Que risque le PS à Saint-Denis ?

22 octobre 2007

La réponse est évidente, à savoir un deuxième rendez-vous manqué avec l’Histoire. En effet, alors que la première chance a été lamentablement gâchée par leur candidat, les militants socialistes dionysiens, dans un aveuglement coupable, les mêmes causes produisant les mêmes effets, sont en train de prendre de nouveau le chemin du risque superflu et de la défaite programmée.
Il est en effet à parier qu’à l’instar des Législatives, la campagne municipale sera implacable. Ce qui a constitué alors un handicap, passé judicaire et coupables dérapages de fin de campagne, ne va pas se transformer miraculeusement en avantage.
Comment ne pas admettre que le Parti Socialiste avait un devoir de victoire à Saint-Denis, non rempli par son candidat, dilapidant ainsi lamentablement le capital des voix progressistes (Régionales et Présidentielles) dans la capitale ?
Pourquoi chercher ailleurs les causes du mal et pourquoi s’entêter et hypothéquer ainsi tout espoir de rebond ?
Veut-on tomber encore plus bas, déconsidérer un parti déjà mal en point, tout risquer en cautionnant la bassesse, la revanche et l’orgueil ?
Après l’inqualifiable mise en cause d’un ancien socialiste décédé et de camarades au-dessus de tout soupçon, après l’exploitation honteuse du procès des assassins de Johnny Catherine, à quoi doit-on encore s’attendre ?
Il serait temps de se ressaisir, de se recentrer sur le sens de nos combats, sur les valeurs qui fondent nos engagements respectifs, sur la responsabilité qui est la nôtre face à l’Histoire et sur l’idée, enfin, que l’on se fait du socialisme.
Une victoire hypothétique du candidat investi par les camarades de la fédération locale ne règlerait rien et serait même, le cas échéant, difficile à assumer, à porter, au nom de ces valeurs-là, par la famille socialiste que cet évènement n’honorerait pas.
Au moment où notre pays, face a un gouvernement aveugle et sourd, a grand besoin d’hommes d’ouverture pour rassembler les énergies et les bonnes volontés, il est à l’évidence suicidaire de soutenir un candidat qui n’incarne pas ces qualités-là et qui fait, dans la sphère politique locale, l’unanimité contre lui.
Il est suicidaire de jouer ainsi avec le feu et de ne pas soutenir dans un élan de lucidité Michel Tamaya, un candidat socialiste qui possède les qualités requises pour rassembler et pour réhabiliter l’image de son parti.
La lecture de “La défaite en chantant”, le dernier livre de Claude Allègre, peut, je l’espère, inciter les camarades à ne pas commettre l’irréparable.

Daniel Cadet


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus