Déplacements - Transports

Route en mer : l’inauguration du viaduc pas dans le programme d’Emmanuel Macron

Visite officielle du président de la République du 23 au 25 octobre

Manuel Marchal / 18 octobre 2019

La visite officielle du chef de l’État fournissait le prétexte à une énième opération de communication de Didier Robert sur la route en mer. En effet, le viaduc entre Saint-Denis et la Grande Chaloupe est terminé et des drapeaux de la France, de l’Europe ainsi que celui portant le logo de la Région ont été disposés sur cet ouvrage d’art. Mais l’inauguration maintenant possible de cet ouvrage d’art n’est pas dans les éléments du programme présidentiel qui ont fuité dans la presse. Et il semble même que la route en mer ne soit pas au programme d’Emmanuel Macron, alors qu’elle est sans doute l’investissement qui coûte le plus cher à la France depuis le début du peuplement de La Réunion.

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Depuis le début du chantier de la route en mer, Didier Robert, président de la Région Réunion, a initié un cérémonial bien particulier : l’inauguration d’ouvrages d’art à peine terminés qui ne sont pas prêts d’être connectés un jour au réseau routier. Ce fut le cas de l’échangeur de La Possession, un pont qui ne sera jamais relié à une route, car il constitue le terminus d’une digue dont les matériaux nécessaires à sa construction ne sont pas disponibles à La Réunion. L’échangeur de la Grande Chaloupe a connu le même sort. A peine fini, il fut l’objet d’une cérémonie d’inauguration, alors que chacun sait que dans la situation actuelle, il n’est pas prêt d’être en service un jour, toujours en raison du manque de matériaux pour construire la digue située à son extrémité Sud.

Les usagers de la route du littoral peuvent constater que le chantier du viaduc en mer touche à sa fin. Les piles ont été posées sur les coulées de lave, et elles supportent un tablier qui est terminé.

Sur la base des précédents des échangeurs de La Possession et de La Grande Chaloupe, les conditions sont donc réunies pour son inauguration.
Une telle cérémonie tomberait à pic avec la venue du président de la République dans notre île. Après la Région, la France est en effet le second financeur de la route en mer. L’État s’est d’ailleurs fortement impliqué dans ce projet en donnant à la Région les dérogations nécessaires au lancement du chantier, malgré les avis contraires des autorités environnementales, en particulier le Conseil national de protection de la Nature.

Or d’après les éléments du programme présidentiel qui ont fuité dans la presse, l’inauguration du viaduc n’est pas à l’ordre du jour. Plus grave encore pour Didier Robert et ceux qui ont cru dans sa promesse de route en mer : la visite rituelle du chantier proposée aux invités extérieurs de marque n’est même pas évoquée.
Ceci reste malgré tout étonnant. En effet, depuis le début du peuplement de La Réunion, le chantier de la route en mer est sans doute l’investissement dans lequel la France doit dépenser le plus d’argent. Rappelons en effet que Paris n’avait pas dépensé un centime pour la construction de la route des Tamarins, financée à 85 % par la Région et à 15 % par l’Union européenne. Si cette orientation se confirmait, alors elle ne pourrait qu’interroger.

M.M.