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7 janvier 2008
Le prix du baril du pétrole a atteint le 2 janvier 2008 les 100 dollars. La principale raison évoquée par les experts est la forte demande en pétrole alors que l’offre est limitée. En effet, la production est actuellement de 84.64 millions de barils par jour, tandis que la consommation est de 85.7 millions par jour. Ce déficit devrait s’aggraver dans les années à venir. Au niveau mondial, la consommation de pétrole a augmenté de 30% depuis 1990 selon l’Union Française des Industries Pétrolières. Par conséquent, le prix du baril brut a augmenté de 58% en un an alors qu’en 2002, il était de 25 dollars (voir graphique).
La recherche d’une voie alternative au pétrole s’impose de nos jours. Le salut passe par le développement des énergies renouvelables. Le solaire, la géothermie ou l’éolien permettraient de résoudre une partie du problème.
Rappelons qu’à La Réunion, l’électricité (25% de l’énergie consommée) est produite à 43% par des moyens renouvelables (30% par l’eau, 12% par la bagasse et 1% par le solaire et l’éolien) contre 57% par des combustibles fossiles. L’objectif est de porter la production d’électricité indépendante des combustibles fossiles à 100% dans les années à venir.
Les carburants représentent aujourd’hui 75% de notre consommation d’énergie. Économiser du carburant passe par le développement de transports collectifs tels que le tram-train.
L’accroissement de la demande issue de marchés à très forte croissance comme la Chine (la consommation de pétrole a doublé en 10 ans) ou l’Inde se traduit notamment par une augmentation du nombre de véhicules. De 1995 à 2005, cette augmentation a été environ trois fois plus rapide que la croissance de la population. Cette pression ne se limite pas aux transports mais aussi aux produits manufacturés et aux emballages qui exploitent massivement le plastique, issu du pétrole.
Actuellement, on parle beaucoup du pouvoir d’achat : c’est donc l’occasion d’agir. Le baril à 100 dollars, on l’annonçait depuis un moment. Selon les experts, le prix de baril pourrait atteindre les 200 dollars dans les cinq prochaines années. La montée en flèche du prix pétrolier a un impact sérieux sur l’économie. Elle augmente notamment le coût de production et de transport.
Sortir du pétrole implique un changement radical de notre mode de produire, de consommer et des changements profonds dans nos habitudes au quotidien.
Dans le secteur du bâtiment, le respect des normes HQE (Haute Qualité Environnementale) dans toutes les constructions est une manière de faire des économies d’énergie. Par l’isolation et en valorisant le flux du soleil dans l’orientation du bâtiment, une maison peut consommer 10 fois moins d’énergie. Les besoins peuvent aussi être remplis par les énergies renouvelables de façon à ce que la maison soit totalement autonome et même produire plus d’énergie pour pouvoir la vendre aux réseaux de distribution.
On a aujourd’hui le sentiment que la Chine et l’Inde vont plus vite que les pays riches dans le développement des énergies renouvelables. Une éco-ville est en construction actuellement en Chine près de Shanghai. Elle servira de test afin de l’étendre sur l’ensemble de territoire.
La première voiture à air comprimé devrait sortir des usines australiennes au second semestre 2008. Ce procédé faisait rire, il y a quelques années tout le monde et notamment les constructeurs européens qui ont refusé le projet. Ainsi les Français Guy Nègre et Louis Arnoux, dirigeants de MDI-Energy, sont les inventeurs de la voiture à air comprimé. Après avoir fait la démonstration de la viabilité de leurs projets auprès des officiels Australiens, ils ont réussi à lancer la fabrication de leur voiture (notre photo). D’après les médias australiens, le lien de MDI avec l’industriel Tata qui dispose d’infrastructures en Australie auraient grandement facilité le projet et sa faisabilité. Rappelons que Tata est le numéro 1 Indien sur le marché des véhicules commerciaux et le second constructeur indien de véhicules particuliers. Tata se classe au cinquième niveau mondial des constructeurs de camions de poids moyens et lourds et le second plus gros constructeur d’autobus dans le monde.
Cette voiture a une vitesse de pointe de 110 km/h et une autonomie de 150 kms quand elle fonctionne à air comprimé. Elle se recharge sur pompe spéciale ou avec les systèmes de gonflage pneumatiques dans les stations-services. Elle peut également fonctionner avec un mélange air/carburant. Attendue aux alentours de 5 400 euros, elle va générer 7 000 emplois en Australie. La production doit également débuter en Inde fin 2008.
Il apparaît aujourd’hui indispensable de faire du “PIB propre” pour la survie de l’humanité. L’environnement et les ressources de la planète sont gravement dégradés. Alors changeons !
Risham Badroudine
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