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Aggravation de la situation des chômeurs de longue durée
29 juillet 2011
Pôle emploi vient de publier les derniers chiffres du chômage à La Réunion. Le nombre de demandeurs d’emploi dépasse toujours 147.000. Celui des chômeurs de longue durée ne cesse de croître, 1.050 de plus au mois de juin.

Comparaison des demandes d’emploi à La Réunion et en France. Dans notre île, la hausse sur un an est deux fois plus importante, alors que le taux de chômage est déjà plus de deux fois plus grand qu’en France.
Sur le front de l’emploi, la situation est toujours aussi désastreuse dans notre île. Si le nombre de demandeurs d’emploi se stabilise pour la première fois depuis bien longtemps, il reste au-dessus de 147.000. Le nombre des chômeurs de longue durée a connu pour sa part une augmentation de plus de 1.000 personnes en juin dernier, pour une hausse annuelle de 22%.
Quant à l’évolution annuelle du nombre de demandeurs d’emploi, elle augmente deux fois plus vite qu’en France alors que dans notre île, le taux de chômage est déjà plus de deux fois supérieur à celui de la France.
Entre juin 2010 et juin 2011, le nombre total de demandeurs d’emploi a progressé de 8,3%, contre 3,2% en France. Au regard de la hausse considérable du nombre de chômeurs de longue durée, cette statistique montre que non seulement le chômage s’accroît, mais qu’en plus la durée de la privation de travail augmente.
Résultat de la casse des projets
Force est de constater que l’aggravation de la pénurie d’emploi s’est nettement accélérée depuis le début 2008. Cela a coïncidé avec plusieurs phénomènes. C’est à partir de là que le secteur du BTP a commencé à ressentir le contre-coup du plan de démolition des projets lancés par Didier Robert alors maire du Tampon. L’abandon de la Rocade Sud allait donner le signal, et d’autres élus se sont engouffrés dans cette brèche. L’arrêt du Pôle océan et du Zénith allaient priver notre île de plus de 150 millions d’euros d’investissements.
2008, c’est aussi l’année choisie par le gouvernement pour œuvrer à la remise en cause de l’engagement de l’État dans le logement. En 2008, notre pays était encore capable de construire plus de 10.000 logements par an, sur la base d’une règle définie en 2002 et devant donner une visibilité de 15 ans aux investisseurs. En 2008, le gouvernement présente un projet dont personne ne veut, car il remet en cause cette dynamique.
Puis en 2010, ce projet entre en application. Le résultat ne se fait pas attendre. Le BTP s’effondre et perd plus de 10.000 emplois, et la production de logement chute de plus de la moitié.
À cela s’ajoute la casse des grands chantiers que sont le tram-train, la nouvelle route du littoral, la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, les énergies renouvelables. Par ses décisions, l’UMP arrivé à la direction de la Région en mars 2010 grâce à la tête de liste PS coupe toute possibilité de relance à notre économie.
Aucune réponse du gouvernement
La récente visite dans notre île du secrétaire d’État en charge du Logement n’a pas rassuré toutes les victimes de cette crise provoquée par des décisions politiques.
Face à cette situation, aucune perspective de redressement n’a été affichée. Le discours d’autosatisfaction construit sur la lecture des mises en chantier de logements sociaux s’effondre. La hausse quasi-continue du nombre de demandeurs d’emploi à La Réunion depuis trois ans, c’est le résultat d’une politique. Et en transformant les visites ministérielles en tournées électorales de dirigeants UMP, le gouvernement souligne qu’il ne compte pas en changer.
Manuel Marchal
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