Déplacements - Transports

L’urgence d’une mission d’expertise sur la route en mer

L’enquête publique sur la carrière de Bois-Blanc dégénère à Saint-Leu

Manuel Marchal / 21 juillet 2018

Hier à Saint-Leu, des incidents ont eu lieu entre un syndicat de transporteurs et des opposants à la carrière de Bois-Blanc, jugée indispensable à la poursuite du chantier de la route en mer. Plus que jamais, une mission d’expertise est nécessaire pour déterminer dans quelles conditions il est possible de continuer les travaux, à quel coût et pour quelle date de livraison.

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Une nouvelle fois, le chantier de la route en mer a provoqué des tensions. Hier, une centaine de personnes menées par le président de la FNTR étaient à Saint-Leu pour afficher leur soutien à la carrière de Bois-Blanc dans le registre de l’enquête publique. Face à eux, des opposants menés par l’ancien député-maire ont fait barrage. Le commissaire enquêteur a donc décidé de fermer son bureau et les registres.

Cet épisode est une énième conséquence de la décision de la Région Réunion de lancer le chantier de la route en mer sans prévoir les matériaux nécessaires. De nombreuses organisations dont l’Alliance et ATR-FNAUT avaient averti des risques d’une telle précipitation. Elles n’ont pas été entendues par l’État, co-financeur du chantier avec la Région. Mais les lois de la physique viennent rappeler la réalité : sans matériaux, pas de digue et donc pas de route en mer.

Pour leur part, des transporteurs ont cru à la promesse de cette route en mer. La décision de construire une grande partie de l’ouvrage sur une digue avait pour but de leur donner du travail. Aussi, ils ont investi dans de coûteux camions, valant plusieurs centaines de milliers d’euros pièce. Aujourd’hui, ils ne peuvent que constater que la poursuite du chantier est impossible tant que de nouvelles carrières ne sont pas ouvertes. De son côté, la Région affirme que tout dépend de l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc, jugée comme ressource indispensable.

Ce projet de carrière fait face à une large opposition. Il a même provoqué les deux plus grandes manifestations pour la protection de l’environnement jamais organisée à La Réunion. Des milliers de personnes avaient fait une chaîne humaine le long de l’emplacement prévu pour creuser un trou de plusieurs dizaines de mètres, sur des dizaines d’hectares.

De plus, le schéma départemental des carrières permettant l’exploitation de roches à Bois-Blanc a été annulé par la Cour d’appel administrative de Bordeaux. Le préfet ne s’est toujours pas pourvu en Cassation, ce qui signifie qu’à ce jour, il est impossible de faire une carrière à Bois-Blanc.

Rarement un chantier n’a suscité autant de problèmes et de retard à La Réunion. On est bien loin de la dynamique qu’avait su créer Paul Vergès pour la réalisation de la route des Tamarins qui a changé la vie de la moitié de la population de notre île.
Face à cette crise qui ne cesse de diviser, on peut imaginer une sortie par le haut. Cela suppose de savoir précisément ce qu’il est possible de faire pour continuer le chantier en tenant compte de toutes les contraintes environnementales qui n’ont pas été prises en compte au moment de la déclaration d’utilité publique. Il est également nécessaire de savoir combien coûterait au final la poursuite de ce chantier, qui paiera, pendant combien de temps, et quelle serait la date de livraison de l’ouvrage.
La réponse à ces questions peut être donnée par une mission d’expertise technique et financière. Une telle mission avait validé le projet de tram-train, mais celui de la route en mer n’a pas fait l’objet d’un tel examen. Il est donc urgent d’y remédier pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que chacun soit fixé.

M.M.



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  • On aurait mieux fait de construire cette nouvelle route sur la terre ferme comme je l’ai proposé en montant en pente douce jusqu’ à 400 mètres d’altitude entre la léproserie de saint Bernard et le Ruisseau Blanc puis en traversant le massif de la montagne pour aller franchir la rivière Saint Denis aux environs de 300m d’altitude du coté de Sainte Monique et en redescendant en tunnel sous le quartier de belle pierre pour déboucher la providence du côté du parc de l’ONF .

    On n’aurait pas dépasser les 4% de pente et la longueur de la route aurait été de15 Km maximum .Et au lieu de payer les transporteurs pour aller chercher des roches on les aurait payer pour transporter des déblais vers des zones littorales où on aurait pu gagner de l’espace sur la mer , comme au Barachoix par exemple où l’ancien Maire Auguste Legros avait déjà programmé de construire un port de plaisance et une plage artificiel et bien d’autres choses depuis les années 1975.

    Je travaillais comme Cadre administratif la mairie de Saint Denis l’époque et je me rappelle bien de tout ce qui était prévu pour le développement de Saint Denis parle maire Auguste Legros .Le creusement des tunnels prévus dans le tracé que je proposais aurait certainement permis de trouver les matériaux nécessaire . La nouvelle route serait terminée et Saint Denis serait devenue la ville la plus attractive de la Région .

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  • Merci pour ces idées proposées jadis qui prouvent que ce qui est en train de se construire à grands frais n’était pas ce qui était prévu par la mairie. Il y avait mieux, mais le passé est passé, il faut penser à l’avenir.
    Je trouve que l’idée de réaliser une belle plage, associée à un port de pêche, de plaisance est très bonne.

    La NRL entrée en service entraînera la démolition de la route actuelle de 1976. Les gravats ne manqueront pas, du bon béton. Armé.
    Enfin, on ne sera plus contraint de rouler des dizaines de km, donc de polluer plus encore, de prendre des risques supplémentaires pour aller se baigner.
    Enfin, avec ensuite le réaménagement complet de la route du bord de mer, associée en plus au tram-train "TER-PEI" ferait prendre l’entrée du Chef-Lieu pour celle de Nice. Très bien. Voir sur Google, "Nice promenade des anglais " le Top ! ! !

    De quasiment la même distance, reliant le port nouveau et l’aéroport international agrandit actuellement Roland Garros pour recevoir les A 380 d’Air Austral plus économiques dont accessibles pour les citoyens que nous sommes.

    Là oui, l’île de la Réunion sera moderne, accessible, accueillante. Tout le monde apprécierait, touristes, réunionnais de passage dans leur île de naissance....
    A quand les bonnes décisions pour l’avenir de la Réunion ? Arthur.
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