecteur sont à craindre".
Tout ceci explique pourquoi la députée de La Réunion "réitère la demande de création d’une commission d’enquête sur les conséquences de l’épidémie, à l’instar de ce qui s’est fait après la canicule de 2003 où une mission d’information avait été suivie de la création d’une commission d’enquête".
Tirer tous les enseignements de la catastrophe
Dans la deuxième partie de son intervention, Huguette Bello a renouvelé sa demande de création d’une commission d’enquête sur les conséquences de l’épidémie de chikungunya. Voici les arguments de la députée de La Réunion.
"Cette mission constitue une première étape vers une meilleure appréhension des épisodes épidémiques. Elle demande à être complétée, notamment sur la base des résultats des multiples projets de recherche qui ont été lancés.
L’évolution de la situation me paraît suffisamment inquiétante pour que je réitère la demande de création d’une commission d’enquête sur les conséquences de l’épidémie, à l’instar de ce qui s’est fait après la canicule de 2003 où une mission d’information avait été suivie de la création d’une commission d’enquête.
Cela permettrait d’auditionner tous les acteurs qui ont été très mobilisés dans la lutte contre le chikungunya et qui ne l’ont pas été dans le cadre de cette mission. La Région Réunion qui, au-delà de ses compétences, s’engage fortement dans la lutte anti-vectorielle. L’Association des Maires, d’autant que l’échelon municipal, comme le souligne la mission, a un rôle important auprès de la population dans la lutte contre la prolifération des moustiques. Des représentants du corps enseignant, du monde syndical etc.
En plus d’apporter une lumière plus précise sur le concours de circonstances malheureuses qui a conduit à l’épidémie que nous subissons, une commission d’enquête permettrait :
- de mesurer l’impact du chikungunya sur la sécurité sanitaire de La Réunion. Cette maladie a tué plus qu’un cyclone, plus qu’une catastrophe naturelle, plus que les accidents de la circulation. Les progrès sanitaires enregistrés ces dernières décennies sont pour la première fois gravement menacés.
- d’appréhender les séquelles, parfois très graves, dues au chikungunya : celles-ci apparaissent progressivement et susceptibles de concerner des milliers de personnes.
- d’évaluer l’influence de l’épidémie sur l’espérance de la vie à la naissance,
- de contribuer à une meilleure articulation entre des fonctions généralement distinctes : recherche, veille, alerte et gestion de risque sanitaire".
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