Le changement climatique pèse sur les ressources en eau

La sécheresse devient la norme à La Réunion et à Maurice

6 janvier 2023, par Manuel Marchal

Le changement climatique s’est installé dans notre région avec comme conséquence la sécheresse qui devient la norme. Il compromet l’agriculture dans des régions du Sud de Madagascar, il assèche les réserves d’eau à Maurice et est en partie responsable d’une campagne sucrière 2022 désastreuse à La Réunion. S’adapter à ce changement climatique annoncé depuis 50 ans suppose de prendre conscience de la nécessité de limiter sa consommation d’eau à ce qui est nécessaire, et de traquer toutes les fuites possibles dans les canalisations.

« C’est une période inquiétante, mais elle est sous contrôle », c’est ce qu’indique une source proche de la Central Water Authority de Maurice citée par notre confrère « l’Express ». Chez nos voisins, la CWA est une entreprise mauricienne publique qui a le monopole de la production d’eau potable et de la distribution de l’eau. Elle doit faire face au mécontentement d’abonnés qui ne sont plus approvisionnés en eau. Cette situation est le résultat du manque de pression dans le réseau, précise la source de « l’Express ». Elle ajoute que des villages de l’Est, du Sud et de l’Ouest sont plus concernés car « ce sont des régions où le captage d’eau est difficile. Il ne faut pas oublier que l’eau, qui est distribuée aux abonnés, provient également des rivières et des nappes phréatiques. Elles sont pratiquement à sec ». Par ailleurs, les grandes retenues ne sont plus remplies en moyenne qu’à 33 %.

Conséquences de la sécheresse à Maurice dans "L’Express" du 5 janvier 2022.

Sécheresse persistante

Cette situation à Maurice est la conséquence d’une sécheresse persistante. A La Réunion, ce climat explique en partie un résultat historiquement bas pour la campagne sucrière avec à peine 1,3 million de tonnes de canne à sucre récoltées. Cette valeur fait écho aux prévisions de longue date d’études sur le climat, qui annonçaient d’importantes pertes de rendement en raison du changement climatique.
Cela signifie qu’il n’est plus possible de compter sur le régime traditionnel des saisons pour remplir les nappes phréatiques et les réservoirs. La sécheresse s’est installée. Cela impose de revoir le mode de consommation de l’eau et de traquer toutes les fuites possibles dans les canalisations d’adduction d’eau.

Conséquence du capitalisme annoncée depuis 50 ans

Le changement climatique était prévu dès le début des années 1970 par les premières simulations informatiques. Cette prévision s’est affinée en 1990 avec le premier rapport du GIEC qui annonçait clairement les effets prévisibles du changement climatique. Depuis plus de 30 ans, les alertes se sont multipliées. Mais devant cette réalité, le mode de production et de consommation dominant n’a pas été remis en cause. Le capitalisme actuel prospère en effet sur le gaspillage des biens et des ressources pour entretenir artificiellement une demande génératrice de profits. Or, les ressources naturelles de la planète sont limitées et reposent sur un équilibre fragile. Le changement climatique créé par les émissions de gaz à effet de serre issue du modèle de production capitaliste a rompu cet équilibre. La sécheresse et le risque de pénurie d’eau en est l’illustration.

M.M.

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Messages

  • Ce qui se passe actuellement pour l’eau va probablement continuer dans les prochaines années en s’aggravant . Il nous faut réagir rapidement pour éviter les situations dramatiques qui seront générées par les sécheresses futures.

    Comme il faut beaucoup de temps et d’argent pour réaliser les infrastructures nécessaires pour approvisionner la population en eau potable et pour permettre aux agriculteurs d’irriguer leur champs pendant les périodes de sécheresse , nous devons anticiper et commencer le plus tôt possible les travaux qui nous permettront de résister aux conséquences des futures périodes de sécheresse .

    On peut bien entendu réaliser des retenues d’eau artificielles dans les hauts , notamment dans l’ouest et le sud de l’île , mais aussi prévoir des grands travaux pour récupérer l’eau qui est plus abondante sur l’Est de l’ile .

    Le transfert de l’eau depuis Salazie vers Saint Paul est déjà insuffisant , et il nous faut sans tarder trouver d’autres solutions pour compléter ce transfert ..

    Parmi ces solutions il y a la possibilité de créer une immense retenue d’eau sur le site du grand étang à Saint benoit , cette retenue pourrait être réalisée en deux parties, l’une pour capter l’eau des crues des ravines environnantes pour être utilisée pour l’agriculture et la production d’électricité , et l’autre pour capter l’eau courante pour alimenter en eau potable la population . Je rappelle que j’ai proposé cette idée dans le début des années 1980. Elle a suscité à l’époque beaucoup d’intérêt mais elle est toujours restée lettre morte . Il serait peut être temps de l’étudier sérieusement.
    Il y a aussi la solution de récupérer une grande partie si ce n’est en totalité des 7m3 /seconde de la centrale hydroélectrique de sainte Rose , en construisant une deuxième usine à l’altitude de 200 ou 250m et en stockant l’eau dans des réservoirs qui permettront de l’envoyer dans le sud ou dans l’ouest pendant les périodes de pénurie . Les 250m d’altitude jusqu’au niveau de la mer sont suffisants pour pour continuer de garder en fonctionnement l’usine hydraulique installée en bord de mer après l’avoir modernisé , mais au lieu de jeter l’eau à la mer on pourrait réaliser un point d’accostage pour des bateaux tanker qui pourraient venir prendre de l’eau potable pour la transporter vers des réservoirs construits dans l’ouest et et dans le sud pour les besoins de la population . Ce point d’accostage pourrait bien entendu permettre également de donner ou de vendre à un tarif attractif de l’eau potable à nos voisin mauriciens ou à d’autre pays situés plus au nord . Le financement des infrastructures nécessaires pourraient peut être être confié à une société internationale regroupant les pays qui seraient intéressés par ce projet .Je rappelle que J’ai également proposé cette solution dans le journal Témoignages depuis quelques années mais elle est aussi restée lettre morte .

    L’eau potable coûte actuellement presque aussi cher que le pétrole si ce n’est plus , qu’est ce qui nous empêche d’exploiter et de commercialiser cette ressource non seulement pour nous mêmes mais aussi pour d’autres pays ? Probablement parce que nos décideurs politiques ont une vision trop courte de notre avenir .

    Dans certains domaines il nous faut avoir le courage d’anticiper pour éviter les catastrophes futures que nous réserve le réchauffement climatique qui va continuer de progresser inexorablement tant que nous seront incapables de nous mobiliser au niveau planétaire pour l’arrêter .


Témoignages - 82e année


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