Déplacements - Transports

NRL et transports en commun : ATR-Fnaut écrit à Elisabeth Borne

ATR-Fnaut et les « doubles langages » de l’État et de la Région

Manuel Marchal / 21 août 2019

Lors d’une conférence de presse tenue hier, ATR-FNAUT a mis en évidence les « doubles langages » de l’État et de la Région pour un sujet aussi important que l’urgence climatique et environnementale.

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ATR-FNAUT a rencontré hier les journalistes pour donner sa position au sujet des « doubles langages », « parce que en effet, alors que le gouvernement vient de déclarer l’urgence climatique, relayée aussi par la Region, nous constatons – comme beaucoup – que plusieurs décisions locales contredisent cette orientation ». Ces « doubles langages » ont des effets sur l’aménagement durable de notre île. ATR-Fnaut a donné quatre exemples : « Notre soutien pour amplifier la participation au referendum d’initiative partagée, pour maintenir le caractère public des aéroports de Paris ; les projets de rail à La Réunion : synergie RRTG et CINOR ou concurrences électoralistes ? Les dessous de la « mise à jour » du SDC (schéma des carrières) ; transports en commun : éternels délaissés, les tensions montent. »

Préserver la propriété publique d’ADP

Au sujet de la mobilisation pour le maintien dans la sphère publique d’aéroport de Paris, ATR-Fnaut a fait état des actions menées à La Réunion aux côtés d’autres organisations impliquées dans ce combat. Il est clair que ADP est bénéficiaire, et c’est un nouveau cadeau à des actionnaires du privé qui se prépare. Outre les services rendus aux compagnies aériennes et aux passagers, ADP ce sont aussi des boutiques duty free et une importante emprise foncière constructible. C’est un patrimoine qui doit rester la propriété de la population, faute de quoi la course au profit entraînera automatiquement une augmentation des prix des billets d’avion en raison de la hausse des taxes aéroportuaires.
La deuxième partie de la conférence de presse a porté sur le projet de Run Rail récemment sorti par la Région. François Payet, président d’ATR-FNAUT, constate une « glissade progressive » révélatrice d’une incapacité probable de la Région à financer un tel projet. En 2011, il était question d’un réseau de transport guidé d’une longueur de 150 kilomètres, présenté comme un transport ferré léger. C’est ce qui avait été vendu alors par la Région au Commissaire européen Hannes. Il était alors envisagé d’utiliser le monorail pour éviter de redonner vie à un chemin de fer type tram-train. Mais avec un coût de 200 millions au kilomètre, la Région dût battre en retraite et reprendre à son compte un projet de chemin de fer 10 fois moins cher.
ATR-Fnaut est « satisfaite » de cette réponse, mais elle constate que de 150 kilomètres, le projet a été réduit à une longueur de 9 kilomètres avec 10 stations situées sur le Boulevard Sud, uniquement à Saint-Denis. Le Run Rail se pose donc clairement en rival du projet de tramway de la CINOR, qui doit emprunter principalement la rue Maréchal Leclerc à Saint-Denis. La Région Réunion a donc choisi de faire de cette question un enjeu des municipales, car le Run Rail ne règlera aucun problème de mobilité, et la situation continuera de s’aggraver à l’entrée Est de Saint-Denis.

Pour un Run-Rail utile

ATR-Fnaut propose un phasage allant dans l’intérêt de la population, en complément avec le tramway de la CINOR à Saint-Denis, avec une première tranche du Run Rail allant de Saint-Benoît à Saint-Denis afin de réduire les 90.000 véhicules par jour qui arrivent de l’Est dans la capitale. La seconde tranche reliera l’Ouest à Saint-Denis. Enfin une troisième tranche par le Boulevard Sud peut être complémentaire au tramway de Saint-Denis, afin d’assurer une desserte express des quartiers du Sud de la ville.
« Les usagers des transports ne doivent être pris dans l’étau des enjeux électoralistes et quel est le financement ? Ils se contentent de 10 kilomètres, peut-être n’ont ils par l’argent pour le faire car la NRL a vampirisé le budget pour construire des lycées, et pour le chemin de fer », déclare François Payet.
ATR-Fnaut appelle l’ensemble des collectivités concernées à se réunir pour discuter d’une solution allant dans le sens de l’intérêt général.

NRL : le Groupement est défaillant

Enfin, l’association a évoqué le contenu d’un courrier adressé à Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et des transports au sujet des demandes d’ouverture de nouvelles carrières pour continuer le chantier de la NRL. ATR-Fnaut rappelle que le groupement attributaire du marché n’avait à sa disposition que 4 % des matériaux au moment de la notification, en 2013-2014, et s’était engagé à livrer la NRL en 2017. A l’époque, la Région Réunion affirmait que la réalisation de cette route était une urgence, or elle a attendu jusqu’à mars 2018 pour signer l’ordre de service permettant au groupement de commencer les travaux de la digue entre la Grande-Chaloupe et La Possession.
Ces derniers mois, la justice a donné tort à l’État et à la Région au sujet de leurs demandes d’ouverture de nouvelles carrières. La dernière tentative en cours d’instruction est une mise à jour du schéma départemental des carrières datant de… 2014.
Pour ATR-Fnaut, « le Groupement NRL n’est pas en mesure de livrer le chantier dans les délais prévus et donc à un coût raisonnable, 6 ans après la passation du marché, une personne publique doit constater la défaillance de l’entreprise et résilier le marché conformément aux dispositions du Code des marchés publics et des travaux.
Dans son courrier, l’association rappelle que l’ouverture de la carrière de Bois-Blanc entraînera la circulation de 900 camions par jour entre ce site et le chantier pendant des années. Cette pollution supplémentaire et l’augmentation de l’insécurité routière vont à l’encontre des engagements du gouvernement en matière environnementale. « La ministre peut dire au préfet de La Réunion : pas de carrière, il est possible de faire autre chose de la digue ». Et le financement des nouvelles études incombera à l’entreprise défaillante.
ATR-Fnaut note également des rumeurs au sujet de la patience du PNF et indique que « tant que la digue n’est pas réalisée, des mouvements financiers ne pourront être vus par le PNF ». Pour l’association, « la meilleure façon pour les dirigeants de la Région Réunion de faire taire ces rumeurs est d’abandonner la digue ». Cela signifie relancer l’appel d’offres et l’attribution du marché pour revoir le projet.

M.M.



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  • Pourvu que ça avance, le plus vite et le mieux possible, à mes yeux, sur terre, vive le retour du rail. Un TER-PEI sera très utile entre Ste Rose et St Joseph, électrique, en utilisant les énergies renouvelables qu’il y a déjà ici, locales, inépuisables et gratuites, qui dit mieux ? Il faut oser changer, penser à l’avenir, aux enfants, à la pollution qui se développe, avec toutes les micro particules qui sont diffusées dans l’air que l’on respire. Et dire qu’on peut voir des gens qui n’ont rien trouver de mieux que de courir le long des routes (Bd Sud, Bd Lancastel) encombrées donc surchargés en gaz toxiques, une folie. Les décideurs doivent penser à l’avenir, et plus au court terme comme celui de leur mandat. Faire participer les citoyens, se soucier des problèmes à résoudre pour rendre l’île plus propre, vivable tout simplmeent car pour le moment, c’est pas top. Des exemples sont faciles à trouver, même si des fois on entend dire que c’était pire avant. Mais avant, il y avait moins de monde, donc moins de déchets, pas de recyclage et du bon côté, il y avait davantage de solidarité, de respect, de savoir-vivre, finalement, qu’en pensez-vous ? Arthur.

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