Déplacements - Transports

Rassemblement pour le chemin de fer à La Réunion

Après l’annonce du retour du tram-train à Saint-Denis

Manuel Marchal / 23 août 2018

En votant pour le lancement d’un projet de tramway entre Sainte-Marie et Saint-Denis, la Région apporte la confirmation que le chemin de fer permet de régler une grande partie des problèmes de circulation à La Réunion. Cela fait 8 ans que le chantier du tram-train a été stoppé. Il est urgent d’accélérer la cadence pour limiter le temps perdu.

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La Réunion est une île montagneuse de 2500 kilomètres carrés. Pendant près d’un siècle, les besoins en mobilité entre les villes étaient assurés par un chemin de fer. Ce moyen de transport a été supprimé dans le sillage de l’intégration de La Réunion à la France. En effet, une nouvelle classe sociale émergeait, capable d’acheter des produits de consommation tels que les automobiles. L’industrie française voyait se dessiner un nouveau marché d’exportation. Pour le pouvoir, c’était aussi l’occasion d’affaiblir le mouvement social réunionnais. Les travailleurs du chemin de fer avaient en effet joué un rôle décisif dans la lutte qui a obligé la France à abolir le statut colonial à La Réunion. C’est là que la CGT était particulièrement bien implantée. La suppression du chemin de fer visait donc à préserver les intérêts de ceux qui refusaient l’application de la loi d’égalité du 19 mars 1946.
Cette suppression s’est accompagnée de la construction de la route du littoral. Cela a créé un problème de déplacement qui n’est toujours pas réglé, 60 ans après cette décision.

Chantier interrompu

Entre 1998 et 2010, la Région a œuvré pour corriger cette décision. Elle a travaillé à un projet de reconstruction du chemin de fer, sur un tracé allant de Saint-Benoît à Saint-Joseph en passant par Saint-Denis. Une première tranche avait fait l’objet d’un financement conjoint de la Région et de l’État dans l’Accord de Matignon signé en janvier 2007. Cela signifiait la mise en service d’une ligne reliant Sainte-Marie à Saint-Paul en passant par un tunnel parallèle à la route du littoral. Des premiers ouvrages d’art prévoyant l’emprise de la future voie ferrée ont été construits : le nouveau pont de la rivière des Pluies, celui de la rivière des Galets et l’axe-mixte à Cambaie.
Il est clair que si l’Accord de Matignon avait été respecté, ce tram-train serait déjà en train de circuler, et les Réunionnais auraient le choix entre l’automobile et le train pour se déplacer d’une ville du littoral à une autre. Nous en serions alors à l’étape suivante, la construction des extensions vers Saint-Benoît et Saint-Joseph.

Le chemin de fer rassemble

En 2010, la nouvelle direction de la Région a choisi de stopper ce projet pour satisfaire quelques intérêts partisans. Elle a décidé de transférer les fonds prévu pour le tram-train sur une route en mer. 8 ans après, ce dernier projet est bien loin d’être achevé faute de matériaux, tandis que les difficultés de circulation ne font que s’accroître.
Lors des régionales de 2015, tous les candidats avaient dans leur projet des alternatives au tout-automobile ayant recours à la voie ferrée, avec un ou deux rails. Ceci rappelait que le tram-train était un bon projet, car la réalité avait fini par s’imposer.
La liste gagnante des régionales était direction sortante. Elle plaidait pour un système de monorail. Mais là aussi la réalité a fini par s’imposer, avec le retour à une solution de train classique, sous forme de tramway, selon ce qui a été acté mardi par la Commission permanente de la Région.
C’est donc bien la preuve que le chemin de fer est un projet qui peut rassembler tout le monde. Maintenant, il est urgent d’accélérer la cadence pour rattraper tout le retard accumulé depuis 2010. La reconstruction du chemin de fer doit être le projet d’aménagement prioritaire à La Réunion, car c’est celui qui fédère.

M.M.



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Messages






  • Combien d’entres nous sommes d’accord pour le retour effectif du train, un "TER-PEI", électrique cette fois, moderne, créateur d’emplois propres et durables ? Il faudrait faire une pétition, faire de la pédagogie pour expliquer que ce que l’on vit ici et qui s’amplifie hélas, n’est vraiment pas raisonnable, pas vraiment du tout même ! Il n’y a qu’à voir le tau de personnes qui souffrent de l’ashme, on bât des tristes records ici, les enfants, nés et à naître vont souffrir à petit feu pour le profit illusoire de nantis qui distribuent, assurement, si on peu dire mais à court terme seulement, la "vraie" politique c’est de penser à l’avenir, qu’il soit vivable, sain, tout simplement. Il y a du boulot, comme : le train donc, puis l’arrêt des bouteiles en plastiques, pailles, couverts, assiettes, barquettes, conton-tiges en plastique des bombes à retardement remplies de perturbateurs endocryniens. C’est grave. Le bois existe pour le remplacer. Retour aussi des consignes, pas que pour les dodos, que certains récupèrent pour les ramener à l’usine de rinçage-embouteillage. formation tout azimut de métiers valorisants, pour le tri des déchets, récoltes et recyclages inteligents, instauration des vélibs en villes, des repas bio, en circuits courts pour les établissemnts scolaires, lieux de formation des futurs citoyens qui paieront nos retraites, les maisons de retraite pour les gramounes, et stop définitif du gasole, qui diffuse des micro particules pour les poumons, cancérigènes, scandale ! Bon WE zot tout, Arthur, Osons changer pour le meilleur et pas le pire Voilà. .

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  • Attendons que l’on fasse une enquête d’utilité publique, obligatoire, à moins que celà fût fait il y a 8 ans déjà et que ces résultats sont encore valables, cela fera accéler la procédure. De toute manière, depuis 8 ans, si on part d’une base de 22 000 voitures importés chaque année sur l’île de la Réunion, j’ai lu ce nombre pour cette année alors que seuls les 8 premiers mois de 2018 sont quasiment écoulés, cela fait donc un total de 22 000 X 8 = 176 000 ! ! ! On pourrait arrondir à 200 000 ! Pas mal quand même, ça marche les affaires, il ’y a qu’à voir les prospectus entres autres produits "derniers cris à consommer sans trop se poser de question, à savoir si on pourrait faire autrement ni en ce qui concerne nos santés, le bruit et autres nuisances engendrés par cette folie du "tout pour la route". Malgré mon sticker "stop pub" reçu pas la Cinor, ça continue. Les îles peuvent le faire, changer de paradigme, innover et pas poursuivre vers cette folie consummériste, pensons à la planète que nous allons laisser à la fin de nos vies, c’est tout. Les futures générations seront sidérées de savoir qu’on pouvait faire mieux pour eux ! Arthur.

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