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Un sursis de 6 mois pour évacuer Air Austral de la présidentielle
19 janvier 2022, par

Accord de l’Union européenne pour un prêt de l’Etat à Air Austral assorti d’une condition : restructuration ou liquidation d’Air Austral si la compagnie ne peut pas rembourser dans 6 mois. Une manière de repousser la question de la fusion ou pas avec Corsair de 6 mois, c’est-à-dire après la présidentielle, car cette aide correspond à peine à 10 % des 200 millions d’euros que Corsair demande à l’État pour effacer les dettes creusées par la direction d’Air Austral afin d’intégrer la compagnie réunionnaise dans une holding commune avec la compagnie guadeloupéenne Corsair. Ce délai de 6 mois sera-t-il mis à profit pour réaliser l’indispensable audit des finances d’Air Austral, préalable à la moindre décision concernant l’avenir de la compagnie réunionnaise ?
Dans un communiqué diffusé hier et intitulé « Aides d’État : la Commission autorise une aide au sauvetage sous forme d’un prêt de l’État français d’un montant de 20 millions d’euros en faveur d’Air Austral », la Commission européenne annonce donner son accord à un prêt de 20 millions de l’État qu’Air Austral devra rembourser dans les six mois avec un taux d’intérêt « suffisamment rémunérateur » pour l’État. Si dans 6 mois, Air Austral ne peut pas rembourser, alors ce sera « soit un plan de restructuration permettant de rétablir la viabilité à long-terme de l’entreprise, soit un plan menant à la sortie d’Air Austral du marché » :
« La Commission européenne a autorisé, en vertu des règles de l’UE en matières d’aides d’État, le projet de la France d’octroyer un prêt d’un montant de 20 millions d’euros à la compagnie aérienne Air Austral. Fondée en octobre 1990 et basée sur l’île de la Réunion, Air Austral assure la continuité territoriale de la Réunion ainsi que des îles voisines dans l’Océan Indien (Mayotte en particulier) avec la France métropolitaine. Elle opère aussi des liaisons aériennes avec des pays de la zone sud-ouest de l’Océan Indien et des pays situés en Asie ».
« Air Austral, fait face à des besoins de liquidités pressants. Elle connaît des difficultés financières principalement en raison de la sévérité et la persistance de la pandémie coronavirus dans les territoires d’outre-mer où elle opère. Le prêt d’État vise ainsi à fournir à Air Austral la trésorerie nécessaire afin d’élaborer un plan pour la restructuration et la continuité de ses activités ».
« La France a démontré que le montant du prêt est proportionné par rapport aux besoins de financement. De plus, le prêt dont l’échéance est fixée à six mois sera assorti d’un taux d’intérêt suffisamment rémunérateur de l’aide. À défaut d’un remboursement dans un délai de six mois après la date d’octroi, la France s’est engagée à notifier à la Commission, soit un plan de restructuration permettant de rétablir la viabilité à long-terme de l’entreprise, soit un plan menant à la sortie d’Air Austral du marché ».
« Le prêt d’État vise ainsi à fournir à Air Austral la trésorerie nécessaire afin d’élaborer un plan pour la restructuration et la continuité de ses activités », précise le communiqué de la Commission européenne. Cette somme va donc permettre à Air Austral de fonctionner normalement malgré l’ampleur de ses dettes où la COVID-19 a bon dos. Avant la crise, la compagnie réunionnaise connaissait en effet déjà des « fragilités structurelles » selon un ministre répondant à un député de La Réunion à l’Assemblée nationale.
Ces 20 millions doivent donc permettre à Air Austral de faire face à ses besoins immédiats en trésorerie. Mais les conditions sont strictes : le taux d’intérêt est « suffisamment rémunérateur » pour l’État, et le prêt devra être remboursé au bout de 6 mois. Si le déblocage des fonds avait lieu dans les jours qui suivent, alors la somme devra être remboursée d’ici la fin du mois de juin, c’est-à-dire après l’élection présidentielle et les législatives.
C’est une manière pour le gouvernement de tenter d’évacuer Air Austral de la campagne de la présidentielle. Ce délai sera-t-il mis à profit pour réaliser l’indispensable audit des finances d’Air Austral, préalable à la moindre décision concernant l’avenir de la compagnie réunionnaise ?
M.M.
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