"J’accompagne cette démarche, parce qu’en tant que parlementaire, je suis souvent confrontée au problème de mutation rencontré par des fonctionnaires de police, désireux de rentrer travailler au pays", explique Huguette Bello.
Beaucoup de jeunes se destinent au métier de gardien de la paix. Malheureusement, après quelques années passées loin des leurs, douche froide. Ils éprouvent en effet les pires difficultés pour être mutés à La Réunion, ou dans les DOM en général. Le problème, c’est que "le principe qui prévaut est celui de la hiérarchie administrative au détriment des originaires", indique Thierry Flahaut, porte-parole du Syndicat général de la police-FO. En effet, contrairement à l’Éducation nationale, les policiers ne profitent pas du système de bonification leur permettant de revenir prioritairement sur leur terre natale.
Pour Huguette Bello, le retour des fonctionnaires dans leur île d’origine est pourtant avantageux. Bonne connaissance du terrain, de la langue maternelle, de la culture, bref ! un policier réunionnais est mieux à-même de s’adapter à son environnement de travail. Et puis, à ceux qui objectent que tenir un tel discours revient à promouvoir la discrimination, Huguette Bello précise que "ce sont bien les Réunionnais qui sont victimes de la discrimination". Et comme disait en aparté un confrère de la télé, "mieux vaut être policier à La Réunion qu’îlotier dans les banlieues parisiennes". Ça se comprend.
Nouveaux locaux à La Bretagne
Le préfet s’est montré attentif aux revendications. La délégation s’est même dite surprise par les propos de Laurent Cayrel. "Le préfet a dit qu’il veillerait à l’équilibre" pour le problème de mutation. Disons qu’user de vigilance est de bon ton. "Je suis agréablement surpris que le préfet affiche la vigilance dans le dossier du redéploiement des forces de l’ordre", déclare Thierry Flahaut.
Pour le poste de police de La Bretagne, le préfet assure que celui-ci ne fermera pas, mais pourtant "le terrain qui jouxte le poste de police est bien destiné à la construction de logements sociaux", poursuivra-t-il. Pour autant, le député-maire de Saint-Denis, René-Paul Victoria, ne serait pas farouchement opposé à ce que l’on garde le poste de police. On projette même de leur fournir des locaux neufs au sein même du nouveau bâtiment. Effet d’annonce ? Le syndicat de police reste vigilant. Sinon, pourquoi parler de police de proximité, si on l’éloigne des écarts ? La seule présence policière permet de faire reculer la délinquance, c’est un fait. La Préfecture a affiché la même attention sur ce dossier, ce qui n’a pas manqué de plaire à la délégation.
Beaucoup de réponses ont été données de la part du représentant de l’État, espérons que tout cela aboutira à une véritable prise en compte des revendications des policiers réunionnais, en poste à La Réunion ou "dann péi déor". Autre nouvelle : le préfet a annoncé l’éventuelle implantation d’une structure de police à Saint-François.
Bbj
























