Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Nadège...
3 mars 2007

Allo ? Allo ? Pas de réponse, mais une messagerie vous invite à laisser un message. « Nadège nous nous inquiétons pour toi. Depuis samedi, nous t’appelons en continue. Mais pas de réponse de ta part ». Plus la peine de vous inquiéter, Nadège va très bien. De même que ses deux fils. Nombre de ses connaissances sont vainement entrées en communications avec cette mère de famille.
Un modeste quatre pièces
Sa maison, un modeste quatre pièce en bois sous tôle à la rivière des Galets au Port. Une sert de salon, une autre de cuisine et deux autres de chambre à coucher. Une pour elle, et une autre pour ses deux fils, écoliers. Depuis l’annonce du passage imminent sur La Réunion de Gamède, elle s’est rendue à pied, à la grande surface du coin pour des achats de premières nécessités.
Pas d’aide dans ce parcours de trois kilomètres en tout. Elle l’a parcouru en un éclair mine de rien. Car elle était pressée de rejoindre ses fils. Elle leur dit quelques mots sur le climat cyclonique. Ils n’ont pour souvenirs que les fortes pluies de Diwa. Cette fois-ci, Gamède est annoncée comme un cyclone tropical. Il s’approche sur la pointe des pieds des côtes de l’île. Pas de panique dit-elle à ses marmailles.
Le toit, une passoire
La famille de Nadège vit dans un quartier en pleine réhabilitation des cases. Sa mère, comme elle, attend patiemment son tour dans cette opération de réaménagement des maisons. Elles ont l’assurance que cela sera réalisé. Mais en attendant les beaux jours, il faut faire face à Gamède. Elle se souvient que son toit fuit. Trot tard pour demander de l’aide à un voisin pour une réparation immédiate.
Le temps s’assombrit, il pleut plus que d’habitude. Le vent se renforce. Nadège et ses fils sont loin de dormir sur leurs deux oreilles. Dehors, la pluie comme le vent s’intensifient. Cette famille a peur. Peur de voir leur foyer s’envoler avec les bourrasques. Les tôles ont raison de ces vents violents. Elles se décrochent des charpentes. L’eau s’infiltre dans l’habitation. Elle sort pour demander secours.
Une partie du toit s’envole
Ses frères habitent justement à proximité de chez elle. Ils accourent. Face à la pluie et aux vents violents, ils se positionnent bon gré mal gré sur le toit. Un tient la tôle, l’autre la cloue. Cependant, une porte finit par s’ouvrir. L’eau inonde le salon. Nadège s’emploie à éponger. Les enfants tiennent un seau, lorsqu’il est rempli à demi d’eau, ils le rejettent dans la cour.
Dans le même temps, une ligne électrique décroche pour tomber sur le toit. Alerte rouge ! Elle appelle EDF. Une équipe ne peut intervenir. De nouveau, elle appelle à l’aide ses frères. Il faut l’enlever du toit, sans attendre la moindre minute. Avec l’aide d’une perche, ils parviennent après de longues minutes à faire tomber la ligne sur le trottoir. Le danger est écarté enfin.
Avant-hier matin, Nadège se trouvait en plein ménage. Inutile de la déranger, elle ne répond à aucun appel. Elle va bien.
J.-F. N.
Courrier des lecteurs
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