Déplacements - Transports

Route en mer : comme en Italie, le viaduc s’écroulera et qui paiera ?

Nouvel avertissement pour La Réunion

Témoignages.re / 25 novembre 2019

En Italie, une partie d’un viaduc autoroutier a été emporté par une coulée de boue. C’est un nouvel avertissement pour La Réunion. Cela rappelle que le pari fait par Didier Robert, faire construire une route en mer sur les flancs d’anciennes coulées de lave, est extrêmement risqué. Car tout comme son homologue italien, le viaduc de la route en mer s’effondrera, ce n’est qu’une question de temps. Et qui paiera alors le prix de cette immense catastrophe ?

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Le Nord de l’Italie a été touché hier par de fortes pluies. Ce phénomène extrême est à l’origine d’un événement qui aurait pu avoir des conséquences encore plus importantes. En effet, une coulée de boue a emporté une section de viaduc d’une autoroute. Fort heureusement, des victimes ne sont pas à déplorer. Les images montrent que la chaussée s’est écroulée sur une longueur de 30 mètres.

La force de l’océan Indien

Ce drame est un nouvel avertissement pour La Réunion. En effet, ce sont au bas mot plusieurs centaines de millions d’euros qui ont été investis pour construire un viaduc dans la mer. C’est un chantier sans précédent dans le monde, car ce viaduc est posé sur des anciennes coulées de lave, en plein océan Indien. Cet ouvrage est donc voué à subir constamment les effets de la houle qui détruisit le phare du Port. De plus, avec les effets du changement climatique, le niveau de l’océan va monter. C’est donc un volume d’eau plus important qui frappe constamment les piles de ce viaduc.
Or, à la différence de ce qui s’est passé en Italie, la structure du viaduc en mer fait que si une pile s’effondre, elle entraînera avec elle une section de 700 mètres.

Comment reconstruire ?

Dans sa volonté de privilégier des transporteurs plutôt que l’intérêt général, la Région Réunion s’est entêtée à imposer la solution d’une digue pour relier la Grande Chaloupe à La Possession. Quant à la machine créée spécialement pour poser les piles du viaduc, elle dort actuellement au large du Port Est, dans l’attente de son démantèlement pour être vendue. En conséquence, en cas d’effondrement d’une partie du viaduc, aucun moyen de le réparer ne sera disponible sous la main. Compte tenu du fait que le projet de route en mer prévoit la destruction de la route du littoral, alors le seul itinéraire alternatif sera de passer par la route de la Montagne, bien incapable d’absorber le trafic quotidien de la route actuelle, et qui ira en augmentant en raison du refus de la Région Réunion de poursuivre le chantier du train qui aurait dû être terminé voici déjà plusieurs années.
Ce sera donc l’isolement de Saint-Denis et de l’Est de La Réunion, privés d’un lien suffisant vers l’Ouest et le Sud.

L’urgence d’une expertise

Cette hypothèse devient réaliste, car il y a fort à parier que les concepteurs du viaduc qui s’est écroulé en Italie ont mis en avant les mêmes arguments que les partisans de la route en mer : une route sécurisée et durable.
Voilà pourquoi l’urgence d’une expertise technique, financière et environnementale du chantier de la route en mer est plus que jamais une nécessité.

M.M.



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  • Expertise financière ou pas il est urgent de prévoir une autre route secondaire reliant Saint Denis et la possession car même si l’expertise ne découvre rien d’anormal il ne fallait pas défier la nature et les éléments et un jour ou l’autre nous assisterons à la destruction totale ou partielle de cette route en mer par un cyclone , un tsunami ,un tremblement de terre ou encore un attentat terroriste ou même un grave accident sur la route qui pourrait endommager le tablier et une ou deux piles

    Dans le cas ou cette hypothèse se produirait, le trafic sera dévié par la route de la montagne actuelle, mais celle ci ayant déjà montré ses limites, comme le nombre de véhicules automobiles en circulation dans notre département continuera d’augmenter si nous ne construisons pas rapidement le tram train ou le réseau express régional RER qui était prévu par Paul Verges il nous faut prévoir dès maintenant une autre route secondaire pour relier saint Denis la Possession et envisager la construction d’un deuxième grand port dans la zone EST de l’île comme le demande monsieur Jean Paul Virapoulé depuis longtemps ,que ce soit à Quartier Français ou à Bras Panon sur les bord de la Rivière Dumas ou de la Rivière des roches là ou le relief est le plus favorable . Ce qui permettrait d’envisager une liaison par mer par ferry boat entre l’Est , l’Ouest et le Sud .

    Cette route secondaire pourrait être les deux voies côté mer de la route du littoral actuelle mais comme celle ci risque d’être impactée par les chutes de pierres et par les fortes houles il serait sans doute préférable de prévoir une route passant par le plateau de la montagne qui pourrait rejoindre la route du Brûlé par tunnel sous le Colorado ou qui pourrait rejoindre le carrefour du pont Vinh Shan en suivant les courbes de niveau de la montagne . Et bien entendu si nous ne pouvons disposer du budget suffisant pour construire cette route rapidement il faudrait garder en circulation au moins les deux voies côté mer de la route du littoral actuelle jus qu’ à ce que cette nouvelle route soit livrée .

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