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4.000 emplois supprimés depuis le début de l’année
3 juillet 2009
L’activité du BTP ne redémarre pas. Pas suffisamment pour éviter la perte de milliers d’emplois. Le Président de La Région a proposé à l’ensemble des acteurs de la cellule du BTP d’interpeller le Premier ministre dans une semaine, lors de sa visite.
Nouvelle réunion de la cellule du BTP et de l’ensemble des donneurs d’ordre à la Région hier. Depuis le début de l’année, le BTP a déja perdu 4.000 emplois, soit l’équivalent de 400.000 emplois en métropole, faisait remarquer un intervenant. En 2008, les acteurs du BTP avait estimé à 10.000 la perte d’emplois sur les 24. 000 du secteur.
Les prévisions sont mauvaises. En cause, la baisse d’activité avec la fin de la défiscalisation pour le logement privé, le retard des grands chantiers et la crise économique. On parlait hier licenciement, chômage partiel, perte de confiance, baisse et retard de la commande publique. Rien de bien rassurant.
Mais Paul Vergès, après avoir écouté chaque intervenant, a invité à voir au-delà de cette crise économique : 200.000 habitants de plus dans 15 ans, 20.000 personnes en plus sur le marché du travail d’ici 2013, des incertitudes sur le statut de RUP, sur les APE, etc. « Nous ne sommes pas au bout de nos efforts », a t-il affirmé. C’est pourquoi le Président de la Région a proposé à tous les acteurs de profiter de deux occasions : la visite du premier ministre le 9 juillet, et celle sans doute du Président avant la fin de l’année pour adresser les « requêtes du BTP, secteur clé de la création d’emplois et de valeur ajoutée ». La Réunion doit dès maintenant anticiper les 1 million d’habitants, construire les logements et aménager le territoire.
Le plan de relance est insuffisant. La Région, par exemple, « premier investisseur de l’île », réserve 60% de son budget en 2009. Soit 1.000 euros par habitant, souligne le Président Paul Vergès, alors que la moyenne nationale s’élève à 401 euros par habitant. Pour 2009, ce sont 466 millions d’euros d’investissement que prévoit la Région. Mais un grand projet comme la tram-train a pris du retard.
Les communes ont annoncé beaucoup de projets mais tardent également à les mettre en oeuvre. Certaines s’expliquaient enfin hier : à Sainte-Suzanne, la majorité des projets ont été refusés par le plan de relance de l’État, même scénario à la CIVIS. Au Port, l’État n’a contribué qu’à hauteur de 210.000 euros dans le cadre du plan de relance, alors que la municipalité a déjà 23 millions d’euros de commande depuis le début de l’année, et prévoit 17 millions d’euros d’appels d’offres dans les mois prochains. Au Tampon, la municipalité prévoit 46 millions d’euros d’investissement pour 2009 (contre 16 en 2006) mais pointe du doigt les « procédures longues et compliquées ».
Comment lever les blocages et les freins identifiés par les acteurs du BTP ? On parlait hier de « frémissement de la reprise » pour la construction de logements privés, de « petit sursaut » pour les logements sociaux. Des pistes ont été avancées : redonner confiance aux investisseurs locaux et métropolitains en s’appuyant sur la nouvelle défiscalisation de la LODEOM, une reprise de la production serait ainsi possible en 2010 ; mettre les moyens pour construire 5.000 logements sociaux par an, etc. Mais pour relancer l’économie, la Réunion a besoin de volonté politique. Un réel engagement de l’État.
Édith Poulbassia
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