18 février 2009
Chaque jour apporte son lot d’informations qui confirment la justesse des propositions émises par le Parti Communiste Réunionnais et par d’autres forces vives du pays depuis des dizaines d’années pour sortir de l’impasse où nous plonge le "modèle de développement" qui nous est imposé depuis la colonisation. Parmi ces dernières nouvelles, il y a la déclaration publiée par les évêques des quatre DOM, dont Mgr Gilbert Aubry, sous le titre : "La force de l’espérance" (voir "Témoignages" d’hier en page 4).
Ces responsables religieux affirment notamment qu’il faut « de nouveaux rapports entre nos régions respectives, la France métropolitaine et l’Union européenne ». Ils ajoutent : « Tout ce qui peut faire croire à un relent de colonialisme ou de néocolonialisme doit être définitivement aboli » et « pour permettre un meilleur exercice du pouvoir, un changement de statut peut être un levier efficace ».
Dans la foulée, la célèbre artiste réunionnaise Jacqueline Farreyrol, adjointe au maire UMP du Tampon, confie au magazine "Belle" qu’« elle combat "le laxisme" qui tue son île "à petit feu". Les embouteillages, la gabegie de voitures (…) et l’habitude prise d’être totalement dépendant du flux d’importation : "C’est effroyable, tout vient de l’extérieur !" (…) Jacqueline Farreyrol prône l’autonomie de l’île et un peu plus de bon sens ».
Pour sa part, Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, a reconnu qu’il y a un lourd malaise en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion. Interrogée dimanche sur Canal+, elle a déclaré qu’« on ne peut pas avoir une société à deux vitesses » dans nos pays.
Cela rejoint l’analyse exprimée dans "le Figaro" par son collègue Yves Jégo, pour qui ce qui se passe actuellement dans les DOM est le résultat d’une « triple crise ». « Une crise économique qui frappe toute notre planète et atteint plus vite les économies fragiles, une crise structurelle liée aux dérives ultimes mais encore observables de l’héritage d’une économie "de comptoir" et enfin, et peut-être surtout, une crise existentielle, en tout cas une crise sociétale ».
Pour sa part, lundi soir sur Antenne, Maurice Cérisola, président de La Réunion Économique, déclarait, contrairement à son collègue président du MEDEF-Réunion la veille sur RFO, qu’« il n’y a pas d’antinomie entre les salaires et l’emploi ». Quand on prend connaissance de tous ces propos, on se dit : voilà de quoi avancer dans la lutte pour tout changer et cela passe par le renforcement du Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR).
L. B.
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