Déplacements - Transports

Hausse des importations de véhicules neufs : La Réunion va droit dans le mur

L’urgence de relancer la reconstruction du chemin de fer à La Réunion

Manuel Marchal / 12 juin 2019

L’urgence de reconstruire un train est rappelée par des embouteillages quotidien toujours plus nombreux. Elle est accentuée par les chiffres de vente des véhicules neufs des cinq premiers mois de l’année : 13565 nouvelles immatriculations. Cette croissance des importations d’automobiles confirme qu’avec le système actuel, La Réunion va droit dans le mur.

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Ces voitures encombrant le quai du port devront se faufiler dans une circulation toujours plus dense.

Après une année 2018 record, les vendeurs de véhicules neufs continuent de se frotter les mains. Au cours des cinq premiers mois de l’année, ce sont 13565 voitures neuves importées qui ont été vendues à La Réunion. Ce chiffre laisse présager pour cette année l’importation de plus de 25000 voitures.
Comme habituellement, ce sont les constructeurs français qui arrivent en tête des ventes, avec plus de 6300 automobiles de marques Renault, Peugeot ou Citroën.
Ces données tombent à pic, au moment où la Semaine du développement durable a été l’occasion pour certaines collectivités de présenter des projets de transport collectif. Car elles montrent que fondamentalement, rien ne change à La Réunion sur une question essentielle : la politique des déplacements.

Conséquence d’une décision politique

Avec un rythme de plus de 20000 véhicules par an depuis de très nombreuses années, La Réunion s’est peuplée de voitures qui contribuent significativement à la formation d’embouteillages toujours plus nombreux et chronophages. Ces véhicules sont également des dévoreurs d’espace quand ils ne sont pas utilisés. C’est ainsi que Saint-Denis, plus grande ville de La Réunion, est un parking à ciel ouvert, où les rues sont occupées en permanence par une voire deux files de véhicules en stationnement.
Ces importations sont une réponse à une politique des déplacements qui a choisi de miser sur le tout-automobile. C’est la conséquence de la décision de stopper le chantier du tram-train en 2010 et de transférer l’argent prévu pour l’achever sur un projet de route en mer qui fait la part belle à l’automobile.

Où mettre toutes ces voitures ?

Se pose en effet la question de savoir si le mode de consommation de l’automobile à La Réunion est adapté à la réalité géographique et sociale de notre île. En effet, sur 2500 kilomètres carrés, moins de la moitié sont utilisées par l’être humain. Sur cette partie valorisée, la moitié est consacrée à l’agriculture. Il reste donc à peine 600 kilomètres carrés pour organiser la vie d’une population qui va vers le million d’habitants. Cela fait donc une densité de 1500 habitants par kilomètre carré, soit une zone densément peuplée.
Dans les pays développés, cela fait bien longtemps qu’il existe des alternatives à l’automobile pour assurer les déplacements dans des régions densément peuplées. Ces solutions s’organisent autour du chemin de fer qui, sous forme de train, tram ou métro, est la colonne vertébrale des politiques des déplacements.

Relançons le tram-train

Avant 2010, la Région Réunion portait un projet de tram-train et avait réussi à le financer en amenant l’État à signer un partenariat pour la réalisation de deux grands chantiers : le tram-train et la nouvelle route du littoral.
Si le calendrier n’avait pas été remis en cause par le changement de majorité à la Région en 2010, le tram-train entre Sainte-Marie et Saint-Paul serait en service depuis plusieurs années, tandis que la nouvelle route du littoral serait déjà livrée.
Avec un train capable d’arriver à des heures régulières, permettant de voyager confortablement et pas cher, nul doute que le nombre des voitures importées n’atteindrait pas les sommets actuels.

Droit dans le mur

À cela s’ajoutait le projet de recouvrir la route des Tamarins de panneaux photovoltaïques afin d’alimenter en énergie les voitures électriques. Ceci devait amener à La Réunion un autre mode d’utilisation de ce mode de transport. Des expériences dans le monde ont montré que le développement des véhicules électriques peut accompagner l’émergence de l’auto partagée. Le véhicule n’est plus la propriété d’un individu et peut alors être utilisée par plusieurs personnes dans la journée, ce qui limite ses périodes de stationnement et donc son emprise sur le foncier.
Les chiffres florissant des importations de véhicules neufs à La Réunion sont un élément de la crise qui touche notre pays. Ils sont révélateurs d’un fait : La Réunion continue d’aller droit dans le mur.

M.M.



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Messages






  • "La Réunion va droit dans le mur" est le ressenti de mon collègue Manu. Le camarade lé gentil ek bann irresponsables de la situation actuelle, notamment ceux qui ont mis fin aux potentiels de mobilité du tram train. Le mur, la lontan ke la Réunion la fini défoncé ek le surnombre de véhicules qui bouchonnent le trafic routier. Il suffit d’un simple événement : un accident, une panne de véhicule, un concert...pour que la totalité du trafic lé bloqué. La chute est terrible, mais avec le manque de discernement des décideurs actuels, la Réunion est déjà dans une impasse. La Réunion lé en chute libre...et lu lé loin d’atterrir.

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  • la photo de l’article n’illustre pas la réalité. hier, 13/06/19, j’étais sur les quais pour mon travail, et j’ai vu qu’après l’accostage de 2 navires roulier, le parc censé stocker les voitures arrivées, ne pouvait pas contenir l’ensemble des véhicules importés (tellement il y en avait !) les dockers ont du garer les voitures à des emplacement normalement réservés à des conteneurs.
    il y a urgence écologique, mais à la Réunion on va à contre sens. partout ailleurs on développe des alternatives.. mais ici, on préfère être coincé dans les bouchons, du moment qu’on roule dans son bel auto !
    avec près d’un million d’habitants, il y a urgence ! tout le monde veut sa belle bagnole, mais ça sert à quoi si les vélos roulent plus vite que les autos ?!

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  • Il parait que l’on a dépassé les 40 000 voitures importées en 2018, et ce malgré les gilets jaunes. Et pour 2019, 2020 année électorale ? On verra bien. Nous avons lu que l’ensemble des voitures mises bout à bout ferait un alignement long de 6 fois le tour de l’île ! Pas joli joli ce record, une honte sachant qu’en plus seuls 5% de la population sont usagers des transports collectifs ! Vive la pollution pour nos poumons, ceux de nos enfants, la nature et l’individualisme de notre folle époque ! C’est "tristes tropiques" en direct que l’on vit ici, on marche sur la tête !
    Le top, ce sera de remettre le train sur les rails, gratuit, comme les autres transports publics, Dunkerque est la dernière à l’avoir fait, il y a plus de 25 villes qui l’ont fait aussi, c’est donc possible avec une véritable volonté de changer, améliorer,

    Penser aux futures générations nées ou à naitre, retour du train de St Benoît à St Joseph, électrique, alimenté via les alizés, la géothermie qu’offre le sous sol volcanique en activité et le soleil généreux des tropiques justement. Ca aussi, c’est possible, changeons de paradigme, vraiment, soyons courageux.
    Arrêtons d’importer, donc de polluer du pétrole, charbon, comme fruits et légumes pas vraiment bio en plus, et aussi le glyphosate, la Réunion ayant la médaille d’argent des départements importateurs de ce poison, ayons le courage des mots. Quand on pense que mêmele sel est importé alors que nous sommes sur une île entourée de l’océan ! ! ! ! Dingues nous sommes, netrouvez-vous pas ? Donnez votre avis,avisé. Et bon WE à tous et toutes, bonne fête pour tous les papas ; Arthur.

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  • Vive le retour du train, et pour le fret et pour les gens, touristes compris (de formidables ambasadeurs à leur retour, pour promouvoir la Réunion), réunionnais de métropole revenus se reposer sur leur chère île que parfois, ils ne reconnaissent plus à cause des saccages, des mentalités devenues égoistes, le chacun pour soi, la frime et le non respect des valeurs de solidarité, altruisme, partage, écoute, remplacées par le "moi d’abord", ou "j’ai des droits", "après moi le déluge", etc. Seuls 5% des gens prennent les transports en commun, une honte ! Il faut militer pour la gratuité des transports,comme le font déjà au moins 25 villes en France, la dernière, c’est Dunkerque. Plus de bracage, de contrôleurs, de carte etc... Arthur qui tousse en vélo. Atchoum et beurk ! ! !

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  • Bon d’accord ça fait beaucoup trop .Mais ça crée certainement quelques emplois de vendeurs d’automobiles de pompistes et d’ouvriers de l’automobile, des dépanneurs, des pompiers et des ambulances pour les interventions sur les accidents de la route et bien entendu des policiers pour le contrôle des infractions au code de la route ) . Et bien entendu ça fait aussi travailler les banquiers pour financer les voitures achetées à crédit et les huissiers aller chercher l’argent de ceux qui ne peuvent plus les payer ainsi que les casse automobiles qui récupèrent les pièces sur le voitures accidentées et qui revendent les épaves là où ils peuvent etcet …

    Mais peut être que si on instituait un impôt spécial sur chaque vente de voiture neuve ou d’occasion pour alimenter un fond spécial destiné au financement des transports collectifs on pourrait mettre en service plus de bus et de navettes, construire des téléphériques et des tram trains ; envisager un transport maritime de cabotage entre le sud et le nord et vers l’est si d’autres ports étaientt créés ; envisager des transports en hélicoptères à un tarif accessible pour les marchandises et les personnes que ce soit pour les hauts ou pour les bas …. bref pour faire en sorte que les réunionnais perdent moins de temps et d’argent pour se déplacer

    Peut être aussi que l’on pourrait faire tout cela si on arrêtait de gaspiller l’argent des contribuables dans des projets pharaoniques tel que celui de la route du littoral qui n’a pas tenu toutes ses promesses pour ce qui concerne la création d’emplois pour les réunionnais et qui demande beaucoup plus de temps de réalisation que prévu.

    La Réunion fait partie de la France et il n’y a pas de raison que les travaux publics réalisés sur son territoire coûtent quatre à cinq fois plus que ceux qui sont réalisés en France métropolitaine alors que le foncier est moins cher et la main d’œuvre moins coûteuse.( sauf pour les la main d’œuvre importée pour l’occasion ). et que les impôts payés par les entreprises travaillant à la réunion sont moins élevés qu’ailleurs , soit suite à des abattements fiscaux , soit suite la défiscalisation … ;

    Comment expliquer au monde qui nous regarde que près de la moitié de notre population vive au dessous du seuil de pauvreté ; que près du tiers de notre population active soit au chômage et que par ailleurs nous battions les records des travaux publics les plus chers avec une route en mer qui va nous revenir à plus de 300 millions d’euros le Km .

    On pourrait certainement faire beaucoup plus de chose à la Réunion avec nos fonds publics si on faisait un effort de réduction de nos dépenses dans les travaux publics et si nous créons une préférence pour les entreprises locales et choisissons des solutions à leur portée .Nous n’aurions pas eu besoin de passer par des entreprises internationales pour construire la nouvelle route entre Saint Denis et la possession et de dépenser autant d’argent si nous avions choisi de passer par les hauts ou par tunnel . Ne faisons pas la même erreur pour les travaux futurs .
    Joseph Luçay Maillot

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