12 septembre 2006
Il y a plein d’enseignements à tirer de la victoire remportée par les travailleurs de l’usine sucrière de Bois-Rouge après sept jours de grève. Nous en retiendrons trois.
D’abord, elle montre une fois de plus que l’union et la détermination des travailleurs sont toujours payantes quand ils se battent pour des revendications justes. Elles finissent par imposer le respect du dialogue social. Mais que de temps et d’énergie perdus ! Les usiniers ont fini par accorder aux travailleurs ce qu’ils ont d’abord refusé lorsqu’ils ont signé un accord avec des syndicats minoritaires bien avant la coupe, et ce dont ils ont refusé de discuter pendant près d’une semaine de grève. Voilà comment naissent les conflits...
Ensuite, il y a eu bien pire que la perte de temps : ce sont les pertes de revenus imposées par la direction de l’usine aux planteurs du fait de son refus d’écouter les revendications des ouvriers. Des cannes qui vont rester à terre, une richesse en sucre diminuée : qui va compenser les pertes des planteurs pénalisés ?
Cela démontre que malgré la convention canne signée pour 9 ans, les planteurs sont plus que jamais à la merci des usiniers qui, eux, quelle que soit la tournure de la campagne sucrière, ont leurs revenus assurés. La semaine de blocage de la coupe ne les a manifestement pas gênés...
Enfin, il faut souligner la portée que peut avoir cette victoire en ce qui concerne le problème de l’emploi à La Réunion. Les grévistes de Bois-Rouge ont obtenu un dispositif particulier accordant la priorité aux travailleurs saisonniers pour les emplois pérennes créés à l’usine.
Encore un dispositif particulier pour diminuer la précarité des emplois ? C’est bien la preuve que cela est possible...
L. B.
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