Quelles “prises d’otages” ? Quels “privilégiés” ?

28 janvier 2008

Face aux quasi-dérapages du discours présidentiel qui donne dans le populisme sans nuances, pendant de son activisme forcené qui déconcerte même ses ministres, il est bon de constater que certains gardent la tête froide et une capacité d’analyse du fond des choses. Sur le site du “Monde diplomatique”, on pourra trouver un excellent texte inédit de Frédéric Lordon, d’un niveau certes légèrement au-dessus de la Star Ac et qui risque de griller quelques neurones à ceux qui n’osent jamais s’en servir, mais qui rappelle quelques vérités fort peu “pipolesques”. En voici la fin de la conclusion :
« On devrait normalement convenir sans difficulté que conserver, pour soi-même, les immenses profits de la spéculation, mais répandre, sur tous, les désastres du krach, que compter avec un cynisme parfois ouvert sur le secours des autorités monétaires qui devront inévitablement agir pour soi afin d’éviter que ses propres calamités ne deviennent aussitôt celle de la population entière, on devrait convenir, donc, que tous ces comportements sont adéquatement compris dans la catégorie de “prise d’otages”.

Aussi, la clique éditorialiste, qui n’a jamais assez de voix pour hurler à la “prise d’otages” quand une grève de transport, dont les objectifs se bornent à quelques dizaines d’euros de plus ou quelques heures de moins, gêne les déplacements plus de deux jours de suite, pourrait-elle s’interroger sur les superlatifs à inventer pour qualifier cette situation à peu près aussi invraisemblable qu’inaperçue comme telle, dans laquelle l’infime minorité des parvenus de la finance met le pistolet sur la tempe de corps sociaux tout entiers, et menace - armée des moyens objectifs de la menace - de tirer si l’on ne vient pas immédiatement lui éviter la déconfiture.

Que la baisse des taux et la rescousse quasi-automatique soient devenues des garanties de fait extorquées par la finance du fait de sa situation stratégique n’empêche pas que seuls la retraite à 60 ans et le SMIC soient d’archaïques acquis sociaux.

Que les traders se goinfrent à millions pendant la bulle n’empêche pas que ce sont les cheminots et les fonctionnaires les ignobles privilégiés.

On se demande parfois d’où vient et combien de temps durera ce mélange de myopie satisfaite et d’imbécillité donneuse de leçons. Il est vrai que l’aristocratie d’ancien régime, du temps où elle menait grand train, disposait déjà de sa classe satellite de curés avec strapontin au banquet et vocation à tout justifier... ».

Ce discours vous semble compliqué ? Mais la vie est compliquée !!! C’est pourtant parce que certains le maîtrisent qu’ils s’octroient le droit de diriger votre vie à leur guise ! L’Association Initiatives Dionysiennes vous propose les 2ème, 3ème et 4ème jeudis du mois, à partir de 18h, à la Tour de Mir à Sainte-Clotilde de venir, ensemble, apprendre à être des citoyens actifs et plus seulement des figurants et sujets.

http://aid97400.lautre.net


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