Emploi - Insertion par l’activité économique

Un sas vers l’emploi durable

2 juillet 2008

Elles étaient des personnes en difficulté, sans emploi, embourbées dans une situation sociale particulière. Chômeurs de longue durée, bénéficiaires des minima sociaux, jeunes sans qualification retrouvent un peu d’espoir grâce au programme d’Insertion par l’Activité Économique (IAE). Chaque année, les structures de l’IAE emploient quelque 5.000 Réunionnais, dont 800 qui s’insèrent durablement.

Il existe plusieurs acteurs du secteur IAE, véritable composante du secteur de l’économie sociale et solidaire. Ce sont soit des associations, soit des entreprises. « Dans l’IAE, des structures commercialisent des biens et des services, alors que d’autres exercent des activités d’utilité sociale. Il s’agit des Associations Intermédiaires (AI), des Entreprises d’Insertion (EI), des Entreprises de Travail Temporaire d’Insertion (ETTI) et des structures conventionnées pour le portage des Ateliers Chantiers d’Insertion (ACI) », apprenait-on lors de la matinée de l’Insertion économique à La Réunion, organisée au campus du Moufia.
Certes le secteur est de moindre taille par rapport aux politiques publiques. A la mi-2008, notre île compte 17 entreprises d’insertion en activité, dont 2 sont régies de quartiers, 4 entreprises de travail temporaire d’insertion, 4 associations intermédiaires dont 3 portent aussi des ateliers chantiers d’insertion. L’IAE s’applique à des domaines d’activités aussi divers que le nettoyage industriel, des espaces verts, mais aussi le BTP, le commerce, l’industrie. La répartition géographique des structures est inégale, en fonction de la répartition des activités économiques. En 2007, le CNASEA versait, pour le compte de la Direction du Travail, 2 millions 700.000 euros pour le financement de ces structures de l’IAE. Toutefois, d’autres administrations de l’Etat, les collectivités territoriales, apportent leur soutien aux organismes de l’IAE. Il y a tellement à faire pour baisser le taux de chômage réunionnais !

Se laisser convaincre !

Qui connaît le chômage se félicite de pouvoir profiter de l’encadrement technique et l’accompagnement socioprofessionnel individualisé qu’apportent les acteurs de l’IAE. Chaque année, les structures de l’IAE emploient quelque 5.000 Réunionnais, dont 800 qui s’insèrent durablement. C’est un bilan notable, même s’il faut nuancer tout cela. « Globalement, les résultats en termes d’insertion des structures réunionnaises sont supérieurs aux objectifs nationaux de taux d’insertion visés (20% pour les ACI, 30% pour les EI, 40% pour les ETTI et les AI). Cependant, les résultats doivent être nuancés, car ils peuvent fortement varier d’une année à l’autre, en fonction de la conjoncture économique et du type de structure », nous explique-t-on. Tout acteur économique peut initier une action d’insertion par l’activité économique. Faciliter l’insertion professionnelle des publics en difficulté est possible. Après une préparation au sein des structures de l’IAE, le futur salarié est à même de persévérer dans l’emploi. Ceux qui ne sont pas convaincus peuvent se munir d’un guide "Entreprises et insertion, collaborer et coproduire sur le territoire", édité notamment par le MEDEF, le Comité national des entreprises d’insertion, le réseau des groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification. C’est un recueil de témoignages de chefs d’entreprises qui ont collaboré avec des structures de l’IAE. 18 types de collaborations ont été identifiés, du recrutement à la sous-traitance en passant par la réponse commune à des appels d’offres ou à l’investissement d’entreprises dans le capital d’entreprises d’insertion. Facile à faire !

Et demain ...

Le Grenelle de l’Insertion avait abouti sur des pistes pour moderniser et soutenir l’insertion par l’activité économique. Du moins, le rapport final, et la feuille de route du Grenelle de l’Insertion, adoptée en mai 2008, évoquent des pistes, en pointent comme objectif la stabilisation du dispositif de l’IAE, tout en lui donnant une visibilité sur une période pluriannuelle. C’est en quelque sorte passer à la vitesse supérieure. Le cadre du dialogue de gestion avec les structures de l’IAE sera réformé et simplifié. Le financement des structures devrait, après évaluation, être harmonisé sous forme d’aide au poste modulable encadrée. L’harmonisation des financements ne sera pas immédiate, car une expérimentation devrait avoir lieu en 2009. Quelques modifications de taille se feront sentir. Par exemple, il est possible que l’on ne fasse plus appel à des emplois aidés pour les ACI. On entend déjà parler d’un Contrat à durée déterminée d’insertion. Aller plus loin, c’est faire en sorte que le “i” d’insertion, devienne un “i” signifiant Indéterminée. Espérons que cela permettra à plusieurs Réunionnais(e)s d’être rassuré(e)s par un bon CDI ...

Bbj

Luttes pour l’emploi

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