Rebond !

16 août 2007

Présidentielle, Législatives, débauchages divers, la droite triomphe en France et peut-être pour longtemps. Elle n’en a pourtant qu’un faible mérite et nous soutiendrons ici que c’est la gauche, prise dans toute sa généralité, qui en est responsable.
D’abord, et chacun le sait bien en son sein, la gauche de gauche a sa part. Elle a de nombreuses identités : communiste, trotskiste, antilibérale, alternative, écologiste, féministe ou alter mondialiste. Malgré toutes ses velléités unitaires affirmées, à l’origine de tant et tant d’appels, elle s’est révélée toujours aussi sectaire, prisonnière de ses limites, incapable de surmonter son histoire. Elle a montré son incapacité à s’unir vraiment au moment précis où beaucoup attendaient d’elle un espoir en substitution à leur désespérance de l’autre gauche.
Précisément, elle n’a pas de quoi se réjouir et pavoiser, la gauche officielle : socialiste, verte et... communiste dont le parti, en France, comme Janus, a dorénavant deux visages.
Elle a gagné des sièges de députés ou sauvé les meubles mais cela ne change rien. Pourquoi voter à gauche si c’est pour faire la même politique que la droite ? C’est là la question que se posent ses électeurs, issus des milieux populaires, séduits par le discours d’ordre de la droite mais si prompts aussi à se rebeller contre toute atteinte aux droits sociaux.
La majorité des électeurs antilibéraux a voulu sanctionner la division de son propre camp tout en limitant les dégâts lors des deux tours de la Présidentielle. Ce phénomène s’est approfondi à la Législative où le second tour a permis d’éviter l’effondrement total que redoutaient les électeurs de gauche les plus convaincus. Pourtant, ni ceux-là, ni les autres électeurs du parti socialiste ne se reconnaissent dans une gauche tellement contaminée par le discours néolibéral qu’elle ne s’en distingue qu’à la marge, dans le rapport à telle ou telle mesure que son statut d’opposition lui impose de critiquer. Pire, les prétendus novateurs internes du PS, proches de sa candidate à l’élection, se proposent de soigner le mal en l’aggravant, s’accommodent de certaines mesures du gouvernement ou développent une thèse de tolérance à l’égard des transfuges.
Comment rebondir ? Comment dépasser l’impasse actuelle ?
Rien ne sera pas possible si le propos de la gauche, prise dans son ensemble ne redevient pas conforme à son identité, l’incarnation politique de la défense des intérêts collectifs. C’est à la gauche de la gauche d’en donner les premiers indices et personne n’y est habilité à le faire plus qu’un autre. Il s’en suit l’évidence de la nécessité de rencontres futures entre ses divers acteurs et d’abord de ceux qui ont mené les batailles ensemble, tant à la présidentielle qu’aux législatives ; les divers alternatifs, les trotskistes et révolutionnaires divers, les communistes dissidents... Il faut qu’ils se parlent, ils ont des choses à se dire et partager, c’est la condition première au rebond de toute la gauche, une défaite de la droite en rupture avec le système, ce à quoi il faut travailler !

François Esquer
Porte parole ESPOIR.
Alternatifs 974, île de la Réunion !


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus