Effet du changement climatique

Le canal de Panama restreint encore le passage des navires à cause de la sécheresse

2 novembre 2023, par temoignagesceline

En 2022, le canal de Panama où transite près de 6% du commerce maritime mondial avait accueilli 39 bateaux par jour en moyenne. Le trafic sera réduit à 25 navires quotidiens à partir du 3 novembre et chutera progressivement à 20 bateaux par jour mi-février, a précisé l’Autorité du canal du Panama.

L’opérateur du canal de Panama, voie de passage des navires de marchandises entre l’Atlantique et le Pacifique, a annoncé le 2 novembre réduire encore davantage le nombre de traversées en raison de la sécheresse.

Le trafic sera réduit à 25 navires quotidiens à partir du 3 novembre et chutera progressivement à 20 bateaux par jour mi-février, a précisé l’Autorité du canal du Panama (ACP). En 2022, ce canal où transite près de 6% du commerce maritime mondial avait accueilli 39 bateaux par jour en moyenne.

Le réchauffement climatique pénalise une nouvelle fois le canal de Panama. Le stress hydrique oblige les autorités du canal à imposer à nouveau des restrictions de navigation sur cette voie maritime qui relie l’océan Atlantique et Pacifique.

Les restrictions ont fait exploser les délais pour le passage des bateaux, avec une file d’attente qui a atteint jusqu’à 163 navires en août. Long de 80 kilomètres, le canal offre un accès direct entre la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, permettant de contourner le continent sud-américain.

Les principaux pays l’utilisant sont les États-Unis, la Chine et le Japon. Pour chaque bateau, il est nécessaire de déverser environ 200 millions de litres d’eau douce, que le canal obtient d’un bassin hydrographique formé par les lacs Gatún et Alajuela.

Or depuis le début de l’année, l’ACP limite le tirant d’eau, c’est-à-dire la hauteur de la partie immergée d’un bateau qui varie en fonction de la charge transportée. Cette mesure est mise en place en raison de la baisse du niveau des lacs qui approvisionnent le canal en eau.

En avril, une mesure similaire a été mise en place pour les plus gros porte-conteneurs, baptisés les « neo-panamax », qui doivent maintenant respecter une profondeur maximale de 47,5 pieds contre 50 auparavant. Ce qui contraint les propriétaires à faire baisser le poids de leurs bateaux en transportant moins de marchandises.

« Ces nouvelles mesures sont dues aux récentes conditions de sécheresse », avaient déclaré les autorités du canal en avril. Le Panama est pourtant situé dans l’une des régions les plus pluvieuses au monde. Mais à cause de la montée des températures, la pluviosité demeure instable et la hausse du taux d’évaporation assèche les lacs avoisinant.

La lutte contre le manque d’eau n’est pas nouvelle au Panama. Les infrastructures complexes du canal consomment énormément d’eau douce, contrairement, par exemple, au canal de Suez, rempli d’eau de mer et dont le débit est défini par les marées. Chaque jour au Panama, les passages d’écluses entraînent une perte de plusieurs milliards de mètres cubes d’eau douce, rejetés ensuite dans la mer.

Face à la crise climatique qui menace la viabilité des voies navigables et le commerce mondial dans son sillage, les autorités ont déployé depuis plusieurs années un arsenal de mesures :

  • en 2019, année particulièrement sèche, où le bassin hydrographique a subi un déficit de pluies de 20% par rapport à la moyenne des précipitations sur soixante-dix ans, l’administration du canal a été obligée de restreindre le trafic de 32 à 27 passages quotidien.
    en 2020, mis en place d’une surtaxe visant à compenser la pénurie d’eau à cause des sécheresses à répétition. Les navires de plus de 38,1 mètres de long et 27,7 mètres de large doivent s’acquitter depuis d’un forfait en plus de 10.000 dollars.

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