Déplacements - Transports

Accueil triomphal pour le train à Maurice

Nouvel exemple du retard pris par La Réunion à cause de la Région présidée par Didier Robert

Manuel Marchal / 26 décembre 2019

Cela ferait sans doute plus que 5 ans que La Réunion aurait dû vivre les scènes qui se déroulent actuellement à Maurice. En effet, la mise en service du train depuis le 22 décembre est un triomphe. Cette avancée est interdite aux Réunionnais à cause de la politique de la Région Réunion qui a préféré stopper le chantier du tram-train, et détourner l’argent obtenu par Paul Vergès pour le construire sur le chantier d’une route en mer impossible à réaliser. Le retard de La Réunion se creuse vis-à-vis de ses voisins, alors que ces derniers sont des pays indépendants et non pas des départements français bénéficiant de larges transferts publics venus de France et d’Europe. C’est une conséquence de la politique de la Région Réunion présidée par Didier Robert !

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Le Métro léger a été ouvert aux voyageurs le 22 décembre dernier à Maurice. Il sera gratuit pendant deux semaines afin de donner l’occasion au plus grand nombre de Mauriciens de découvrir, ou redécouvrir le train. Dans « l’Express », la parole est donnée à ses nouveaux usagers du rail :

« Il est 15 heures, ce lundi 23 décembre. Sous un soleil de plomb, Isoop Auckbarally guette avec impatience l’arrivée du train à la station de Beau-Bassin. À ses côtés, son petit-fils, Sufyan, âgé de quatre ans, assis sur un banc. Trois sifflements et le train fait son apparition en gare. Nos deux voyageurs s’y installent rapidement. Une première riche en émotion pour cet homme de 79 ans.

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Le septuagénaire nous raconte qu’il n’avait que dix ans quand il voyageait à bord des trains mauriciens. « J’allais à l’école primaire à Rose-Hill. On avait aussi des excursions. Je voyageais en train de Rose-Hill à Curepipe pour m’y rendre. Le métro me fait revivre cela aujourd’hui », confie-t-il, à son retour, peu avant 16 heures.
Cela fait jaillir d’autres souvenirs vécus, cette fois-ci, à bord du métro en Angleterre. « Là-bas, c’est bien plus rapide et les voies sont souterraines. À Maurice, le train était bondé. Heureusement, un passager a cédé sa place à mon petit-fils. C’est intéressant. De Beau-Bassin, on est arrivé à St-Louis en 15 minutes », avance Isoop Auckbarally.

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À sa descente du train, Sufyan est tout sourire. Il nous fait part de sa joie d’avoir voyagé en métro. Idem pour Mohinee Keesoonah, baby-sitter âgée d’une quarantaine d’années, et Malloo Rajcoomari, femme au foyer, habitant Beau-Bassin. Pour elles, la balade fut plus longue. Car embarquées à 11 heures à Rose-Hill, elles en ont profité pour faire du shopping à Port-Louis jusqu’à leur retour à 15 heures.
« À l’aller, nous étions debout. Il fallait s’agripper. On se sent un peu drôle. On était comme dans une vague. Ce n’est pas comme dans un autobus », précise Malloo Rajcoomari. Pour sa part, Mohinee Keesoonah avoue avoir ressenti quelques petites secousses aux arrêts et lors du démarrage, mais pas lors du trajet retour. À bord, la plupart des passagers semblaient fascinés par la vue et multipliaient photos et vidéos, affirment les deux femmes. « Je ne pensais pas que je ferai cette expérience. J’ai souvent vu le métro à la télévision. Comme je voyage en autobus, on est souvent confrontés aux embouteillages. En train, c’est une voie plus rapide », ajoute la baby-sitter. »

Sous-développement à La Réunion « grâce » à la Région

Fanfares dans les gares, Danses du Lion… les animations rivalisent d’originalité pour saluer le retour du train à Maurice. Ceci montre aux Réunionnais ce qui est interdit pour eux. En effet, les Réunionnais n’ont pas le droit d’avoir un moyen de transport moderne, rapide, écologique et pas chers. Ils doivent rester dans le sous-développement caractérisé par le monopole du tout-automobile avec sa pollution, son gaspillage de ressources, ses pertes de temps et d’argent. Mais tout ce sous-développement profite à quelques-uns. Ce sont les intérêts de cette infime minorité que la Région Réunion a voulu protéger en arrêtant le chantier du tram-train qui avait été lancé sous la présidence de Paul Vergès.
L’illustre prédécesseur de Didier Robert à la présidence de l’institution avait en effet obtenu de la France les crédits nécessaires pour assurer la reconstruction du chemin de fer qui, comme à Maurice, avait été fermé depuis plusieurs décennies. En janvier 2007, l’État signait avec la Région le contrat qui prévoyait le financement de deux grands chantiers : tram-train et nouvelle route du littoral. Sur la lancée de la réussite de la route des Tamarins, c’était l’espoir de sortir du sous-développement grâce au retour du train, qui s’inscrivait dans une politique d’autonomie énergétique.
Mais cette politique se heurtait au lobby des énergies fossiles : EDF construisait sa centrale thermique, Albioma importait du charbon, les transporteurs craignaient la concurrence du train, tandis que les compagnies pétrolières et les importateurs de véhicules ne voyaient pas d’un bon œil l’arrivée d’un mode de transport jugé comme concurrent.
Les partisans des énergies fossiles trouvèrent une alliée de poids en la personne de la majorité régionale issue des élections de 2010. Une des premières décisions fut de stopper le chantier du tram-train. Le président de Région Didier Robert comptait en effet utiliser les financements obtenus pour deux grands chantiers afin de les transférer sur une hypothétique route en mer. Près de 10 ans après cette décision, il apparaît clairement que cette route ne pourra jamais être finie car les matériaux nécessaires à son achèvement ne sont pas disponibles à La Réunion. Au lieu d’un train et d’une route, les Réunionnais n’auront ni l’un ni l’autre.

Le sous-développement terreau du clientélisme

Mais le mal est fait. L’argent prévu pour reconstruire le train a été gaspillé à d’autres fins.
Pendant ce temps, Maurice a construit son train. Son projet a même démarré après les premiers coups de pioche du chantier du tram-train. Et ce sont les Mauriciens qui ont inauguré leur train alors que La Réunion avait sous Paul Vergès plusieurs années d’avance. Mais tout ceci a été gaspillé au nom d’une politique faisant la part belle au maintien de La Réunion dans le sous-développement, ce qui est un terreau favorable aux politiques clientélistes sur lesquelles comptent certains élus pour se maintenir au pouvoir. Le tram-train a été sacrifié par cette politique. Le retour du train à Maurice montre le résultat. Pendant que nos voisins vont de l’avant, La Réunion stagne dans le sous-développement alors qu’elle est un département français et bénéficie non seulement des milliards de la France mais aussi de l’Europe.

M.M.



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  • Souhaitons que pour 2020, tout aille mieux pour la Réunion, son avenir, ses intelligentes décisions, comme : enfin, l’autonomie énergétique avec ce qui est déjà ici, gratuit, renouvelable, et inépuisable : le vent, le soleil, et surtout le volcan, la géothermie en lieu et place de ce que l’on brule depuis longtemps ici ! Puis,le redémarrage du chemin de fer, cette fois-ci, de St Joseph à Ste Rose, en lieu et place de St Pierre à St Benoît, cette fois-ci, il faut que les élus concernés s’en charent, osent, pensent aux concitoyens qui attendent depuis très longtemps, dix ans de perdus, mais ce n’est pas désespéré, il faut faire confiance et être à le fois vigilant, ne pas se laisser encore une fois berner. Cette fois-ci, il sera électrique, plus propre donc et plus rapide, pourvoyeur d’emplois durabels ce qui sera un plus. En effet, plus de 65% des jeunes "18-25 ans" même diplômés sont sans perspective ne trouvent pas à la hauteur de leurs niveaux atteints. Quel gâchis ! Etudier c’est faire confiance, faire un pari sur l’avenir, promettre, préparer le monde de demain. Quand on y pense, il y a du boulot, sans jeu de mot.

    Maurice nous a doublé, ce qui n’était pas prévu au départ, tant mieux pour eux, il ne faut pas être jaloux, mais on peut se dire que l’on fera mieux, sans oublier les téléphériques urbains de St Denis et l’interurbain entre St leu et Cilaos, enfin, on espère et les touristes aussi. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, Ce qui est positif, enfin, on espère c’est qu’ensuite, ce sera l’image de la Réunion, et celle de Maurice qui va se redorer, car il ne faut pas oublier que là aussi, ça se dégrade, hélas, il n’y a qu’à voir ce qui a été déposé dans les ravines, et près des plages et qui n’est pas rejeté par la mer. Scandaleux ! Batteries de véhicules, éléctroménager, pneux hors d’usage, tôles, emballages, beurk pas beau comme image, c’est sur, espérons qu’en 2020, là aussi, ça changer, ça urge, ça tombe bien, il va y avoir des élections avec des candidats qui diront : "voter pour moi, ça va changer", promesses tenues, là aussi, soyons vigilants,, Arthur qui tousse en vélo, le long des bouchons aux moteurs diésels, qui crachent leurs gaz toxiques, micro particules cancérigènes pour nos poumons, re beurk !!!

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  • Commentaire inutile la France des donneurs de leçons

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