Transports

Salariés de “L’Oiseau bleu” en grève

28 septembre 2006

Depuis lundi, des salariés de L’Oiseau Bleu, entreprise de transport de voyageurs installée à Sainte-Clotilde, ont démarré une "grève illimitée" sur la base de revendications salariales soutenues par l’Union régionale CFDT. Les salariés réclament "l’égalité de salaires entre les chauffeurs, une prime de 60 euros pour le travail du dimanche, une prime de lavage de bus et l’amélioration de leurs conditions de travail".
Joël Dalleau, permanent de l’UIR-CFDT, est allé soutenir les 6 salariés en grève et explique leur mouvement par les distorsions entre les salaires des chauffeurs, et par des primes données "à la tête du client".
Les cars Moutoussamy de L’Oiseau Bleu opèrent sur des lignes urbaines et de transport scolaire ; ils font aussi de la sous-traitance sur les lignes "Cars jaunes" et des sorties touristiques le week-end, ou du transport d’élèves en sorties pédagogiques.
Les salariés dénoncent des distorsions dans les salaires des chauffeurs, selon qu’ils desservent ou non les lignes "Cars jaunes". De même, le lavage des bus donne lieu, selon leurs dires, au versement d’une prime de 25 euros pour les chauffeurs "Cars jaunes" et pas pour les salariés de l’entreprise qui lavent les mêmes bus sous les mêmes portiques. De plus, les transporteurs mobilisés le dimanche sur des locations ne sont pas payés et ne reçoivent pas non plus d’indemnité de repas.
Une trentaine de salariés travaillent à L’Oiseau Bleu. Selon le responsable de l’UIR-CFDT, "d’énormes pressions patronales s’exercent sur les salariés" ; c’est ainsi que les 6 salariés en grève ont vu "leurs" bus sortir avec d’autres chauffeurs, pas mieux lotis qu’eux, mais "sous pression", disent les grévistes.
"En théorie, les chauffeurs font 35 heures, mais si on regarde sur les disques taxis - un disque qui enregistre tout dans l’appareil et fonctionne un peu comme une "boite noire" - on voit qu’ils font beaucoup plus de 39 heures", poursuit Joël Dalleau, en signalant que les salariés de La Réunion sont pour le moment laissés hors champ de la Convention collective nationale des transports (voir encadré) . Pour combien de temps encore ?

P. David


Le Code du Travail :

Il organise l’application discriminante des Conventions collectives

Pourquoi la Convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires du transport du 21 décembre 1950 ne s’applique-t-elle pas dans les Départements d’Outre-mer ?
Il y a ainsi un certain nombre de textes pour l’organisation du travail par branche professionnelle dont le champ d’application territorial est limité à l’hexagone. Ce sont les signataires qui en décident.
En 1950, les quatre "vieilles colonies" avaient été promues au statut de Département français d’Outre-mer depuis quatre ans. Comment expliquer que la situation n’ait pas bougé d’un iota depuis plus d’un demi siècle ? Que les confédérations syndicales nationales aient continué de laisser de côté les confédérations ou organisations syndicales des DOM, même celles avec lesquelles elles ont des liens organiques étroits ?
C’est le Code du Travail qui organise l’application discriminante des textes, en indiquant (article L. 132-5) que le champ territorial doit préciser s’il inclut ou non les DOM.
Dans le cas concret de la Convention sur les transports (1950), l’article 1 qui porte sur le champ d’application - modifié en 1998 et 2004... - inclut la mention suivante : "Le champ d’application géographique de la présente Convention et des accords qui y sont annexés comprend l’ensemble du territoire métropolitain". Les DOM et leurs salariés ? Dehors !


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