Déplacements - Transports

C’est reparti pour les embouteillages à La Réunion

La rentrée scolaire baromètre de la croissance du parc automobile

Manuel Marchal / 18 août 2018

Chaque rentrée scolaire est marquée par une dégradation toujours plus importante des conditions de circulation à La Réunion. La faute à un système qui privilégie le tout-automobile au détriment d’un moyen de transport moderne, écologique et moins cher pour ses usagers : le train.

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Depuis hier, les élèves ont retrouvé le chemin de l’école depuis hier. Dans de nombreux collèges et lycées, la rentrée est échelonnée. C’est donc à partir de lundi que la totalité des personnes concernées sera de nouveau dans les écoles.
Comme chaque rentrée d’août ou de janvier, cet événement est un véritable baromètre des conditions de circulation dans notre île. En effet, au cours des vacances scolaires, les bus de transport scolaire ne circulent pas, tandis que les déplacements des personnels ne converge plus vers les établissements scolaires. En conséquence, chacun peut constater que durant les vacances scolaires, le réseau routier reste suffisamment dimensionné pour absorber la totalité du trafic.

La Réunion pas extensible

Mais lundi, il y a fort à craindre que les embouteillages soient encore plus importants qu’à la fin du mois de juin. Cela est dû à une seule raison : l’obligation d’utiliser l’automobile pour les déplacements à La Réunion. Or, il s’avère que les ventes d’automobiles affichent des niveaux records. L’an dernier, ce sont encore plus de 20000 véhicules de ce type qui ont été importés et achetés neufs par des Réunionnais. A cela s’ajoutent les camions et bus supplémentaires.

Or La Réunion est une île montagneuse de 2500 kilomètres carrés, avec une population concentrée en dessous de 400 mètres d’altitude. Cette frange littorale voit donc passer la quasi-totalité des déplacements des hommes et des marchandises. La superficie d’une île n’est pas extensible. Elle est ceinturée de Saint-Benoît à Saint-Pierre avec un prolongement jusqu’au Tampon par une route à 4 voies lancée sous la présidence de Pierre Lagourgue, puis achevée sous la mandature de Paul Vergès qui vit l’achèvement du Boulevard Sud à Saint-Denis, la construction des déviations de Sainte-Marie, de Bras-Panon, de Grand-Bois et surtout la réalisation de la route des Tamarins. On ose imaginer quelle serait la situation dans l’Ouest de l’île si jamais les opposants à la route des Tamarins avaient été au pouvoir à la Région à l’époque.

Il n’est donc pas possible d’aller plus loin, et c’est bien ce que démontre la mandature de Didier Robert. Car depuis 2010, pas un nouveau kilomètre de voie rapide n’a été construit pour désengorger un centre-ville. Le projet de route en mer ne fait que déporter au-dessus de l’océan Indien un trafic qui existe en pied de falaise, et il semble encore bien loin d’être achevé faute de matériaux de construction en volume suffisant à La Réunion. Quant à l’encore plus hypothétique Boulevard Nord, il ne réglera rien sur le plan des embouteillages. Il suffit de constater l’ampleur du bouchon l’après-midi sur le lieu où doit déboucher le projet de tunnel, le boulevard Lancastel, pour noter qu’il ne pourra qu’être saturé dès sa mise en service.

Scénario du pire

C’est pour cette raison que la suite de la route des Tamarins était le tram-train, la reconstruction du chemin de fer de La Réunion entre Saint-Benoît et Saint-Joseph avec une première tranche entre Sainte-Marie et Saint-Paul qui était financée. Des ouvrages d’art intégrant l’emprise du chemin de fer avaient d’ailleurs été construits : ponts sur la rivière des Pluies et la rivière des Galets, axe mixte dans la zone de Cambaie. Mais tout cela a été stoppé en 2010 à la suite de la décision de Gilbert Annette de faire perdre les élections régionales à l’Alliance.

C’est donc le scénario du pire qui s’est implacablement appliqué, au rythme de la croissance du parc automobile à La Réunion. Faute de relance du projet de train, chaque jour qui passe rapproche notre île du coma circulatoire. La tendance à l’augmentation de la longueur des embouteillages à chaque rentrée scolaire, du temps et de l’argent gaspillés à cause de ces ralentissements, confirme que ce moment fatidique est inéluctable.

M.M.



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  • A quand un refendum pour le retour du train effectif, gagner un peu de temps perdu (8 ans quand même) ? On sent très bien la pollution routière surtout lorsqu’on se met à marcher, pire, courir le lond du Bd J Jaurès, autrement dit le Bd Sud, surfréquenté, saturé à certaines heures. Ce serait pareil pour un Bd Nord évidemment. Ne pas oublier qu’en plus, la NRL ne sera pas plus large que l’actuelle de 76 qui de plus sera démolie. 2 X 2 voies seulement. Seuls 5% des gens prennent les transports publics ici ! Un comble à notre époque, preuve de l’ignorance, de l’individualisme qui triomphe hélas, ici comme ailleurs. Arthur.

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