Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Festival international du film d’Afrique et des îles
10 octobre 2007

La soirée du mardi 9 (hier) était centrée sur une rencontre avec Kal Touré, un jeune réalisateur franco-malien, aussi remarqué pour son engagement pour le cinéma que pour les causes humanitaires et politiques qu’il embrasse. Le film présent dans le FIFAI 2007 est son dernier documentaire, un film “de combat” intitulé “Victime de nos richesses, pays pillés très endettés”, qui sera de nouveau au programme dimanche 14 à 14h au Hangar, en projection gratuite, et qu’il serait presque coupable de ne pas aller voir, dans le contexte de débat politique aigu que nous connaissons sur les migrations, les inégalités et déséquilibres entre le Nord et le Sud et les chocs culturels qui en résultent. Tal Kouré y donne la parole à de jeunes Africains ayant risqué l’exil.
Un an après les événements dramatiques qui se sont déroulés en septembre 2005 aux abords des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, au Nord du Maroc, de jeunes Africains ont témoigné de leurs tentatives malheureuses de passage en exil. Ils sont paysans, producteurs de coton au Mali et parlent de leurs conditions de survie dans leur pays. En contrepoint, des acteurs de la société civile - l’historien burkinabé Joseph Kizerbo, l’essayiste malienne Aminata D. Traoré, José Bové pour “Via campesina”... entre autres - donnent leur éclairage sur cette émigration sacrifice, que les Etats européens criminalisent.
Ce thème de l’exil est très présent dans les films du programme. On le retrouve dans le récit de Laura Muscardin, une fiction de 90 minutes co-produite par l’Italie et le Sénégal, qui sera de nouveau au programme vendredi 12 à 16h30 au Cinéma Casino du Port. “Billo il grande Dakhaar” raconte de façon légère et drôle la “double vie” d’un jeune Sénégalais parti faire fortune en Italie. Si dans cette fiction, la rencontre des cultures est prétexte à des scènes cocasses, la toile de fond est celle qui traverse la plupart des histoires africaines.
Et la chose passionnante dans ce Festival est la diversité de ton avec laquelle ce drame est abordé. Avec “Juju Factory”, qui sera au programme, au Casino, vendredi 12 à 21h et dimanche 14 à 18h30, le réalisateur belgo-congolais Bakufu Bakuba Kanyinda traite de la création en exil.
Une grande liberté d’initiative caractérise le jeune cinéma africain dans les thèmes présentés par les films du FIFAI 2007 : bien sûr, les conditions de vie d’exil et les diasporas africaines, mais aussi le rapport aux pouvoirs, aux racismes et à l’exploitation...
Même si la seule lecture du programme ne suffit pas, parfois, à savoir de quoi traite un film, il ne faut pas hésiter à partir à la découverte. La déception n’est pas au programme ! Chaque journée apporte son lot de découverte, et pour peu qu’on s’y prenne un peu à l’avance, il est possible de voir un grand nombre de films en tenant compte de leur double programmation.
Bonnes découvertes !
P. D.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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