25 février 2008
Si nous avons une conscience indianocéanienne et solidaire, nous ne pouvons qu’être angoissés en pensant à ce qui peut se produire prochainement dans l’archipel des Comores. Va-t-on vers un bain de sang dans notre région ?
On parle de plus en plus d’une intervention militaire de l’État comorien sur l’île d’Anjouan afin de faire respecter la Constitution de l’Union des Comores par un chef politique de cette île. Celui-ci est accusé à la fois par l’État fédéral comorien et par l’Union africaine de violation des principes démocratiques et des institutions comoriennes.
En tant que Réunionnais, nous n’avons pas à nous immiscer dans les affaires du peuple comorien et encore moins à aviver les contradictions entre Comoriens. C’est un peuple frère, auquel nous devons apporter toute notre solidarité en concertation avec ses représentants.
Le 16 février dernier, dans “Témoignages”, le ministre comorien de la Fonction publique, de l’emploi et du développement institutionnel s’exprimait dans le même sens. Et Saandi Assoumani notait qu’il faut être conscient des « risques inhérents à une opération militaire ».
Le ministre soulignait qu’il ne s’agit pas d’« un litige entre Anjouan et les autres îles » mais « d’une tentative de dissidence d’une partie du territoire contre l’État ». Peut-on au passage éluder la responsabilité de l’État français dans ces tensions, lui qui a coupé une des quatre îles de l’archipel des Comores en 1975 en violant les règles internationales ?
Aujourd’hui, la force va-t-elle primer sur la recherche d’une solution négociée ? Comment va-t-on éviter un bain de sang à côté de nous ?
L. B.
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