Une sixième république ? Oui, mais incarnée, que diable !

30 mars 2007

Dès son entrée en campagne, elle avait créé la surprise, de tous côtés, à droite comme à gauche, par ses déclarations novatrices sur la « démocratie participative » et les « jurys citoyens », alors que ces formules s’inspirent de l’esprit même de la République, prise dans son sens originel “Res-publica”, l’affaire publique de tous. Et un mois à peine avant le scrutin, la voilà qui franchit une nouvelle étape en annonçant la création d’une 6ème République si elle était élue présidente. Elle proclame ainsi la rupture avec la qualité peu républicaine de notre république française actuelle et dénonce du même coup l’insuffisance radicale de la démocratie représentative.
« Cette République nouvelle (...) ancrée sur ses traditions mais en même temps tournée vers le futur, ancrée sur ses territoires, farouchement accrochée à ses identités et à ses diversités, et en même temps ayant la capacité d’inventer la France qui se relève, alors oui, ce sera notre VI e République (...), et c’est celle-ci que nous construirons ensemble », a-t-elle lancé aux devant les 4.000 “socialistes et républicains” réunis à la Porte de Versailles à Paris. Cette sixième République devant s’appuyer sur « quatre piliers » : une démocratie parlementaire, une démocratie sociale, une démocratie participative et une démocratie territoriale, pour mettre fin à une « véritable crise de régime » selon le mot de François Hollande qui se caractérise principalement par une « confusion dans l’exécutif », une « irresponsabilité des gouvernants », un « affaiblissement du Parlement », le tout aboutissant à une « représentation déformée de la réalité politique ». Du même mouvement, elle rejoint Laurent Fabius quand il évoque « l’urgence à redonner une espérance démocratique à la France en replaçant le citoyen au cœur de la vie publique » et Arnaud de Montebourg quand il parle de « permettre aux citoyens d’imprimer leur marque sur les choix politiques qui deviendraient les leurs » et de l’obligation faite aux pouvoirs de « rendre des comptes »
Mais au-delà des mots, donnons maintenant un contenu de pensée, d’affectivité, d’amitié, d’enthousiasme, d’imagination créatrice, d’acte à ce désir d’innovation politique. Sinon nous restons dans la caricature de la parole agissante : le verbiage, la logomachie, la logorrhée...qui dissolvent le Verbe créateur dans le chiffre roi de l’économie mercantile.

Georges Benne et Jean Cardonnel


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Témoignages - 82e année


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