Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
3 août 2010

Un vieil ami qui gardait précieusement dans sa bibliothèque un livre de Duchemann intitulé “Notice sur La Réunion” l’a remis au G.R.A.H.TER en nous demandant de le rééditer. En parcourant ce livre, j’ai tout de suite donné mon approbation lorsque j’ai vu sa portée et sa valeur : il traitait des plantes médicinales.
Duchemann était un modeste instituteur, qui a sacrifié ses vacances de 1889 pour sélectionner les plantes les plus efficaces et les présenter à l’Exposition Universelle de 1900, afin d’attirer l’attention des scientifiques (médecins, pharmaciens et industriels) de la métropole sur elles. Ce but n’a pas été atteint dans l’immédiat. Seulement trois d’entre elles furent utilisées, pour d’autres raisons et beaucoup plus tard : le goyave marron, le Jean Robert et la rose amère.
- Le goyave marron en spécialités pharmaceutiques : le Canol (diurétique) et l’Aphloïne P. (veinotonique) ;
- Le Jean Robert dans le sirop Cafédrine pour l’asthme, et le Glottyl pour les laryngites, trachéites et la toux ;
- La rose amère pour l’extraction des alcaloïdes : vinblastine et vincristine, utilisés en milieu hospitalier contre certains cancers.
Malheureusement, 100 ans plus tard, aucune des plantes choisies par Duchemann n’a été jusqu’à ce jour inscrites à la pharmacopée française.
Duchemann, Cadet, le Père Dijoux, le docteur Lavergne et tant d’autres encore ont tous montré à quelque niveau que ce soit la valeur de nos forêts et de nos plantes médicinales. Ainsi, depuis des siècles, notre population réunionnaise se faisait soigner par des tisaneurs. Dans la quasi-totalité de nos marchés libres, nous trouvons toujours un tisaneur qui nous conseille et nous dit comment soigner nos douleurs à partir des plantes médicinales.
Ainsi, l’idée d’inscrire La Réunion, pays peuplé à partir des cinq continents, comme partie intégrante du Patrimoine mondial de l’UNESCO remonte très loin. Elle remonte au temps où des femmes et des hommes aimant passionnément leur île y faisaient des recherches scientifiques et militaient pour la faire reconnaître.
Aujourd’hui, en ce 1er août 2010, l’île de La Réunion, petit pays perdu dans l’océan Indien, a réussi un tour de force de faire reconnaître son identité sur le plan mondial. Nous pouvons le dire avec fierté et même avec quelque arrogance que notre pays est le plus beau du monde.
Certains pensent ou croient à notre passivité, à notre manque de dynamisme. Et pourtant, notre pays vient d’être reconnu comme un pays qui mérite d’être visité, voire admiré. Nous tous, Réunionnais, nous sommes fiers de la décision de l’UNESCO, surtout en cette Année internationale de la Biodiversité. Nous nous en réjouissons vivement et vivons un moment historique.
Plus que jamais, nous avons des responsabilités à assumer. Alors, à chacun d’entre nous de les assumer, en ne nous endormons pas sur nos lauriers, pour être dignes de cette reconnaissance internationale. Et de tout mettre en œuvre collectivement et chacun selon ses moyens pour préserver cette île commune, notre île, qui… ne nous appartient comme pas, car nous avons le devoir de la léguer aux générations à venir.
Marc Kichenapanaïdou
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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