Déplacements - Transports

Des transporteurs affirment être trahis par la Région Réunion

Route en mer : la réalité commence à s’imposer chez ceux qui ont cru Didier Robert

Manuel Marchal / 5 octobre 2019

Plusieurs organisations patronales de transporteurs et Jeunes agriculteurs ont tenu hier une conférence de presse suite à l’annonce d’un probable arrêt du chantier de la route en mer. Ceci permit de constater les dégâts chez ceux qui ont cru à la promesse de route en mer de Didier Robert. Les transporteurs se réservent le droit de passer à l’action s’ils n’obtiennent pas l’ouverture de négociations avec l’État, la Région et des collectivités. C’est sur ce dernier interlocuteur que pèsent les risques de diversion. En effet, en quoi le Département ou des communes sont responsables de la décision de Didier Robert d’engager des centaines de millions d’euros de fonds publics dans un chantier qui s’arrêtera au mois de mars, faute de matériaux ?

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Plusieurs organisations patronales de transporteurs et Jeunes agriculteurs ont tenu hier au siège de la FNTR une conférence de presse pour alerter sur la situation créée par l’annonce d’un probable arrêt du chantier de la route en mer faute de matériaux disponibles. Cette impasse vient de la décision de Didier Robert, président de Région, d’utiliser les financements obtenus par Paul Vergès pour deux grands chantiers réalisables, tram-train et nouvelle route du littoral, pour les affecter à une bien hypothétique route en mer comprenant un lot important taillé sur mesure pour les transporteurs. C’est le choix technique d’une digue, quand bien même il n’est pas possible d’avoir les matériaux nécessaire à sa construction à La Réunion. Pour pallier à cette impossibilité, la Région a mouillé l’État qui a entrepris les démarches pour ouvrir de nouvelles carrières malgré les avis négatifs des autorités environnementales. Or, la réalité finit par s’imposer. Plusieurs années après le lancement du chantier, les matériaux ne sont toujours pas là.

200 camions neufs pour rien ?

Selon ces organisations, 200 camions neufs ont été importés et achetés à La Réunion afin de répondre à la demande créée par le projet de construction d’une digue en pleine mer entre La Grande Chaloupe et La Possession. Ce sont donc des emprunts à rembourser, alors que les marchés tant attendus ne sont pas là, car les règles de la physique s’appliquent à La Réunion comme partout dans le monde : pas de matériaux, pas de route. Rappelons également que l’achat de ces camions a pu faire l’objet d’une aide de l’État via la défiscalisation. C’est donc aussi de l’argent public qui a été dépensé en pure perte, c’est un autre volet du gaspillage généré par ce que France 2 a qualifié de « route la plus chère du monde ».
Le président de la FNTR a d’ailleurs rappelé la nature du deal passé avec la Région : le viaduc était pour les multinationales, et la digue pour les entreprises réunionnaises de BTP, notamment les transporteurs. La réalité montre que si le viaduc a avancé, la digue n’a toujours pas émergé de la mer faute de matériaux disponibles à La Réunion. Cela signifie que les sociétés étrangères à La Réunion ont eu leur part du gâteau, mais pas les entreprises réunionnaises. Voilà un aspect de la conséquence de la décision de Didier Robert à souligner.
Le président de la FNTR estime donc que les transporteurs ont été trahis par le maître d’ouvrage de la route en mer, c’est-à-dire la Région. La promesse de Didier Robert n’a pas été tenue, et cette faillite est lourde de conséquences.

Risques de diversion

D’autres arguments évoqués lors de la conférence de presse sont plus étonnants et alimentent le risque de diversion. Il s’agit de l’illusion entretenue selon laquelle il suffirait d’extraire des roches dans les champs pour régler le problème.
Tout d’abord, ceci vient contredire le fait que les roches massives essentielles à la construction d’une digue ne seraient donc pas concentrées dans le sous-sol de Bois-Blanc, à plus de 50 kilomètres du chantier. Ensuite, il est à noter que ces roches, les andains, sont le résultat de l’épierrage de terrains agricoles. Ils sont souvent stockés en bordure de champs, et constituent une barrière contre l’érosion. Enfin, rappelons qu’un agriculteur n’est pas un exploitant de carrière.

L’autre risque de diversion est de vouloir impliquer des collectivités dans la recherche de solution pour obtenir à tout prix des rochers à transporter jusqu’à la mer. En effet, en quoi le Département ou des communes sont responsables de la promesse de Didier Robert au transporteur et donc de sa décision d’engager des centaines de millions d’euros de fonds publics dans un chantier qui s’arrêtera au mois de mars, faute de matériaux ?
Ouvrir une large concertation pour rechercher une issue à la crise est bien entendu une démarche à soutenir, mais à condition que le travail se base sur le résultat d’une expertise technique, financière et environnementale du projet de Didier Robert.

M.M.



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Messages






  • Etes - vous bien sûrs que ceux qui crient aujourd ’hui à la trahison de la Région ne sont pas les mêmes qui ont poussé à l ’ abandon du programme déjà très avancé du tram-train, pour réaliser au mépris de toute logique économique et écologique
    une route digue - qui leur aurait rapporté beaucoup, au détriment des véritables intérêts de La Réunion ? Comme je suis poli , je n ’ écrirai pas que beaucoup - et la liste est vraiment longue !- doivent se sentir m........eux aujourdhui. Comme on dit chez moi , à couillon , couillon et demi !!!.......Ce qui ne signifie en rien que le génial Président de Région soit absous dans cette affaire, au contraire !! Quant à l’ Etat , Hélas x ( n ) fois, comme aurait pu le dire le Gal de Gaulle !!!...
    Jean-Paul Ciret

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  • + de 40 000 voitures neuves importées en 2018, un record probablement dépassé cette année ? On verra bien. Ceci étant, on dépasse largement le raisonnable sur l’île, Ce n’est vraiment pas le bon exemple à poursuivre encore plus, ça non ! Non raisonnable car en plus, la grosse majorité de ces moteurs qui tournent sont des diésels, donc des pots d’échappement qui dispersnent des micro particules cancérigènes pour les poumons, les nôtre, ceux dee enfants, nés ou à naitre.
    De voir chaque matin, puis soir ces files de véhicules à la queue le le, on peut se poser la question : les gens sont-ils à ce point, résignés, individualistes, ignorants ou bien les trois ? Aucun élu évidemment vient les applaudir ni même les soutenir, ou leur dire "patience, ça va changer", "on pense à vous", ou encore "vive le train et les navettes maritimes", non.
    A quabnd un véritable changement de mentalité face à tout ce que l’on voit ? Pollution, bouchons, dépendance à l’alcool, aux drogues et une prise de conscience qu’on se doit de protéger la nature, ne pas voir les espèces disparaitre à tout jamais, comme par exemple les bichiques, les papillons. Adieu pour eux.... C’est trop triste. Bon WE, Arthur qui tousse dans la fumée...

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