Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
’Maraina’ samedi à 20h00 à Saint-Paul
29 octobre 2009

Vous êtes invités(es) le samedi 31 octobre à 20h00 à une representation grand public de Maraina au parking Eugène Dayot face au marché forain. Présentation de cet opera.
"Opéra contemporain, Maraina veut éviter la reconstitution historique et l’exotisme créole du XVIIème siècle en exposant une vision moderne du mythe des origines. La notion d’Éden et d’île déserte a de nos jours une référence au Club Méditerranée ou aux émissions de télé réalité type Koh Lanta, île de la Tentation, Opération séduction, etc. Les acteurs évoluent donc en costumes modernes (vêtements légers et très colorés Pardon 1). Avec des clins d’oeil au cinéma ou à la télévision tels le Lieutenant Général Montaubon, habillé comme un riche texan, ou Kergadio, en chef des vigiles. Avec des clins d’oeil à l’antiracisme quand le choeur des colons est métissé et leur chef Montaubon, un noir martiniquais. Le décor est impersonnel et artificiel, les tropiques sont simplement suggérés par un palmier stylisé. Il y a deux lieux, celui du bord de mer, l’Anse Saint Paul et celui des Hauts, le Camp Bibas. Le passage de l’un à l’autre s’effectue à vue, sans entracte ou fermeture de rideaux grâce à des éléments scénographiques transformables.
Le décor comporte en fond un espace aquatique où évoluent les chanteurs et les choeurs. Le fond de scène est un écran géant, où sont projetés des paysages vivants réunionnais, la plage de Saint Paul, la cascade de Niagara à Sainte Suzanne. Les images sont légèrement ralenties, colorisées et parfois incrustées lors d’arias d’envols d’oiseaux, de pétales de fleurs, de tourbillons d’insectes.
Jean Luc Trulès, compositeur et chef d’orchestre
Maraina, est une composition que l’on peut qualifier de musique métissée puisque qu’elle marie musique symphonique occidentale et musique populaire de l’océan Indien, voix lyriques et ethniques, instruments classiques et instruments traditionnels. Elle surgit spontanée et sauvage et explore des atmosphères, des territoires étrangers, des relations tonales inattendues. Elle s’inspire des rythmes traditionnels de l’océan Indien, souvent ternaires et de ses modes d’origine arabe remarquables dans le sud est malgache. Elle cherche l’expression, tente alternativement de représenter un peuple, des croyances, des combats, la prise de pouvoir d’un personnage sur l’autre. S’y côtoient harmonie classique, jazz, harmonie archaïque en quarte ou quinte, des clusters dissonants, des polyrythmies complexes et du rythme tribal. Les voix lyriques répondent aux voix traditionnelles mais un espace de liberté subsiste : un mariage de rythmes libres, d’improvisation lors de la fête "Avisahay" notamment. Les situations dramatiques utilisent la rupture, les changements de tempo, d’autres, à l’inverse reposent sur une rythmique stable, où les solistes jouent des mises en place acrobatiques. La musique s’approprie ces différentes influences, ces accentuations et ces phrasés si spécifiques pour que ces univers communiquent et forme une composition originale. Le rythme joue un rôle déterminant, avec la présence de percussions traditionnelles. La matière musicale frappée, violente parfois, rythmée, stable et dansante pour la cérémonie du "mariage vao" devient tribale dans les moments de crise, campe des paysages sonores ou ponctue les effets de masse. La mélodie naît de la projection spontanée du texte à haute voix. Le texte dicte sa loi, par le sens et le rythme des mots. La pensée mélodique qui conduit l’ensemble de la musique est modale, parfois orientale. Elle est soutenue par une harmonie qui vient animer l’action, apaiser ou opposer les protagonistes. Elle reste servante de la mélodie. Surviennent quelques dérapages vers les notes étrangères, des modulations inattendues dans les moments de grands troubles.
L’écriture de la musique et direction de l’orchestre : Jean Luc Trulès. Écriture du livret et mise en scène : Emmanuel Genvrin. Scénographie et images vidéo : Hervé Mazelin. Costumes : vêtements Pardon ! Térésa Small. Construction des décors : ateliers de 1 ’ODC / ateliers de Vitry. Technicien plateau : Thierry Lesauvage/technicien vidéo. Philippe Letellier. Chef de choeur : Bernard Thomas.
Un long métrage documentaire 90’ (Latérit Production, réalisation César et MarieClémence Paes) est en préparation. À la suite de prises de vue à La Réunion les réalisateurs ont accompagné ce retour aux sources malgaches puis l’arrivée du projet en région parisienne. Les représentations seront associées à la diffusion du film en avant première".
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