Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
23 février 2008

Je ne vous le cache pas : ce n’est pas sans émotion et sans un petit pincement au cœur que, jeudi, assis au premier rang de la grande salle louée par le staff de Jean-yves Langenier pour le meeting d’ouverture de la campagne des Municipales au Port, je regardais et écoutais Olivier Hoarau parler à la foule qui s’y massait.
Pour “l’ancien” que je suis aujourd’hui devenu avec bien d’autres, les images de la campagne que nous menions en 1971 aux côtés de Paul Vergès, là même dans ce qui était alors le plus grand bidonville de La Réunion, ne pouvaient pas ne pas me revenir à l’esprit.
Dans le regard et la voix d’Olivier sans doute impressionné, du haut de ses 33 ans, à se retrouver dans le même rôle qu’eut en son temps à remplir son grand-père Roland Hoarau aujourd’hui décédé, c’était la même Foi, c’était le même besoin de nous dépasser pour ne rien manquer des rendez-vous que nous savions devant nous, c’était la même audace que nous pouvions ressentir quand nous n’avions pas encore 25 ans et que, avec et devant nous, des centaines de paires d’yeux et des centaines de cœurs d’hommes et de femmes nous communiquaient l’espoir qu’ils mettaient en nous pour réussir l’étape nouvelle et indispensable de leurs vies à tous.
Sans doute comme nous eûmes à le faire nous aussi quand, au milieu des visages racés des militants d’alors, nous étions présentés, nous et d’autres bien jeunes encore, comme la relève pour demain, Olivier sut trouver les mots de la sincérité, de la pureté, ceux d’un engagement qui devra éviter les pièges d’une modernité importée, pour nous dire à tous qu’autant il y en eut hier, il y aura demain une relève pour continuer les luttes et le travail sans lesquels il n’est pas de progrès social pour toute une population.
Jeudi, je regardais et écoutais Olivier, le fils de mon vieux copain Karl à la mémoire duquel, en juin 1996, avec Mickaël Rosalie et aussi Albert et Marie Mourvaye, nous avions dédié notre livre consacré aux 25 ans de l’OMS du Port. Pour Karl, nous avons alors écrit que « nous sommes plus que jamais convaincus qu’il aurait été aujourd’hui un grand acteur de la vie sociale portoise »... Karl nous a quittés en pleine force de l’âge.
Puisse Olivier - mais aussi Firose, Michèle, Afyfah, Naren, Freddy, Martin ou Carine, eux aussi, elles aussi tout jeunes co-listiers de Jean Yves Langenier - remplir ce vide immense et permettre à notre ville du Port de poursuivre son chemin pour son développement durable. Puissent-ils tous être le sel et la vigueur d’une espérance qui, jeudi, perlait dans les regards d’une foule venue leur dire qu’il leur faut maintenant y aller à leur tour à côté de ceux qui les aideront à porter leur part d’un flambeau qui ne doit pas s’éteindre...
Raymond Lauret
Le monde a changé
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