Déplacements - Transports

Route en mer : l’État propose une concertation générale

Une délégation de transporteurs reçue hier par le préfet de La Reunion

Manuel Marchal / 10 octobre 2019

Hier, « le préfet a donné son accord à l’organisation prochaine d’une réunion de l’ensemble des acteurs concernés par le chantier de la nouvelle route du littoral. » Pour que cette concertation soit efficace, elle devra avoir comme document de référence l’expertise financière, technique et environnementale du projet de la route en mer, et devra être ouverte sans exclusive à toutes les personnes concernées par les impacts du chantier.

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Une délégation d’organisations patronales du transport, de l’agriculture et de la CFDT a été reçue hier par le préfet de La Réunion. Ces professionnels ont fait part au représentant de l’État de leur inquiétude face à la menace d’arrêt du chantier de la route en mer, faute de matériaux disponibles.

Position de l’État

Dans un communiqué, la préfecture a donc donné la position de l’État sur cette question :

« Le préfet a rappelé le soutien constant de l’État à la construction de la Nouvelle route du littoral. Les services de l’État ont accompagné et continuent d’accompagner l’approvisionnement du chantier en matériaux de construction, notamment sur le plan réglementaire. En réponse à la demande de la relance des prélèvements d’andains sur des terres agricoles, le préfet a affirmé la pleine mobilisation des services de l’État pour instruire dans les meilleurs délais tout dossier permettant de mobiliser des matériaux sur le territoire réunionnais.
Le préfet a donné son accord à l’organisation prochaine d’une réunion de l’ensemble des acteurs concernés par le chantier de la nouvelle route du littoral. »

Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, cette position ne signifie pas que l’État pense que transformer des exploitations agricoles en carrières est la solution miracle. L’État se bornera à rester dans le cadre légal actuel, sans chercher la limite de la légalité par des actions type passage en force. En effet, le Groupement bénéficiaire du marché de plus d’un milliard d’euros et la Région ont mouillé l’État dans une opération d’ouverture de nouvelles carrières. Et c’est l’État qui a été désavoué par la justice, ce qui rend désormais fort improbable l’ouverture de la carrière de Bois-Blanc, qui est présentée par la Région et les derniers soutiens de la route en mer comme une autre solution miracle pour satisfaire l’ambition de Didier Robert d’essayer de marquer le paysage de La Réunion de son empreinte.

Déjà au moins 600 licenciements

En conséquence, l’arrêt progressif du chantier déjà entamé a mis au chômage 600 travailleurs, selon la CFDT. C’est donc une catastrophe sociale à cause de l’entêtement de la Région à vouloir faire passer à tout prix une solution technique destinée à fidéliser une clientèle de transporteurs. Mais la situation est en train de se retourner contre la Région, et des transporteurs n’hésitent plus à demander des comptes à Didier Robert, qui leur avait promis un chantier taillé sur mesure pour augmenter leurs profits.

Là où l’État ouvre une porte de sortie, c’est dans « son accord à l’organisation prochaine d’une réunion de l’ensemble des acteurs concernés par le chantier de la nouvelle route du littoral. » En effet, une table-ronde est justement l’occasion de mettre toutes les options sur la table, dans la transparence.

Rappelons que dans l’accord de financement actuel signé par Didier Robert et François Fillon fin 2010, il est prévu que la participation de l’État soit un montant forfaitaire, autrement dit, tous les dépassements devront être pris en charge par d’autres. Cette disposition fait craindre que l’explosion prévisible du devis initial se répercute sur les finances de la Région Réunion. Si c’était le cas, alors le Conseil régional verrait ses marges de manœuvres considérablement réduite. L’État cherche donc une issue pour maintenir la paix sociale à La Réunion, instruit par l’expérience de différents conflits passés dans notre île.

Concertation sans exclusive ?

L’évolution du chantier de la route en mer a montré que son impact concerne toute La Réunion. Il sera donc nécessaire de convoquer les riverains menacés par les projets de carrière, les associations de défense de l’environnement ainsi que les collectivités qui devront comprendre que si la Région persistait dans sa voie, alors les subventions versées par le Conseil régional ne pourront que diminuer. Il est bien entendu que cette remise à plat du projet doit s’accompagner d’une étude objective sur les possibilités d’achever le chantier. Ce préalable, c’est la réalisation d’une expertise financière, technique et environnementale du projet de Didier Robert. Sur cette base, il sera alors possible de débattre de la manière de rétablir enfin ce qui existait à La Réunion quand existait le chemin de fer, à savoir la liaison sécurisée entre Saint-Denis et La Possession.

M.M.



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  • Un tunnel à creuser, en fait, il existe déjà entre la Gde Chaloupe et la Possession, noilà la solution que je propose, dans ce cas, on n’emploiera pas de carrière, mais l’inverse, on aura des roches, issues des tunneliers qui auront travailler, qui pourront servir à comlber des trou, à faire des gabions, etc, c’est pourtant facile de faire des économies non ? Arthur qui tousse et en a marre de respirer des gaz toxiques, de plus en plus nombreux, beurk . Arthur.

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