Déplacements - Transports

Une route à mi-pente pour désenclaver l’Est de La Réunion

Proposition pour l’aménagement du territoire

Joseph Luçay Maillot / 30 octobre 2017

Dans l’état actuel du réseau routier, la traversée de Saint-Denis pose de graves problèmes. Le Boulevard Sud et la route nationale du front de mer sont saturées aux heures de pointe. Il n’est pas rare de passer deux heures dans son véhicule pour parcourir les 20 kilomètres qui séparent Saint-André de Saint-Denis. Par ailleurs, le projet de route en mer laisse de côté la Montagne. Ce quartier de Saint-Denis est susceptible d’accueillir de nombreux logements s’il est désenclavé. Luçay Maillot propose donc la construction d’une route à mi-pente reliant Saint-André à la Grande-Chaloupe pour que les habitants des Hauts de l’Est et de Saint-Denis ne soient plus obligés de descendre sur le littoral pour rejoindre l’Ouest de l’île.

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Comme je l’ai indiqué, il y a plusieurs solutions au problème et on pourrait les mettre en œuvre toutes, mais celle qui me parait la plus urgente et la plus efficace serait de réaliser sans tarder une liaison à mi-hauteur, c’est-à-dire entre 400 et 500 mètres d’altitude au maximum entre la Grande-Chaloupe et Saint-André au niveau de la station essence située avant le pont de la rivière du Mât

Voici le tracé que je propose pour cette route et dont une grande partie serait réalisée en tunnel, notamment la partie située sous la Montagne entre Saint Bernard jusqu’au bassin Couderc en passant sous le parc de loisir du Colorado, les parties passant sous les hauts de Belle Pierre, du domaine forestier de la Providence, de Montgaillard, de Bois de Nefles et de la Bretagne, peut être aussi de la Grande Montée.

30 kilomètres et 900 millions d’euros

Evidement chacun de ces quartiers serait relié aux entrées et sorties du tunnel qui leur passerait dessous, et à chaque fois qu’il sera possible, la nouvelle route sera reliée aux routes départementales ou communales existantes qui seraient situées dans son prolongement, quitte à retravailler ces portions d’anciennes routes pour les intégrer au nouveau projet.

Cette nouvelle route va réduire considérablement le trafic qui passe actuellement sur le littoral et permettre de diminuer sensiblement l’émigration des populations rurales des haut de l’Est vers les zones urbaines du littoral. La longueur du tracé proposé ne devrait pas dépasser 25 à 30 kilomètres dont une bonne partie pourrait être réalisée en trois voies avec circulation alternée. Et comme une bonne partie du tracé peut rejoindre des routes départementales ou communales existantes de bonne qualité, son coût ne devrait pas être très élevé malgré les nombreux ouvrages d’art et notamment les ponts et tunnels qu’il faudra réaliser. Mais malgré tout, par comparaison avec la route des Tamarins, je pense qu’il faudrait prévoir au moins une enveloppe de 600 millions d’euros pour l’adjudication des marchés, enveloppe qui passera sans doute à 900 millions pour actualisation et imprévision à la fin du chantier.

4 ans de travaux

Si les études des sols sont faites correctement et ne réservent pas de surprises, la durée du chantier ne devrait pas dépasser 4 ans après le lancement de l’ordre de service, soit une livraison en 2023 si tout va vite et bien.

Le financement de ce projet pourrait être assuré par le département, l’Etat français et l’Union européenne notamment par le biais du FEADER ou d’autres fonds européens, puisqu’il permettra de mieux desservir les terrains agricoles des hauts de l’Est et par conséquent de mieux les rentabiliser. On peut aussi envisager un complément du financement par un emprunt populaire auquel pourrait souscrire la population réunionnaise qui souhaite sortir rapidement de l’enfer dans lequel elle se trouve depuis quelques années. Cet emprunt pourrait être très rémunérateur et souscrit avec des avantages fiscaux pour les souscripteurs.

Bien entendu les élus du département pourraient prévoir que ce projet puisse être exclusivement réservé aux entreprises locales du BTP qui nous ont signalé, lors de leur manifestation, qu’elles étaient sur le bord du gouffre. Cette clause de préférence régionale ne devrait pas être contestée juridiquement si elle est bien motivée, et pourrait faire partie des adaptations au régime juridique national qui pourrait découler de la suppression de l’amendement Virapoullé à l’article 73 de la constitution.

Exploiter des terres en friches

Bien entendu, je ne suis certainement pas le seul à avoir réfléchi sur cette idée de route des hauts de l’Est et il y a sans doute d’autres tracés possibles et peut être moins coûteux, mais l’avantage de mon projet est de monter relativement haut (entre 400 et 500 mètres d’altitude) et de permettre un véritable désenclavement de tous les hauts situés entre la Rivière du Mât et la Grande Chaloupe et de rendre possible l’exploitation des terres agricoles encore en friche ou abandonnées dans les hauts de Saint-André, de Sainte-Suzanne et de Sainte-Marie et de mieux rentabiliser le capital touristique de la Cote Est.

Cette portion de route que je propose pourrait d’ailleurs être une première étape dans la réalisation d’une route à mi-hauteur qui pourrait aller de la Grande Chaloupe jusqu’à Saint-Benoit ou même Sainte-Rose puisqu’il y a encore des zones agricoles à désenclaver ou tout au moins à relier entre elles sur ces communes mais également pas mal de terres en friches qui pourraient être exploitées, par une voie en altitude au-dessus de Bras-Panon et de Saint-Benoit et même de Sainte-Rose après le pont de la Rivière de l’Est Mais à mon avis la première tranche, qui pourrait être celle de Saint-André à la Grande Chaloupe, devrait être considérée comme urgente parce qu’elle permettrait de réduire immédiatement la pression des bouchons sur le réseau automobile qui passe sur le littoral et désengorgerait les artères principales de Saint-Denis dans lesquelles on ne circule presque plus aux heures de pointe ou en cas d’accident. Cependant si la première tranche doit être réalisée en urgence, rien n’empêche une programmation de l’ensemble de cette route des hauts de l’Est dès maintenant afin de bloquer dès aujourd’hui dans un programme sur une longue durée un engagement de financement sur la totalité du projet depuis la Montagne jusqu’à Sainte Rose notamment pour ce qui concerne l’Etat et l’Union européenne.

Joseph Luçay Maillot