Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
21 août 2007

A la veille de cette rentrée scolaire primaire et secondaire, il est bon de rappeler à nos jeunes la vie courte de Thérésien-Louis Cadet : un homme exceptionnel. Je l’ai rencontré pour la première fois à la DRAC de La Réunion (Direction Régionale des Affaires Culturelles), Ministère de la Culture. J’étais en admiration devant cet homme. Devant sa passion, sa fougue, sa détermination de réussir tout ce qu’il entreprenait. S’il était vivant, il aurait aujourd’hui 70 ans.
« Fils de Louis-Edgar Cadet et de Marie-Andréa Bègue, Louis-Thérésien Cadet est né aux Avirons le 21 juin 1937. Il grandit dans une modeste famille du Tévelave et se révèle exceptionnellement brillant. Elève-maître à l’Ecole Normale à l’âge de 16 ans, il se destinait, modestement, à la carrière d’instituteur. Ses professeurs l’encouragèrent à être plus ambitieux. Après le Baccalauréat, il fit la classe préparatoire scientifique au lycée Chaptal à Paris. Il passa l’agrégation des sciences naturelles en 1964.
Il retourna à La Réunion et enseigna à l’Ecole Normale de Saint-Denis. Dès 1962, il mit en place l’embryon d’un enseignement supérieur scientifique à La Réunion, une antenne locale de la Faculté des sciences de l’Université de Marseille. Thérésien Cadet y dispensa des cours de biologie végétale et de biologie animale. Il prit aussi la Direction du Centre de formation des professeurs de collège. De 1963 à septembre 1964, il assuma la gestion du Muséum d’Histoire Naturelle à Saint-Denis. En 1966, il intégra le Centre d’enseignement supérieur scientifique, préfiguration de l’Université de La Réunion, comme assistant. Il créa de toutes pièces un laboratoire de biologie végétale et commença les travaux sur la flore des Mascareignes. Il parcouru l’île et fit des prospections à Maurice, à Rodrigues et à Madagascar. Il élabora le premier herbier de référence de la zone Océan Indien, qui rassemblera plus de 7.000 échantillons. Ce fut une énorme entreprise menée avec les plus grands organismes scientifiques du monde : le Royal botanical garden de Kew (Grande-Bretagne), le Bailey hortorium de l’Université de Cornell aux Etats-Unis, l’Institut für botanik de Darmstadt en Allemagne... Il soutint avec succès sa thèse de Doctorat d’Etat en 1977 sur l’étude phytoécologique et phytosociologique de la forêt réunionnaise à l’Université d’Aix-Marseille III. Pour Thérésien, ce n’était pas un aboutissement, et il se remit à l’œuvre.
Direction de l’UER Sciences de 1977 à 1980 à l’Université de La Réunion, membre fondateur de la Société réunionnaise d’étude et de protection de la nature (SREPEN), Thérésien Cadet accumula les responsabilités et ne compta pas son temps. Professeur d’université en 1981, officier des palmes académiques, il publia des articles dans des revues internationales spécialisées sur la flore originale indocéanique.
Il meurt foudroyé par une crise cardiaque, le lundi 2 février 1987. Une stèle en bois de natte perpétuant sa mémoire dans la forêt de Mare-Longue à Saint-Philippe est dévoilée en septembre 1993 par sa femme Jeanine, qui fut également sa collaboratrice.
Cette initiative de la Société des amis de Thérésien Cadet est un hommage rendu, au pied d’un bois de pomme centenaire, à celui qui consacra sa vie à l’étude de la végétation de La Réunion ».
C’est un Réunionnais exceptionnel. Il a consacré sa vie à la recherche pour faire connaître à ses compatriotes la végétation, par là même la flore de La Réunion. Il est bon que nos enfants apprennent les grands hommes qui ont marqué la vie de notre pays.
Un moyen pour ne pas oublier : il est né en 1937, il nous a quittés en 1987, sinon il aurait eu 70 ans en... 2007 ! Que de 7 ! En numérologie, le 7 représente bien des choses, aussi bien dans les traditions que dans les religions et leurs livres, ne serait-ce que les sept dons ou charismes. Thérésien Cadet, lui, avait tous les charismes. Personne ne pourrait le contredire.
Bibliographie : “La Végétation de l’île de La Réunion”, 1980.
Source : Jacque Figier in Contact (publication de l’Université de La Réunion) Le CLIP.
Marc Kichenapanaïdou
Président du G.R.A.H.TER (Groupe de Recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la Terre Réunionnaise)
Email : [email protected]
Courrier des lecteurs
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Messages
12 septembre 2007, 15:28, par Lisette
J’ai été étudiante en section biologie végétale à l’université de la Réunion entre 1970 et 1974. J’ai eu la chance d’avoir un professeur passionné qui nous a conduits dans les forêts et sites exceptionnels de la Réunion, afin de nous apprendre une infime partie de son savoir, et cela, dans la plus grande simplicité. Nous étions déjà conscients de la valeur de thérésien Cadet, et nous avions compris que c’était un "personnage".
Aujourd’hui, je suis une humble enseignante (PEGC de Sciences de la vie et de la Terre, et de sciences physiques), et je me réfère toujours à ce que j’ai appris aux cours de biologie de l’époque et, comme beaucoup, je suis très fière de ce compatriote réunionnais.
Je dois dire que c’est toujours avec beaucoup d’émotion que je pense à notre prof disparu trop vite.
Lisette