Déplacements - Transports

Galère dans le bus

Autre conséquence de l’arrêt du chantier du tram-train et de la fermeture de la route du littoral

Manuel Marchal / 11 janvier 2018

La fermeture de la route du littoral entraîne la coupure de la liaison de bus la plus fréquentée à La Réunion. Un service de navettes est mis en place, ce sont des cars plus petits et moins fréquents. Les plus démunis d’entre nous sont ceux qui perdent le plus de temps en raison de la fermeture de la route du littoral. Si le calendrier prévu dans le Protocole de Matignon avait été respecté, alors ils auraient eu droit à un tram-train et pourraient se déplacer plus rapidement que les automobilistes.

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Les navettes ont moins de capacité que les bus habituels.

À de rares exceptions, les usagers des bus interurbains, les Cars jaunes, utilisent ce mode de déplacement car ils n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture. Prendre le bus n’est guère attrayant. C’est la conséquence d’un réseau de car insuffisant en termes de fréquence et de capacité.

Actuellement, la route du littoral est fermée. Les usagers du bus doivent donc emprunter la route de la Montagne. Mais les bus habituellement utilisés pour relier Saint-Denis à l’Ouest de l’île ne peuvent pas passer par cet itinéraire. C’est donc un service de navettes qui est mis en place entre les gares de Saint-Denis et du Port. Ce sont des bus de moindre capacité, tandis que leur fréquence n’est pas augmentée par rapport à la normale. Elle est au contraire diminuée. En effet habituellement, ce sont plusieurs car de 60 places qui relient Saint-Denis à l’Ouest. Là ce sont des bus ayant deux fois moins de capacité, avec au mieux deux rotations par heure, sinon c’est un car toutes les heures. Or, c’est entre le Nord et l’Ouest que la fréquentation est la plus élevée.

Le temps de parcours augmente d’au moins une heure, et les places sont limitées. Pour être sûr d’avoir une place pour aller de La Possession à Saint-Denis, mieux vaut ne pas attendre que le bus passe à l’arrêt devant la mairie car s’il est complet, il faut attendre entre une demi-heure et une heure le car suivant, à condition qu’il ne soit pas lui aussi bondé. Il faut donc se rendre jusqu’à la gare du Port en empruntant un bus de ville pour être sûr d’accomplir son trajet.

Autrement dit, c’est la galère pour les usagers du bus. Si le chantier du tram-train n’avait pas été arrêté en 2010, les utilisateurs des transports collectifs auraient droit à un moyen de déplacement moderne, pas cher et écologique. Quelle que soit la situation de la route, ils auraient eu la certitude de disposer de la même qualité de service avec des trains qui arrivent et partent à l’heure, et qui se déplacent plus rapidement que les voitures.

Ainsi, le choix de stopper ce projet a pour conséquence d’interdire aux plus pauvres de bénéficier dans leurs déplacements d’une qualité de service équivalente à celle des plus aisés. Ils sont condamnés à perdre du temps dans le bus, et quand la route du littoral est fermée, ils sont ceux qui sont les plus pénalisés.

M.M.