Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Nouveau constat alarmant des Nations Unies
25 juin 2004

La ’spirale de la mort’ causée par la convergence du VIH/SIDA, de l’insécurité alimentaire, l’épuisement des ressources humaines affaiblit considérablement l’Afrique australe, a estimé l’émissaire des Nations unies et dirigeant du Programme alimentaire mondial, James Morris. Une conséquence révélatrice : ’le nombre sans précédent d’orphelins’ dans des pays qui ont les taux d’infection au VIH les plus élevés du monde.
Émissaire spécial du secrétaire général de l’ONU pour les besoins humanitaires en Afrique australe, James Moris a passé une semaine à visiter le Malawi, le Mozambique, le Swaziland et la Namibie. Son constat est dramatique. Il a déclaré que le nombre d’agents de santé, d’enseignants et d’autres professionnels qualifiés qui succombent au VIH/SIDA entraîne "un vide véritablement important au niveau des ressources humaines dans les sociétés de la région". "C’est une tragédie sans précédent qui détruit les capacités des pays à faire face efficacement à la pandémie et à l’insécurité alimentaire", a souligné James Morris. L’objectif de sa visite est de trouver comment le système des Nations unies et la communauté internationale peuvent renforcer leur assistance aux populations les plus vulnérables de la région en luttant contre les effets de l’insécurité alimentaire, du VIH/SIDA et de l’épuisement des ressources humaines causé par la pandémie. "Il est impossible de juguler cette crise si des gens ne sont pas sur le terrain pour mettre en œuvre des programmes efficaces ou s’occuper des malades et des mourants ou prendre en charge le nombre sans précédent d’orphelins et d’autres groupes vulnérables", a-t-il indiqué. "Nous devons", a-t-il ajouté, "mettre en commun nos ressources collectives et intensifier nos actions pour aider les gens dans leur bataille pour contenir le virus".
Selon l’émissaire des Nations unies, dans tous les pays visités, des facteurs tels que des infrastructures et des services déjà affaiblis ont aussi été affectés par la pauvreté croissante, la disparité accrue dans la répartition des richesses, l’absence de priorités gouvernementales et le non-accès des femmes aux ressources productives telles que les semences, la terre et les engrais. Ces facteurs, a souligné James Morris, ont aussi réduit les capacités des populations à faire face à cette crise.
L’Afrique australe a les taux d’infection au VIH les plus élevés du monde, avec déjà 11 millions d’orphelins, un nombre qui devrait dépasser les 20 millions d’ici à la fin de la décennie. On rapporte que le Malawi compte 937.000 orphelins du VIH/SIDA et que ce pays perd un nombre alarmant d’enseignants par an à cause de la pandémie. Environ 370.000 des 1,3 million d’orphelins du Mozambique ont perdu l’un de leurs parents ou les deux à cause du SIDA, et on s’attend à ce qu’il y ait près de 1,8 million d’orphelins d’ici à 2010, dont plus de la moitié aura perdu un de leurs parents ou les deux du fait de la maladie. Quelque 20.000 personnes ont besoin de soins au Swaziland, alors que près de la moitié des admissions à l’hôpital sont liées au VIH/SIDA, selon l’ONU. La pandémie a déjà fait 60.000 orphelins. En Namibie, elle est devenue la principale cause de mortalité avec près d’un quart de million d’adultes et d’enfants infectés par le VIH, dont 22% de femmes enceintes qui reçoivent des soins prénataux.
"Il y a plusieurs facteurs en jeu, mais le résultat final est que les gens meurent à un taux effarant et que les victimes de la pandémie ne reçoivent pas l’aide dont elles ont besoin", a souligné James Morris. "Si un Boeing 747 s’écrasait toutes les heures, il y aurait un tollé international. C’est le bilan auquel nous sommes confrontés par le VIH/SIDA, mais le tollé collectif est inadéquat", a estimé James Morris. Le fonctionnaire onusien a indiqué que l’ONU a commencé à déployer des volontaires qualifiés à travers la région pour aider à soutenir les infrastructures et les services gouvernementaux.
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