Déplacements - Transports

Route en mer : encore 12 ans de travaux pour la NRL si le détournement du Plan de relance réussit

Joël Mongin et Jean-Gaël Rivière démentent les promesses de Didier Robert

Manuel Marchal / 26 août 2020

Dans le « Quotidien » d’hier, la parole est donnée à plusieurs dirigeants de syndicats de transporteurs. Ils commentent l’accord signé entre la Région Réunion et le Groupement SBTPC-GTOI-VINCI sous l’égide de l’Etat signifiant la résiliation à l’amiable du marché de la digue de la route en mer. En conséquence, pour enfin commencer la seconde partie du chantier lancé depuis 2013, il sera nécessaire de relancer un appel d’offres. En attendant, la facture de plus de 40 millions d’euros payée par les contribuables permettra notamment la construction de 200 mètres de digue.

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Joël Mongin, président de la FTOI, et Jean-Gaël Rivière, président de la FNTR sont très satisfaits de l’accord annoncé par Didier Robert. Pour eux, ces 200 mètres de digue assurent « un an de boulot » aux transporteurs concernés.
Sachant que la digue prévue a une longueur de 2400 mètres, il est donc facile d’en déduire que selon la productivité des transporteurs, il faudra donc 12 ans de travaux pour achever la digue. Pendant ce temps, Didier Robert, président de Région, assure que la route sera livrée dans 3 ans… qui dit vrai ?

Par ailleurs, lors de la visite du ministre des Outre-mer, il a de nouveau été question de faire intervenir des fonds du Plan de relance destinés à La Réunion pour financer la poursuite du chantier. Ce Plan de relance est destiné à aider la réalisation de nouveaux investissements, ou de soutenir la reprise de chantiers interrompus par la crise COVID Or, là où le bat blesse, c’est lorsque l’on constate que ce chantier est une promesse vieille de 10 ans, la première pierre a été posée en 2013. Il n’entre pas dans le cadre du Plan de relance.

Joël Mongin explique alors le tour de passe-passe utilisé pour tenter malgré tout d’obtenir des fonds du Plan de relance :

« La Région a eu raison de relancer le marché. C’était le seul moyen possible pour bénéficier de l’aide de l’État dans la cadre du Plan de relance. Il fallait un nouveau projet ».

Pas sûr que les responsables de l’utilisation de l’argent public cautionnent un tel détournement fait au détriment de projets bien plus réalistes et créateurs d’emploi.

M.M.