Musique
Concert exceptionnel de Youri Buanaventura à La Ravine Saint-Leu
10 novembre 2003
Deux heures trente avec Youri Buonaventura, c’est deux heures trente de rythmes latinos, deux heures trente de musique cuivrée et de percussions endiablées, deux heures trente d’ambiance qui feraient même danser un spectateur dont "lo rin la dékloké".
Youri Buanaventura, qui a pris le nom de son île natale dans le Pacifique, au large de la Colombie, c’est Monsieur 20.000 volts. Il est magnifiquement soutenu par deux formidables choristes (masculins) qui exécutent une chorégraphie chaloupée, percutante ; par une section cuivres omniprésente (deux trompettes, deux trombones, un saxo baryton) ; par des percussions étourdissantes ; par un clavier et une basse hors-pair.
Et puis l’homme a des références qui sonnent justes à nos oreilles. Il chante Patrice Lumumba, Martin Luther King et Pablo Neruda. Il refuse que l’on qualifie la salsa, de danse pour se "brancher", parce que l’on doit respecter les femmes.
L’artiste parle aussi de l’esclavage, qui a amené à la Colombie sa part africaine, métissée aujourd’hui avec celle les Indiens d’Amérique. Il célèbre les coupeurs de cannes, qui arrosent de leur sueur le sucre si doux à notre palais. Il honore son drapeau, brandi fièrement dans une de ses chansons. En même temps, sa musique est une intense fusion et fait montre d’une ouverture exemplaire envers l’Autre.
La salsa fait chalouper la foule, dans un décor où les lumières jouent avec "la line o plin" ; la rumba la fait onduler et le tango la rend tendrement martiale. Et le "Ne me quitte pas" de Jacques Brel qu’il a revisité nous apparaît complètement dépoussiéré. Il donne de la puissance, du rythme à cette chanson culte de la génération des quinquagénaires. Même le morceau de Michel Fugain qu’il interprète apparaît plus rythmé.
23 heures 15, Youri Buenaventura sort de scène. « Ne nous quitte pas », crient les spectateurs. Il part. Mais sa musique et ses paroles continuent à tinter dans nos oreilles. Salsa mounoir !
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