Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
14 mai 2008

Avec 11.200 suppressions de postes en 2008 (dont 73 pour La Réunion) et 20.000 postes par an jusqu’en 2012, la saignée continue dans l’Education Nationale. Combien d’élèves y aura-t-il par classe demain dans les établissements ? Tout ceci n’a rien à voir avec une baisse des effectifs, comme le dit le gouvernement, mais c’est une décision prise pour faire des économies sur le budget de l’État. Les conséquences sont graves : fermeture de classes primaires et secondaires ; suppression des BEP, d’une année d’étude pour le bac pro, suppression d’options et d’enseignements ; manque de personnels pour assurer les remplacements. A ces coupes franches massives s’ajoutent les différentes propositions de réformes de l’Education.
Dans le premier degré, les nouveaux programmes remettent en cause plus de 20 ans de recherche pédagogique ; la mise en place des stages de rattrapage pendant les vacances scolaires ne répond en rien aux réels besoins des enfants en difficultés. A qui faire croire que 3x15 heures l’année “sauveront” quelqu’un ? Illusoire et démagogique, cette mesure cache la disparition de réseaux d’aide existants (RASED) et amorce la marchandisation de l’échec.
D’autre part, la suppression de la carte scolaire mettra systématiquement les écoles et les établissements en concurrence et fera disparaître à terme le caractère national des programmes et des diplômes. Une école pour les “riches”, une école pour les “pauvres” ? L’enseignement public minimal et à plusieurs vitesses, renforçant ainsi le tri social par l’école ? Nous ne voulons pas servir de relais à une idéologie élitiste et rétrograde.
SUD éducation Réunion ne peut accepter un tel état de fait. Nous revendiquons : la création de postes à la hauteur des besoins ; la limitation des effectifs par classe ; l’abandon des reformes en cours ; le maintien de tous les personnels de l’éducation nationale dans la fonction publique d’Etat ; la titularisation sans conditions de tous les personnels précaires qui le demandent.
Toutes ces attaques contre le service public de l’éducation nationale vont de paire avec toutes celles menées par ailleurs contre tous les salariés de la fonction publique et ceux du privé jusqu’à la remise en cause du Code du Travail lui-même. Il faut arrêter de faire des ronds de jambes dans les ministères, de signer des compromis de plus en plus pernicieux.
Nous sommes devant un choix de société crucial : veut-on, au travers du futur élève, un homme au service de l’économie, sans trop de sens critique, soumis aux exigences du travail ; ou bien se battra-t-on pour que nos élèves aient les capacités à remettre en cause, questionner et ainsi se forger une opinion propre ?
Il faut, donc, tous, parents, lycéens, enseignants, soutenir, amplifier les mobilisations et les luttes en cours. Toute cette politique est inacceptable, et, pour faire reculer le gouvernement, seule l’unité des personnels et de leurs organisations syndicale est indispensable. Personne ne gagnera seul.
Plus que jamais aujourd’hui le “tous ensemble” est une réalité. SUD éducation Réunion le répète : pour avoir le rapport de force nécessaire, il faut construire un réel mouvement unitaire, inter-catégoriel.
SUD EDUCATION REUNION
Courrier des lecteurs
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