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17 mars 2008
Dans son édito (avant-dernier) de samedi 15 mars 2008, le pdg-rédac-chef-ancien (?) indic, tente de briller de ses derniers feux. Ravi, manifestant une joie quasi carnassière d’avoir pu accrocher à sa gibecière Boris Gamaleya, il lui faut cependant reconnaître son amateurisme d’historien qui l’a conduit à confondre François Coupou avec Éliard Laude.
Voici ce que notre journaliste-“historien de La Réunion” écrivait samedi 8 mars 2008 dans son édito logorrhéique (1) : « [...] en mémoire de François Coupou, un gamin bousillé, tué à coups de matraque par des CRS dans les années 50 alors qu’il assistait à une réunion contre le fascisme [...] Et je vous laisse la place, monsieur Boris Gamaleya, pour votre billet, pour votre poème aussi dédié à François Coupou matraqué à mort à 15 ans par des CRS du temps du préfet Perreau-Pradier [...] ».
Si Tillier, au lieu de se fier à ses fantasmes avait, comme tout vrai journaliste doit le faire, pris le temps de vérifier la véracité de ce que le “vendeur de course“ du coin lui a fait prendre pour argent comptant, il aurait pu, à propos de François Coupou, lire ceci dans “Témoignages” (celui du 3 juin 1958 notamment) : « Le 29 mai 1958, François Coupou est âgé de 63 ans et il assiste à une réunion publique antifasciste organisée par le Parti Communiste à la cour Lucas. Pour disperser la foule venue en masse entendre notamment les discours d’Eugène Agénor Dutremblay et Paul Vergès, les forces de l’ordre sont venues "casser du communiste". Et c’est ce vieillard de 63 ans , dont tous ceux qui l’ont connu connaissent à la fois le caractère sérieux et calme [...] qui rentrait tranquillement chez lui, qui a été frappé à coups de crosse, avec une violence telle qu’il a eu une fracture au crâne, et qu’il a perdu à jamais connaissance [...] Quand on a entendu les témoins qui ont vu frapper François Coupou et s’acharner sur lui alors qu’il est inanimé, quand on sait que le certificat médical confirme la fracture du crâne comme cause de la mort, [...] on apprécie l’impudeur et le cynisme du communiqué de la radio annonçant qu’il était mort “d’une crise cardiaque” ».
Mais, trop pressé de vampiriser un mort de plus, qui lui permette de bâtir une fausse symétrie avec Alexis de Villeneuve, Tillier s’est affranchi de toute vérification et il s’est piteusement planté suscitant rires et quolibets de ses propres collaborateurs (situation que Tillier ne supporte pas (2)).
Il a tout simplement confondu avec l’assassinat du jeune Éliard Laude, 17 ans, devant la mairie annexe de Sainte-Clotilde, dimanche 15 mars 1959 tandis que se déroulait l’élection municipale de Saint-Denis dont tout le monde prévoyait qu’elle verrait l’élection de la liste conduite par Paul Vergès.
Effectivement, le dépouillement de 18 bureaux sur les 22 que comptait la commune, donnait à Paul Vergès une avance décisive de 2.043 voix. Pour le préfet Jean Perreau-Pradier et le pétaino-gaulliste Gabriel Macé, cette situation était intolérable. Le préfet donna alors l’ordre de faire évacuer avec brutalité la mairie ainsi que les rues y conduisant et de procéder au trucage des résultats des quatre bureaux restants.
Paul Vergès, qui se trouvait rue de Paris, à 150 mètres de la mairie où il se rendait en sa qualité de candidat, est alors encerclé et sauvagement matraqué par les CRS et laissé pour mort sur le trottoir. Le même jour, un autre travailleur, Antoine Baïkiom sera grièvement blessé en pleine poitrine, un nervi de Gabriel Macé l’ayant pris pour cible.
Si Tillier avait été un peu plus épris d’histoire et un peu moins de vengeance, il aurait pu faire son profit de la plaidoirie de Jacques Vergès en faveur de la mémoire d’Éliard Laude : « Pour un enfant assassiné ». Mais Tillier est bien moins intéressé par l’histoire de La Réunion que par la collecte de ladi-lafé.
Enfin, et cela montre combien l’homme est imbu de lui-même, le voici, dans son édito de samedi 15 mars 2008 qui se compare à Napoléon et annonce : « Un dernier mot encore, dans le genre adieu aux armes de Fontainebleau, je vous tricoterai samedi prochain, s’il plaît à Dieu bien évidemment, le dernier édito de l’année ».
Pour que nos lecteurs puissent faire le parallèle entre Napoléon 1er et notre collecteur des poubelles de l’histoire, voici quelques-unes des paroles prononcées par Napoléon, le 20 avril 1814 à Fontainebleau lors de ses adieux à la vieille Garde impériale.
« Soldats de ma vieille Garde, je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai trouvés constamment sur le chemin de l’honneur et de la gloire. Dans ces derniers temps, comme dans ceux de notre prospérité, vous n’avez cessé d’être des modèles de bravoure et de fidélité. Avec des hommes tels que vous, notre cause n’était pas perdue. Mais la guerre était interminable [...] J’ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie ; je pars. [...] Ne plaignez pas mon sort ; si j’ai consenti à me survivre, c’est pour servir encore à notre gloire ; je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble ! Adieu, mes enfants ! je voudrais vous presser tous sur mon coeur ; que j’embrasse au moins votre drapeau ! ».
Tillier pourrait-il dire - sans susciter une franche hilarité -, lors de ses “adieux de Fontainebleau” : « je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble » ? Nous le saurons dès que nous aurons le compte-rendu de l’allocution de départ de ce grand homme de lettres, historien hors pair... du moins s’il faut en croire ce qu’il dit de lui-même.
À demain.
Jean Saint-Marc
1 - Logorrhée, n. f.
: Flux de paroles intarissable caractérisant certains accès de démence à tendance maniaque. Par extension : Monologue interminable. logorrhéique, adj. (Littré)
2 - Il se dit même que Tillier a chargé son bras droit, héritier spirituel, de motiver les collaborateurs du Jir pour que la lettre d’adieu qu’il attend de leur part soit à la mesure des mérites qu’il s’attribue sans cesse. Marchandise vantée ...
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