Déplacements - Transports

Route en mer un jour finie ? Le Conseil d’État contre l’ouverture de la carrière de Bois-Blanc

L’urgence d’une expertise technique, financière et environnementale pour sortir de l’impasse causée par la fuite en avant de la Région

Manuel Marchal / 15 avril 2020

La route en mer sera-t-elle un jour terminée ? Le projet de Didier Robert vient de connaître un nouveau désaveu venant de la juridiction administrative suprême, le Conseil d’État. Après l’annulation du Schéma départemental des carrières en juillet 2019, le Conseil d’État vient de prendre une nouvelle décision allant dans le sens de la protection de l’environnement. Il confirme la suspension de l’exploitation de la carrière de Bois-Blanc, présentée comme essentielle pour la reprise du chantier par Didier Robert et ses amis.

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Siège du Conseil d’État à Paris, la plus haute juridiction administrative.

La route en mer sera-t-elle livrée un jour ? Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité après la dernière décision du Conseil d’État. Après le verdict de la justice administrative suspendant l’exploitation de la carrière de Bois-Blanc, le ministère de l’Agriculture, la Région et la société SCPR avaient fait un appel de la dernière chance devant la juridiction suprême. La décision rendue le 7 avril et communiquée hier ne va pas dans le sens des intérêts particuliers et conforte la lutte de tous ceux qui se battent pour l’intérêt général, en particulier la protection de l’environnement à La Réunion.
Une information publiée ce matin par Imaz Press Réunion et Clicanoo annonce que le Conseil d’État a confirmé la suspension de l’exploitation de la carrière de Bois-Blanc. C’est une grande victoire.

Pas de matériaux pour continuer le chantier

Ce projet qui doit coûter au bas mot plus de 2 milliards d’euros reste à ce jour une dépense inutile, compte tenu de l’entêtement de la Région Réunion à vouloir imposer la solution d’une route en digue sur la seconde moitié des 12 kilomètres de ce que France 2 a surnommé « la route la plus chère du monde ». Car à en croire Didier Robert, président de Région, et ses amis, la carrière de Bois-Blanc est indispensable à la reprise du chantier de la route en mer.
Rappelons que faute de matériaux disponibles, le chantier de cette digue n’a jamais vraiment commencé. Si la carrière de Bois-Blanc est indispensable et qu’elle ne peut pas ouvrir, alors la route en mer ne se fera pas.
Cela fait bientôt 10 ans que la Région, avec le soutien de la France présidée alors par Nicolas Sarkozy, a annulé les deux grands chantiers du tram-train et de la nouvelle route du littoral pour utiliser l’argent obtenu par Paul Vergès pour ces projets dans une improbable route en mer.
Par conséquent, l’urgence d’une expertise technique, financière et environnementale du projet de Didier Robert est plus que jamais nécessaire. C’est la seule issue pour qu’une solution soit trouvée afin de sécuriser la liaison entre Saint-Denis et La Possession, et donc le seul moyen d’avoir une chance de sortir de cette crise.

M.M.



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  • Il ne faut pas tirer des conclusions trop vite . Le conseil d’Etat n’a pas demandé la fermeture du chantier de la route du littoral mais seulement suspendu l’exploitation de la carrière de Bois Blanc .Si la Région Réunion qui est le maître d’ouvrage de cette route veut absolument la terminer avec une partie digue comme prévue , il faut qu’elle trouve une autre solution pour fournir les roches nécessaires aux chantier .

    Il y a des roches sur les andins agricoles mais il y a aussi des roches dans le lit de nos rivières et ravines accessibles aux engins d’extraction ; il suffit de s’organiser pour aller les chercher ; enfin il y a peut être des propriétaires qui sont peut être prêts à extraire eux mêmes les roches de leurs terrains pour les livrer eux mêmes au chantier si on les paie correctement . Il faudrait peut être approfondir ce dernier point pour voir ce qui est possible de faire dans le cadre des réglementations existantes .

    Et si la construction de la digue n’est pas possible il faudra modifier le projet et réaliser le tronçon de route qui manque par
    un viaduc soit similaire à celui qui a été construit entre Saint Denis et la grande chaloupe soit différent .

    Les responsables de ce projet qui nous a coûté déjà plus de deux milliards d’euros mais qui nous coûtera encore beaucoup plus cher si on ne l’achève pas devraient profiter de la période de confinement qui empêche les ouvriers et les transporteurs de travailler pour essayer de trouver la meilleure solution .pour le terminer le plus rapidement possible . L’économie de la réunion va être terriblement touchée par les conséquences de la pandémie de Coronavirus mais l’arrêt du chantier de la nouvelle route va encore aggraver la situation . Ce n’est pas le moment de baisser les bras . bien au contraire, il faut tout faire pour terminer le chantier le plus rapidement possible .

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