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Aide à la mobilité

Quand l’État va-t-il faire fonctionner le dispositif voté dans la LODEOM ?

28 juillet 2009 Risham BADROUDINE

“Le Quotidien” du 27 juillet 2009 nous apprend que 50.000 Réunionnais attendent aujourd’hui du gouvernement les billets d’avion Réunion-Paris promis à 440 euros HT. Après avoir repris la gestion du dispositif suite au vote de la LODEOM, l’État ne serait pas prêt à faire démarrer cette aide à la mobilité alors que les crédits sont déjà votés pour cette année.

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Depuis le vote de la Loi d’orientation pour le développement économique de l’Outre-mer (LODEOM), l’État est le responsable de la gestion de la compétence de l’aide à la mobilité. Auparavant, la précédente loi-programme déléguait aux Régions la gestion de ce fonds.
Entre 2004 et 2007, plus de 54.000 Réunionnais issus de milieux modestes avaient pu bénéficier d’une aide au voyage versée par la Région. Cette aide s’était élevée à 436 euros par personne en moyenne.
Sur la base d’une dotation financière très limitée, la collectivité avait élaboré des critères visant d’abord à permettre aux plus pauvres des Réunionnais d’avoir droit à l’aide au voyage. En effet, l’État met à la disposition de La Réunion une enveloppe d’environ 8 millions d’euros (10 euros/personne) pour aider les familles défavorisées à pouvoir se déplacer vers Paris. Ce montant est à comparer avec la dotation de près de 180 millions d’euros accordée à la Corse (700 euros/personne) au titre de la politique de Continuité territoriale de l’État. Le montant alloué aux Réunionnais reste donc bien inférieur à celui alloué aux Corses, ce qui fait qu’il n’est pas possible de parler de continuité territoriale, mais bien d’aide à la mobilité.
La pauvreté empêche aujourd’hui la majeure partie de la population de voyager pour aller rendre visite à un membre de sa famille qui a décidé de s’installer en France. Du fait de la pénurie d’emploi à La Réunion, cette installation est souvent définitive. Cette pauvreté explique aussi l’impossibilité de se rendre en France pour aider un être cher dans l’urgence. Tout comme elle ne doit pas compromettre l’ouverture au monde.

Les moyens juridiques d’agir seul
Tout cela explique pourquoi, dans le contexte réunionnais, l’aide au voyage doit d’abord bénéficier aux plus pauvres : ce sont eux les plus nombreux à La Réunion et ce sont eux aussi qui n’ont pas les moyens de voyager. Rappelons qu’un Réunionnais sur 2 vit avec moins de 790 euros par mois. Depuis le vote de la LODEOM et du budget de l’État, les crédits sont à la disposition de l’État. Quelle que soit la décision des collectivités de venir ou pas dans le GIP, l’État est le responsable unique de la gestion de ces crédits qui existent déjà, mais ne sont pas encore utilisés. Car à aucun moment la loi ne fait obligation de participer à la gestion de cette aide à la mobilité. Si jamais les collectivités ne viennent pas dans le GIP, rien n’empêchera le démarrage du dispositif. Et les Réunionnais attendent de l’État qu’il fasse fonctionner cette aide à la mobilité.

Risham Badroudine

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