Déplacements - Transports

NRL : l’accord déjà signé pour calmer les transporteurs vraiment finalisé ?

Une semaine après la signature qui doit relancer le chantier de la route en mer, étonnant silence de la Région Réunion

Manuel Marchal / 7 août 2020

Une semaine après l’annonce d’un accord pour le démarrage de la seconde partie du chantier de la route en mer le 15 septembre, aucun détail n’a été donné sur le contenu du texte sur lequel se sont entendus la Région Réunion et le Groupement GTOI-SBPTC-GTOI. Pourtant, le président de la Région Réunion s’est engagé à rendre publics le contenu de l’accord cette semaine. Ce délai étant presque écoulé, et devant le silence de la Région et du Groupement, la situation risque de se tendre car des transporteurs demandent audience au préfet et n’excluent pas de repasser à l’action la semaine prochaine.

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Voici une semaine, un accord entre le Groupement GTOI-SBTPC-GTOI a mis fin à un mouvement de transporteurs. La seule communication officielle issue de cette rencontre est un communiqué de la préfecture de La Réunion, annonçant que les travaux concernant la digue entre La Possession et la Grande Chaloupe commenceront le 15 septembre. Aucune autre information concernant les conditions de cette reprise n’a été rendue publique, alors que la Région Réunion s’était engagée à le faire cette semaine. Avant cet accord, des transporteurs s’étaient installés aux abords de la Région Réunion pour demander des explications à Didier Robert au sujet de la seconde partie du chantier de la route en mer, toujours pas démarré 10 ans après la présentation du projet, et bientôt 7 ans après la pose de la première pierre. La cause du blocage est un désaccord entre le Groupement et la Région Réunion au sujet du paiement d’un surcoût. Il était question d’une somme comprise entre 150 et 200 millions d’euros alors que selon les déclarations faites à la presse vendredi dernier par différents protagonistes, l’accord aurait porté sur une somme de 40 millions d’euros.

Pas de matériaux à l’horizon

L’enjeu est considérable pour ces transporteurs, car le choix technique voulu par la Région Réunion pour cette seconde partie de chantier visait à privilégier des transporteurs. Il s’agissait en effet de construire une digue supportant une route à 6 voies entre La Possession et La Grande Chaloupe.
Croyant bénéficier d’un carnet de commandes bien remplis pendant plusieurs années, des transporteurs se sont endettés pour acquérir des camions pour transporter les matériaux nécessaires à l’édification de cette digue. Mais tout cela a été décidé sans que les promoteurs du chantier ne se soient préalablement assurés de la disponibilité de ces matériaux à La Réunion. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : ces matériaux ne sont pas disponibles dans notre île. Et les camions importés prennent la poussière alors qu’il faut bien les payer. En effet, l’idée d’ouvrir une méga-carrière à Bois-Blanc pour y extraire ces matériaux continue de s’éloigner. Le dernier avis de l’Autorité environnementale en date du 22 juillet dernier est très clair : des procédures préalables sont indispensables, et des précisions doivent être apportées dans la provenance des matériaux.

Accord sur tout ou partie du chantier ?

Dans son édition d’aujourd’hui, « Le Quotidien » rappelle l’existence d’une ligne de fracture dans la plate-forme syndicale des transporteurs. Vendredi dernier, le courant Caroupaye-Mongin félicitait Didier Robert à la sortie de la préfecture au sujet de l’accord, tandis que l’Organisation des transporteurs indépendants estimaient que la date du 15 septembre était trop éloignée. Selon notre confrère, la tension monte devant l’absence d’informations. La plate-forme des transporteurs a demandé audience au préfet pour avoir des explications. Le président de l’Organisation des transporteurs indépendants indique que sans réponse, une nouvelle action pourrait commencer mercredi.
Preuve de l’opacité qui entoure l’accord, cette interrogation de notre confrère : l’accord porte-t-il sur la réalisation d’une partie du chantier comme l’indique le Groupement, ou sur l’achèvement de la totalité de l’ouvrage comme l’affirme la Région. C’est à se demander si l’accord signé vendredi n’est pas en train d’être encore en cours de négociation.

M.M.